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L'enjeu majeur de la stabilité de la production
Secteur oléicole
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 07 - 2017

Le secteur oléicole ne semble pas susciter l'intérêt qui lui est dû, en tant que secteur hautement stratégique. Les pouvoirs publics, et même les professionnels, plongés, alternativement à chaque nouvelle saison, soit dans la gestion de l'abondance, soit dans celle de l'insuffisance de la récolte, en arrivent à ne pas accorder l'importance requise à la stratégie à mettre en œuvre pour remédier aux sempiternels problèmes qui entravent son essor.
La première action à mener en ce sens devrait concerner l'établissement d'un diagnostic des différents maillons de la chaîne oléicole, à savoir la production, la transformation et la commercialisation.
La production
Cette année, la filière oléicole est à l'orée d'une très bonne campagne, avec une récolte estimée à environ 1.500.000 tonnes d'olives, soit une production d'huile d'olive légèrement supérieure à 300.000 t.
Comme à l'accoutumée, la gestion de cette abondance accapare toutes les attentions, tant elle est porteuse de défis à relever. A ce propos, Abderrazak Krichène, président de l'Union régionale des agriculteurs à Sfax, souligne la nécessité de prendre les mesures adéquates à même de réussir la future campagne oléicole : «Il est impératif de définir toutes les actions sécuritaires destinées à prévenir les fléaux du vol et du pillage de la récolte, lesquels sévissent depuis l'avènement de la révolution. Il est du devoir des autorités de protéger les agriculteurs de ces cambriolages accompagnés souvent de graves dommages aux oliviers. En guise de mesures censées atténuer ce phénomène, nous allons entreprendre les contacts nécessaires avec les commissions régionales habilitées à fixer les dates de démarrage officiel des campagnes oléicoles, dans les gouvernorats limitrophes, ceux de Kairouan, Mahdia et Sidi Bouzid, en vue d'unifier ou du moins de rapprocher ces dates».
Dans le même ordre d'idées, Abderrazak Krichène appelle à un contrôle plus serré des huileries dont un certain nombre ont tendance à démarrer avant l'ouverture officielle de la saison de la cueillette, ce qui contribue à favoriser vol et le pillage de la récolte.
Sachant également que l'abondance est inévitablement génératrice de pas mal d'ennuis et de soucis, l'Union régionale des agriculteur à Sfax demande l'intervention de l'Office national de l'huile afin de résorber l'excédent de production et de réguler en même temps les prix durant la période du 20 décembre au 10 janvier, marquée par la «cueillette en famille», celle des vacances scolaires. D'autant plus que cette période «critique» est marquée aussi par les difficultés rencontrées par les oléifacteurs auprès des banques : «L'ONH est la soupape de sûreté des petits agriculteurs. Son intervention est absolument indispensable pour protéger ce maillon vulnérable de la filière. Il est par conséquent nécessaire que l'Etat alloue les crédits qu'il faut à l'ONH pour lui permettre de mener à bien sa mission.»
En prévision de la prochaine saison oléicole, l'Union des agriculteurs soulève aussi la question des margines, sous-produit des olives qui représente une grave source d'atteinte à l'environnement, dans la mesure où le manque de bassins destinés à recueillir cette matière fait naître des terrains d'épandage anarchiques avec tous les risques qui en découlent.
Par ailleurs, avec l'abondance prévue de la récolte, refait surface la question de la pénurie, donc de la cherté de la main-d'œuvre et par là même la nécessité d'élaborer une politique de mécanisation progressive, tant il est vrai que les bénéfices des agriculteurs se trouvent phagocytés par les différentes charges supportées, surtout avec la dévaluation préjudiciable du dinar.
Fluctuation et instabilité chroniques
Or, l'abondance n'est malheureusement pas un phénomène régulier. Au contraire ! Le niveau de la récolte d'olives en Tunisie est soumis au phénomène de l'alternance : en trois saisons, la production d'huile d'olive, après un apogée de 400.000 t, s'est effondrée, la saison écoulée, pour se situer à 100.000t, avant de se hisser, selon les prévisions, à un peu plus de 300.000 t, pour ce qui est de la campagne 2017/2018 !
Cette instabilité de la production constitue, selon les experts, le talon d'Achille de la filière oléicole. L'avis est, à ce sujet, unanimement partagé, comme en témoigne l'opinion exprimée par Adel Ben Romdhane, directeur général de la société des huiles Borges, premier exportateur national d'huile d'olive : «La principale défaillance du secteur se situe au niveau de la production car j'estime que 25 % des oliveraies ne font pas l'objet d'un bon entretien. Il faut que notre production se stabilise sur une moyenne acceptable, ce qui implique qu'il faut augmenter notre capacité de production en plantant de nouveaux champs d'oliviers et en optant pour l'irrigué et l'intensif, sachant qu'il n'y a pas d'agriculture véritable sans irrigation qui assure une certaine sécurité et une certaine stabilité de la production».
Kamel Gargouri, chercheur à l'Institut de l'Olivier, revient sur les facteurs limitants en matière de production, principalement celui de l'eau, dans un pays aride comme le nôtre où 98 % des plantations sont en pluvial. Pour améliorer la production, il préconise de jouer sur deux facteurs majeurs, celui du sol et celui de la variété.
Pour ce qui est du sol, une détérioration très importante et une baisse de la fertilité due à la mécanisation et au manque d'apport organique de biomasse dont résulte une chute importante de la teneur en matières organiques, sont constatées, depuis les années 1940 avec l'accentuation du taux de phénomène lié à l'érosion éolienne et hydrique. Conséquence : «Le sol perd sa capacité à retenir l'eau et à nourrir la plante. Partant de là cela accentue le manque d'eau climatique».
Pour les plantations pluviales en milieu aride, le chercheur recommande d'œuvrer à améliorer la fertilité du sol pour en améliorer la capacité à retenir l'eau : «Il faut changer le mode de travail du sol, en favorisant la production de biomasse, en laissant un couvert végétal pendant la période relativement humide hivernale en vue d'améliorer la qualité du sol et sa capacité à retenir l'eau. On peut apporter aussi des engrais essentiellement organiques, utiliser des copolymères, lesquels ont une capacité appréciable de rétention d'eau, utiliser les poches en pierre autour de l'arbre, des diffuseurs souterrains, etc. En bref, toutes les techniques d'irrigation complémentaires et de rétention de l'eau au niveau du sol».
Il recommande aussi d'intervenir au niveau de la fertilisation essentiellement organique et minérale et puis, entre autres, la restitution des résidus de l‘olivier, au niveau du sol pour l'enrichir. De plus, on pourrait procéder à l'épandage, des margines qui apportent un peu de matière organique et de potassium essentiellement.
Volet préservation de la qualité du sol, Kamel Gargouri attire l'attention sur la nécessité de prendre précaution lors de l'irrigation des oliveraies : «Maintenant, on observe aussi une augmentation des plantations en irrigué, en utilisant souvent des qualités d'eau moyennes à mauvaises, c'est-à-dire des eaux saumâtres ou salées pour l'olivier. Il est vrai que l'olivier peut valoriser ce type d'eaux, mais il faut faire attention à notre ressource qui est le sol. Il y a une maîtrise technique qu'il faut appliquer en utilisant des eaux de cette qualité», prévient-il.
Vétusté de l'oliveraie
Les experts s'accordent à relever la vétusté de l'oliveraie tunisienne. Un olivier est considéré comme vétuste au-delà de 80 ans. Ce qui revient à dire qu'une proportion considérable de pieds d'olivier, particulièrement à Sfax et au Sahel, zones de production traditionnelle, ont atteint un stade de vieillesse accentuée, dont résulte une chute du rendement. Rien que dans la région de Sfax, Mongi Khbou, chef de service de la production au Crda, avance le chiffre de 1.200 mille arbres à remplacer.
A ce propos, il est préconisé de replanter de nouveaux arbres, mais avec une densité de plantation accrue, c'est-à-dire que dans les milieux arides, on doit passer de 17 pieds d'olivier par hectare à 34 pieds, tandis qu'au Sahel, il est possible d'atteindre de 70 à 100 pieds par hectare.
Tous les efforts doivent impérativement tendre vers la garantie de la stabilité de la production, au moins pour tenir nos engagements, surtout en matière d'exportation d'huile d'olive en bouteille. A ce propos, l'expert Adel Ben Romdhane fait remarquer : «Concernant le vrac, le client peut comprendre qu'il n'y a pas de récolte, mais en matière d'huile d'olive en bouteille, il se montre incompréhensif car il a besoin de continuité».
Le chercheur Kamel Gargouri pense également que l'élément variété peut entrer en jeu dans l'amélioration de la production.


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