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« Le taux d'accès à l'eau douce dans la bande de Gaza est l'un des plus bas du monde »
Miguel Garcia-Herraiz, Secrétaire général adjoint de l'Union pour la Méditerranée
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 03 - 2018

L'Union pour la Méditerranée (UpM), la Commission européenne et le gouvernement de Palestine accueillent aujourd'hui à Bruxelles une conférence internationale des donateurs pour consolider un soutien politique et financier à la construction d'une usine de dessalement et de ses infrastructures d'approvisionnement en eau à Gaza. Le projet d'usine labellisé par l'UpM, qui entrera en production en 2022, fournira de l'eau potable à 2 millions d'habitants palestiniens, assurant ainsi une solution durable à la pénurie chronique d'eau et à la crise humanitaire dans la bande de Gaza, où plus de 95% de l'eau n'est pas potable. Le secrétaire général adjoint de l'UpM pour l'eau et l'environnement, Miguel Garcia-Herraiz, nous livre ci-après les raisons qui ont conduit l'UpM à piloter ce projet.
Le problème de l'eau à Gaza est dû à une surexploitation ou à une nappe phréatique impropre à un usage domestique ?
L'eau pour les 2 millions de personnes vivant dans la bande de Gaza provient entièrement de l'aquifère côtier partagé entre Gaza, Israël et l'Egypte, qui n'est que partiellement reconstitué chaque année par les pluies. Des décennies de surpompage et de forte pollution due aux sels et aux eaux usées ont laissé l'aquifère fortement dégradé. De plus, l'eau disponible est fortement polluée par les nitrates provenant des eaux usées non contrôlées et par les engrais provenant des terres agricoles, rendant plus de 95% de l'eau impropre à la consommation humaine.
Quel est l'impact de cette crise de l'eau sur la santé des Gazaouis ?
Le taux d'accès à l'eau douce dans la bande de Gaza est l'un des plus bas du monde. Actuellement, 2 millions de Palestiniens à Gaza comptent presque exclusivement sur l'aquifère côtier comme seule source d'eau douce dans la région, celle-ci ne répondant pourtant pas à la demande en termes de quantité et de qualité. Seulement 3% de l'eau pompée dans l'aquifère respecte les normes de qualité de l'eau potable fixées par l'Organisation mondiale de la santé.
De plus, la demande domestique en eau devrait passer de 103 millions de mètres cubes en 2015 à plus de 140 millions de mètres cubes en 2035, sur la base d'un taux de croissance attendu de 3,2% de la population de Gaza. Aujourd'hui, la plus grande partie de la population dépend de petites unités de dessalement privées qui convertissent l'eau saumâtre (mélange d'eau salée et d'eau douce) en eau potable.
Ces unités privées de dessalement de l'eau saumâtre produisent de l'eau à très faible teneur en minéraux et vulnérable à la contamination, ayant un impact négatif sur la santé publique.
En plus d'être de mauvaise qualité, cette eau est chère coûtant jusqu'à 35 ILS (8,35 euros) par mètre cube. C'est également un obstacle important au développement socio-économique de la bande de Gaza, qui affecte la production agricole mais aussi les possibilités de développement industriel.
Quelle est la solution proposée dans le cadre de l'UpM pour éviter une catastrophe écologique et humanitaire ?
En juin 2011, les 43 Etats membres de l'Union pour la Méditerranée ont approuvé à l'unanimité le projet d'Usine de dessalement pour la bande de Gaza, promu par le gouvernement palestinien en tant que projet de développement stratégique pour la région. Le projet a été élaboré en partenariat avec les principaux acteurs internationaux, y compris la Commission européenne, la Banque européenne d'investissement, la Banque islamique de développement et la Banque mondiale, et a été conçu comme la meilleure solution durable pour stabiliser l'aquifère et assurer l'approvisionnement en eau de la bande de Gaza.
Toutes les étapes importantes des phases préparatoires ayant été validées, le projet peut aujourd'hui démarrer. Ces étapes comprennent notamment la mise en place de la gouvernance, la réalisation des études de faisabilité nécessaires, le développement de solutions aux problèmes d'approvisionnement énergétique et la mise en œuvre des mécanismes financiers pour les contributions des bailleurs de fonds.
En quoi consiste le projet labellisé par l'UpM sur l'usine de dessalement pour la bande de Gaza et quels seront les délais d'exécution ?
Le projet de dessalement pour la bande de Gaza devrait produire 55 millions de mètres cubes d'eau dessalée chaque année, tout en assurant la durabilité opérationnelle du projet ainsi que la distribution équitable parmi les citoyens de la bande de Gaza.
Le projet est composé de quatre principales composantes :
Construction et exploitation d'une usine de dessalement par osmose inverse, d'une capacité de 55 millions de mètres cubes;
Installation d'une centrale électrique, d'une centrale à combustible fossile et d'une installation photovoltaïque placée sur les toits des unités de dessalement, ainsi que la construction d'une centrale électrique hors-site, comprenant une installation photovoltaïque sur des structures au sol et deux éoliennes;
Construction d'un réservoir d'eau nord-sud, comprenant des réservoirs de stockage pour le transport de l'eau dessalée, et pour le mélange de l'eau dessalée avec de l'eau provenant principalement de sources souterraines;
Un projet de réduction de la consommation d'eau à but non-lucratif, visant à réduire le RNW à environ 20% (en 2035) et à augmenter l'efficacité de la collecte des recettes de 38% à 80&.
L'objectif est de pouvoir lancer cette année la mise en œuvre des phases de conception et construction de l'usine, qui devrait être achevée d'ici 2022.
Vous allez tenir aujourd'hui 20 mars, à Bruxelles une conférence internationale des donateurs pour consolider un soutien politique et financier à la construction de l'usine et de ses infrastructures d'approvisionnement en eau. A combien estimez-vous les fonds nécessaires et qui seront les contributeurs ?
L'ensemble du programme requiert un investissement de 562,3 millions d'euros. La conférence sera organisée par la Commission européenne et le gouvernement palestinien, en partenariat avec l'Union pour la Méditerranée. Elle rassemblera jusqu'à 60 représentants de pays et des principaux acteurs internationaux, notamment la Banque islamique de développement (BID), la Banque européenne d'investissement (BEI), la Banque mondiale (BM) et le Bureau du Quatuor.
L'objectif de la conférence sera de consolider le soutien politique et un niveau de financement suffisant pour la mise en œuvre des prochaines étapes du projet.
L'opération, dans son ensemble, stimulera-t-elle la création d'emplois et le développement économique durable de cette région ?
L'ensemble du programme aura un impact direct sur la santé publique et la situation humanitaire dans la bande de Gaza, tout en contribuant à la régénération et à la durabilité de l'aquifère côtier. Il offrira également des perspectives d'emplois et de développement économique, contribuant ainsi à la stabilité de la région.


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