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La domination économique européenne de la Tunisie
Opinions


Par Moncef GUEN(*)
Tunis est à une heure de vol de Rome et de Nice. La proximité géographique de la Tunisie avec l'Europe ainsi que l'usage étendu de la langue française et l'accord d'association, conclu en 1995 et entré vigueur en 1998, ont tissé des liens économiques extrêmement étroits entre ce pays et l'Union européenne (UE). Les ministres allemand et italien des Affaires étrangères et le chef de la diplomatie européenne, ainsi que d'autres responsables européens, ont récemment visité la Tunisie après la chute de l'ancien régime. Une conférence internationale doit se réunir en Tunisie dans les semaines qui viennent pour discuter des réformes politiques et économiques. Les autorités européennes y seront largement représentées. Mais espérons que les institutions financières internationales et surtout les premières grandes puissances économiques, les Etats-Unis, la Chine et le Japon, ainsi que l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et les pays du Golfe, seront aussi représentées.
Il est important que la Tunisie saisisse le tournant de la révolution pour diversifier largement ses relations économiques et financières. La domination économique européenne est lourde et excessive. Les chiffres du Fonds monétaire international révèlent une dépendance inouïe. Cette dépendance est évidente dans le commerce extérieur, le tourisme, les redevances et les flux des investissements extérieurs.
En 2008, les exportations tunisiennes vers l'UE ont représenté 76% du total des exportations (ce total étant équivalent à 47% du produit intérieur brut, PIB). En tête des pays de l'UE, il y a la France, l'Italie et l'Allemagne. Avec la crise qui a démarré en octobre 2008, les exportations ont chuté, notamment celles des industries textiles, mécaniques et électriques.
Le tourisme, qui représente 7% du PIB, dépend à concurrence de 83% des pays de l'UE en tête desquels nous retrouvons la France, l'Italie et l'Allemagne. Tous les autres pays du monde n'ont participé qu'à 17% des activités de ce secteur qui emploie une main-d'œuvre importante. Si la Chine avait pu envoyer seulement 0,04% de sa population en villégiature en Tunisie, elle aurait rempli tous le hôtels du pays pendant un an. Mais pour les hôteliers tunisiens et les agences de voyages, la Chine c'est trop loin ! La même rengaine pour les touristes japonais, canadiens et américains.
Quant aux fonds transférés par les Tunisiens à l'étranger, ils viennent à concurrence de 90% des pays de l'UE. Les Tunisiens n'émigrent que vers ces pays. L'Afrique subsaharienne, les Etats-Unis, le Canada, l'Amérique latine et l'Australie ? C'est trop loin !
Enfin, les flux des investissements extérieurs en provenance de l'UE représentant 73% du total qui s'élève à 6% du PIB. Le jumelage de la loi 1972 et de l'accord d'association a été le principal support des activités de sous-traitance dont les exportations sont étroitement liées aux cycles économiques de l'UE. Comme la crise s'est propagée des Etats-Unis vers l'Europe à partir de 2008, elle a frappé la Tunisie en 2009 et 2010. Elle continuera en 2011. Les pays de l'Europe de l'Est, liés surtout à l'Allemagne, n'ont généralement pas subi les mêmes effets pervers, car l'Allemagne a repris rapidement en 2010, axant ses exportations sur les pays émergents d'Asie, notamment la Chine.
Une stratégie mûrement réfléchie aurait créé des vecteurs d'investissements étrangers en provenance des Etats-Unis et de Chine vers l'UE, exploitant ainsi à fond l'accord d'association.
Dorénavant, la Tunisie devrait se débarrasser de cette tutelle économique étouffante. Au moment où les pays émergents d'Asie et d'Amérique latine enregistrent des taux de croissance élevés, tirés en cela par la Chine et l'Inde, nous sommes à la traîne. Il est temps de se «dégager». Des relations économiques privilégiées avec l'UE sont parfaitement normales mais pas à ce point.
D'ailleurs, il est de l'intérêt de l'UE d'aider la Tunisie dans la phase actuelle alors que la révolution a triomphé et a mis en évidence l'urgence des réformes fondamentales sur le plan politique, économique et social. Outre l'accroissement de l'aide publique, l'UE devra accélérer, en pleine coopération avec les autorités tunisiennes, les procédures politiques et juridiques permettant à la Tunisie de récupérer les avoirs constitués illégalement dans ses pays par les mandarins de l'ancien régime. Ces avoirs dépasseraient largement les dépenses budgétaires totales de la Tunisie en 2010. Leur récupération permettrait le plein-emploi immédiat des jeunes, diplômés et non diplômés. On devrait commencer par les avoirs liquides, tels les comptes bancaires et les portefeuilles d'actions et d'obligations. Cela ne coûtera rien à l'UE, mais constituera un appui solide et rapide à la Tunisie.


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