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Le cercle des résistants perdus
Nous étions communistes, de Maher Abi Samra
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 06 - 2016

Revenir sur les traces du passé pour pouvoir continuer son chemin, tel est le nouvel engagement du réalisateur qui tente de comprendre et de répondre à des interrogations en donnant la parole à ses compagnons de route.
Nous étions communistes, long métrage documentaire de Maher Abi Samra réalisé en 2010, a été projeté dans le cadre de la 3e édition de la semaine Afak du cinéma indépendant. Un film sur les illusions perdues de quatre militants de gauche quinquagénaires qui racontent sur le ton de la confession leurs rêves, leurs échecs et leurs déceptions d'ex-résistants du parti communiste libanais.
Pendant la guerre civile libanaise, des militants de gauche, marxistes ou nationalistes arabes rêvaient de créer une société non confessionnelle, démocratique, égalitaire et solidaire de la résistance palestinienne. Or, après la guerre, ce sont les forces traditionnelles confessionnelles, en l'occurrence le Hezbollah, qui prennent les choses en main. Il n'y a pratiquement plus de place pour les partis laïcs. Certains militants de gauche devront choisir, soit de se ranger du côté du Hezbollah ou d'autres partis religieux s'ils ne veulent pas être carrément exclus par la société.
Le communautarisme prend le dessus
Maher Abi Samra était membre du parti communiste et s'est engagé dans la résistance contre Israël, tout comme ses trois autres camarades qu'on voit dans le film. « Mais face à l'échec du parti communiste et au triomphe du communautarisme au Liban, j'ai cherché une autre forme d'engagement, par l'image », confie-t-il au cours d'un entretien dans l'émission « Forum Cinéma » à la radio culturelle tunisienne.
Il a tourné ce documentaire entre 2003/2004. Auparavant, il vivait depuis 1990 en France. Lorsqu'il a décidé de retourner au Liban, il n'avait plus tout à fait les mêmes repères. Alors, il a décidé de partir à la recherche de ses amis les plus proches avec qui il a partagé ses joies et ses angoisses, ses doutes et ses inquiétudes. Il cherchait une nouvelle place dans un Liban dominé par le communautarisme religieux. En 2004, la résistance contre l'occupation israélienne est menée par le Hezbollah. Et ce sont les chefs des communautés religieuses qui ont accédé au pouvoir. Et pour pouvoir accéder à un travail et ne pas être rejeté par la société, il faut être sous la tutelle d'un de ces partis.
C'est cette page de l'histoire personnelle du réalisateur qui se confond avec celle de son pays que raconte ce film aux accents autobiographiques. On ressent chez les protagonistes de l'amertume et de la déception. Vivre contre ses convictions et à l'ombre du communautarisme religieux, c'est la chose la plus détestable. C'est une sorte de séquestration que Maher Abi Samra n'a pas voulu subir. Il a choisi d'être un cinéaste libre et indépendant, contrairement à certains de ses camarades qui, conscients de la défaite de leur parti, ont voulu se ranger derrière un parti religieux.
Une chorale à quatre voix
Revenir sur les traces du passé pour pouvoir continuer son chemin, tel est le nouvel engagement du réalisateur qui tente de comprendre et de répondre à des interrogations en donnant la parole à ses compagnons de route. Pour ce faire, il découpe le film en trois parties : «L'engagement dans le parti communiste pendant la guerre civile, "la paix" et le présent que je situe en 2004 et qui, pour moi, montre un nouveau bouleversement dans le pays».
Sur le plan de la forme, on ne peut imaginer une mise en scène aussi soignée et qui ne se base pas uniquement sur de simples témoignages de personnages assis et cadrés en gros plans. Le réalisateur crée une ambiance de fiction en utilisant les éléments naturels comme la pluie, la neige, le vent ainsi que leur bruit. Il crée aussi une sorte de chorale à quatre voix pour redessiner les moments vécus ensemble et redonner à l'événement toute sa dimension. Par ailleurs, il ne manque pas de revenir sur ses films antérieurs en se servant de quelques extraits comme Juste une odeur (2005) et Les femmes de Hezbollah (2000).
Toutefois, malgré les qualités qu'on lui reconnaît, le film manque d'humour et peut paraître austère. Ce qui ne l'a pas empêché de remporter plusieurs prix dans des festivals, comme Abou Dhabi, Venise –Orizzonti ou encore les JCC.


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