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La sortie de crise: De la stabilisation au redressement (1)
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 11 - 2021

Dr Tahar El Almi — Economiste-Universitaire — Professeur Associé à l'IHET
La Tunisie traverse une «Grande Récession» sur fond de tensions sociales et politiques. Et la crise, elle-même, est bien loin d'être achevée.
Nous nous proposons, ici, d'examiner certains aspects des «sorties de crises», qui sont sujets à des controverses inhibitantes. D'abord parce que l'expérience historique prouve que les crises transitionnelles (récession et/ou endettement) sont suivies de convalescences longues et douloureuses.
Ensuite parce que les déséquilibres réels et/ou financiers à l'origine de la crise ne seront pas résorbés de sitôt avec des implications perverses cumulatives sur le comportement des agents et sur les marchés.
Enfin parce qu'un retour à l'équilibre se fera sous le contrôle de marchés et d'agents irrités prêts à tirer profit des incohérences de la conduite de la politique économique et sociale passée.
Et cela, M. Marouane Abassi, en bon professeur d'économie, converti pour la circonstance (douloureuse), en patron de la Banque centrale de Tunisie (BCT), le sait, mais que «abstraction faite des difficultés auxquelles elle fait face, la situation économique en Tunisie demeure soutenable».
Apparemment, M. Marouane El Abassi ne semble pas «terrifié» par les indicateurs économiques et financiers, qualifiés par M. Fadhel Abdelkefi, responsable politique, et grand financier devant l'Eternel, de «terrifiants».
Deux visions, diamétralement opposées, selon qu'on aborde la problématique de la «sortie de crise». Selon le point de vue de l'économiste-décideur (stabilisation), ou de celui du financier- opposant politique (redressement).
Pour ce qui nous concerne, nous préférerions parler de «stabilisation vs redressement»... La nuance inhibitante est à ce niveau. Ce qui nous amène à revisiter un certain nombre de considérations.
En premier lieu, esquisser des politiques de sortie de crise devient, alors, une gageure, dans la mesure où la pression sociale réduit les effets des mécanismes des paradigmes de politique économique consensuels.
A titre d'exemples, on peut avancer que :
– Les stratégies de ciblage d'inflation des politiques monétaires explicites adoptées par les autorités monétaires se substitueraient à l'équilibre financier des agents pour se concentrer uniquement sur l'évolution du niveau général des prix (L'objectif principal de M. Marouane El Abbassi : stabilisation).
– Les déséquilibres structurels (de développement régional, de répartition ou de compétitivité interne et/ou externe) seraient traités indépendamment du déséquilibre macroéconomique global (l'objectif principal de M. Fadhel Abdelkefi : redressement). Cela impliquerait une dissociation des effets de grandeur des effets de structure au niveau des marchés, qui amplifierait les déséquilibres de ces derniers. A titre d'exemple, actuellement, en Tunisie, la forte pression fiscale croissante alimente le développement du marché informel au niveau du marché des produits et du marché du travail.
En second lieu, dans l'urgence sociale (actuellement en Tunisie), la convergence des réactions des agents génère un «consensus» de circonstance :
– Au niveau des politiques monétaires restrictives engagées qui se sont traduites par un renchérissement des taux de l'intérêt, malgré les refinancements massifs et des injections de liquidités : la réaction des agents face au risque s'est traduite par une propension accrue à la thésaurisation et/ou le placement dans l'immobilier. D'où les prémices de collapsus financier avec ses effets sur la sphère réelle, au niveau de l'activité et des investissements productifs créateurs d'emplois, et sur la sphère financière, au niveau notamment de bourse avec plus de volatilité des cours et moins d'échanges.
– Au niveau de la politique budgétaire «laxiste, encore et toujours» qui a généré un effet de grandeur accru par les recrutements intempestifs (2012-2014) et un effet de structure au profit de la consommation publique et au détriment de l'investissement d'infrastructure. Résultat des courses, l'explosion des déficits jumeaux et une augmentation de la dette publique qui a rétroagi pour faire dériver le dinar vers le bas. Cette dérive serait en grande partie sous-tendue par le mécanisme (ici, pervers) des «déstabilisateurs» automatiques qui continuent encore de jouer.
L'urgence de la réflexion serait à s'engager alors pour durcir les dispositifs de régulation des marchés et mettre en place des instruments de traitement du risque systémique.
Les modèles «au jour le jour», «naviguer à vue», sont, par expérience, limitatifs, surtout en période de crise. Leur échec à anticiper les événements s'explique par leur tendance à ignorer la sphère financière, notamment quant à l'irréalisme de certaines hypothèses, en matière d'anticipations rationnelles, d'information parfaite et d'agent représentatif (citoyen moyen, ou entreprise moyenne).
Pour autant, la Crise ne devrait pas conduire à abandonner les modèles de régulation, où stabilisation et redressement vont de pair. Autrement dit, les décideurs publics pourraient réagir en étendant leurs projections en intégrant davantage de «frictions financières» et davantage de «frictions sociales», en modifiant consensuellement leurs hypothèses de base.
En cela, M. Marouane El Abassi a raison d'affirmer que «la sortie de la crise actuelle ne sera ni facile ni imminente. Nous avons tellement perdu en termes d'investissement et d'épargne, que la conjonction des efforts de toutes les parties prenantes est plus que jamais nécessaire pour préparer le terrain à la relance de l'investissement».


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