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La compétitivité, fer de lance du secteur
Textile-Habillement
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 01 - 2019

En présence de près de 500 participants entre industriels, cadres et hauts cadres de différentes structures environnementales, le Congrès annuel de la Fédération tunisienne du textile et habillement (Ftth) s'est tenu, hier, à Sousse, sous le haut patronage du chef du gouvernement, Youssef Chahed. L'occasion pour débattre de la relance du secteur et des pactes de compétitivité initiés par le Conseil d'analyses économiques en collaboration avec le secteur privé. L'objectif est d'atteindre 4 milliards d'euros d'exportations et créer 50.000 emplois supplémentaires d'ici 2023
L'industrie du textile-habillement connaît ces dernières années de grands changements, surtout après les graves difficultés vécues depuis 2011 avec la baisse des exportations, la fermeture de plusieurs entreprises et la perte de milliers d'emplois. Une situation qui a contraint les industriels du secteur à tirer la sonnette d'alarme et à créer la Fédération tunisienne du textile et de l'habillement (Ftth) en 2017. Cette nouvelle fédération se propose de défendre les intérêts des industriels du secteur et d'être une force de proposition pour l'amélioration des performance du textile-habillement tunisien. Ce secteur a connu ses années de gloire depuis la promulgation de la loi 72, pour en faire le premier secteur exportateur et employeur de main-d'œuvre.
Bien avant 2011, le secteur a déjà connu des difficultés structurelles liées à la crise économique et financière internationale mais aussi à son adaptation aux évolutions rapides dans le domaine et à la faible intégration industrielle. La loi 72 a favorisé l'ouverture de milliers d'entreprises textiles à travers tout le pays, principalement en sous-traitance. Mais la montée en chaîne de valeur a pris beaucoup de temps. Certaines entreprises ont pu tirer profit des programmes de mise à niveau et réaliser leur intégration en cotraitance et aussi en produit fini, alors que d'autres ont peiné à atteindre un niveau de rentabilité leur permettant de faire face aux aléas de l'économie internationale et nationale.
Après la révolution de 2011, la compétitivité du secteur a été mise à mal, avec les difficultés rencontrées, essentiellement la baisse de l'investissement et la détérioration de l'image du pays, surtout après les deux attaques terroristes au Bardo et à Sousse, induisant une baisse des commandes et des exportations. Ainsi, «les industriels ont décidé de prendre leur destin en main», a lancé Hosni Boufaden, président de la Ftth, «et d'engager la réflexion pour dépasser le contexte économique difficile». Durant la période 2011-2015, le secteur a perdu 400 entreprises et 40.000 emplois. Il compte actuellement 1.600 entreprises et 160.000 employés, contre 2.000 entreprises et 200.000 emplois auparavant.
Pactes de compétitivité
Un Conseil ministériel restreint a été tenu en juin 2018, au cours duquel 22 mesures de relance du secteur ont été décidées, telles que le rééchelonnement des dettes fiscales et sociales. Actuellement, le secteur reprend du souffle avec une augmentation de ses exportations en 2018 pour atteindre 2,16 milliards d'euros, pour une évolution de +2,73% en euros et de +17,8% en euros par rapport à l'année 2017.
Le chef du gouvernement a, de son côté, indiqué que le plan de relance s'inscrit dans le cadre de la nouvelle politique du gouvernement, privilégiant l'approche participative et le diagnostic des points forts et des points faibles. «L'idée centrale est de concevoir une nouvelle loi 72 pour le 21e siècle, permettant l'adaptation aux nouveaux défis. L'évolution est nécessaire. Le cadre n'est plus le même pour les entreprises. Elles ont besoin d'un écosystème favorable. Les pactes de compétitivité et les technoparks peuvent donner des éléments de compétitivité nécessaires pour l'entreprise», a-t-il soutenu.
Quant à Slim Feriani, ministre de l'Industrie et des PME, il a précisé que le CMR a été un «game changer» pour le secteur qui demeure le fer de lance de l'industrie tunisienne, enregistrant un taux de couverture de 126% en 2018 et une balance commerciale excédentaire. «La résilience et la valeur travail sont à valoriser, un exemple à suivre. Le secteur est sorti de la crise. Plusieurs entreprises sont en train de réaliser des résultats records. D'autres ont besoin de soutien, nous sommes déterminés à l'apporter», a-t-il affirmé.
En revanche, M. Boufaden a indiqué qu'un plan de relance a été également développé en collaboration avec le Conseil d'affaires économiques (présidence du gouvernement) pour la période 2019-2023, qui donnera suite à la signature du premier pacte sectoriel de la compétitivité entre la Présidence du gouvernement et l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica), représentée par la Ftth. Notons que le Conseil d'affaires économiques a établi des pactes de compétitivité par secteur d'activité afin de fixer des objectifs de développement à concrétiser d'ici 2023.
A ce titre, Afif Chalbi, président du Conseil, a souligné que le plan de relance économique comporte 100 mesures, dont 55 horizontales et 34 sectorielles. Le secteur textile et habillement est parmi les secteurs concernés. «L'année 2018 est une année de reprise. Mais cette reprise ne doit pas masquer le recul. Le secteur a vu ses exportations baisser de 30% durant les 7 dernières années», a-t-il observé. En termes globaux, M. Chalbi a insisté sur l'importance de soutenir l'entreprise par plus de facilitations administratives, plus d'incitations aux secteurs productifs, plus de financement pour les PME, plus de souplesse dans la politique de change à travers la facilitation du mouvement des entreprises dans l'implantation et un plan dinar très important pour la Tunisie. Ajoutons à cela plus d'infrastructures physiques et logistiques plus de formation et de recherche adaptée. Il a affirmé que les pactes de compétitivité peuvent être de vrais PPP.
Intégration industrielle
Pour le TH, le premier objectif est d'améliorer la performance du secteur, à travers un effort de développement dans l'intégration industrielle pour un montant de 350 millions de dinars, qui permettra, selon le président de la Ftth, de monter en taux de valeur ajoutée pour atteindre 40% en 2023. On vise aussi à établir un cursus coconstruit pour la formation professionnelle dans le secteur afin de répondre aux besoins des entreprises en termes d'emploi. Ainsi, M. Boufaden a affirmé que le pacte permettra de repositionner le secteur comme pilier de l'économie nationale et leader des exportations, avec un objectif de plus de 4 milliards d'euros d'ici 2023 et 200.000 emplois.
Ainsi, il a précisé que le plan de relance préparé par la Fédération se base sur six leviers. Le premier levier est la mise en place d'un modèle de gouvernance public-privé adapté, à travers la création d'un Conseil national stratégique du secteur textile, d'un fonds dédié au développement du secteur et d'une instance de pilotage de l'exécution du plan de relance. Le deuxième levier est le lancement d'une dizaine de projets stratégiques d'intégration. On table ainsi sur l'identification et l'attraction de partenaires stratégiques de premier plan pour la réalisation des projets d'intégration identifiés, la conception de projets avec la profession et les partenaires potentiels et la conception et le développement d'une offre territoriale adaptée aux projets : infrastructures, formation, incitations spécifiques aux porteurs de projets
Le troisième levier est la promotion accentuée sur les marchés traditionnels et nouveaux en construisant et en développant une proposition de valeur par filière sur la base des facteurs clés d'attractivité et des cibles, établissant un Plan Go to Market par filière et aussi en développant la diplomatie économique pour favoriser le développement et l'accès aux marchés traditionnels (UE) et nouveaux (USA, Afrique). Le quatrième levier est la formation coconstruite adaptée aux besoins des filières. Il s'agit de mettre en œuvre une démarche de coconstruction des parcours de formation entre la profession et le dispositif de formation, de promouvoir l'image du secteur et l'attractivité des filières auprès des jeunes et de lancer des programmes de reconversion des diplômés au profit des filières textiles.
Le cinquième levier concerne la mise en place d'une offre territoriale améliorée et une logistique performante, en offrant des infrastructures de qualité et aux meilleurs standards internationaux et améliorer la compétitivité logistique des filières. M. Boufaden a cité les zones industrielles, les infrastructures eau & environnement (station d'épuration), le parc de production d'énergie, les infrastructures portuaires, les plateformes logistiques et de services (essais, prototypage, autres), les laboratoires et les show rooms & parc d'expositions.
La sixième mesure consiste en la promulgation de mesures incitatives adaptées aux attentes du secteur. Le président de la Ftth estime qu'il est important de permettre des incitations spécifiques dont la tarification préférentielle de l'énergie, de l'eau et de l'environnement. Il s'agit également d'établir des contrats-programmes avec les entreprises leaders, faciliter les procédures administratives (export, implantation IDE, autres) et lancer des mesures de rationalisation des importations (contrôle technique, prix tendance…). Ajoutons à cela l'instauration d'une concurrence loyale entre les importateurs et les fabricants pour le marché local et la facilitation de la commercialisation de 30% des produits des entreprises totalement exportatrices sur le marché local.
De son côté, Samir Majoul, président de l'Utica, a souligné que la Ftth a fourni de grands efforts pour défendre le secteur. Les intentions d'investissement ont augmenté de 40% en 2018, ce qui permettrait de créer 16.500 nouveaux emplois. Il a ajouté que parmi les 700 projets déclarés, plus des deux tiers sont des projets de création. Toutefois, il existe toujours des problématiques à résoudre, à l'instar de l'aménagement des zones industrielles, du manque de main-d'œuvre, des difficultés logistiques, etc. S'agissant du premier partenaire commercial de la Tunisie, l'Union européenne, Majoul a indiqué qu'il est important de réviser les règles d'origine régissant les échanges entre les deux parties.


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