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Révolution et liberté
Opinions


Par Abderrazak BEN AMAR*
Le pays a bel bien fait la révolution. Le directeur a pris la fuite grâce à la volonté et la détermination inouïes de cette marée de jeunes partie de Sidi Bouzid pour intéresser toute la Tunisie.
En effet, le peuple est l'instigateur et l'auteur de ce mouvement. Contrairement aux partis politiques et aux intellectuels qui spéculaient sur des théories et des notions anachroniques sans se rendre compte de leur négligence des problèmes réels du pays.
La jeunesse s'est investie dans la réalité et l'on assiste à l'émergence de certaines valeurs qui exprimaient bien ce qu'elle voulait : dignité, liberté et démocratie. Elle est donc déterminée et a crié haut et fort que cela ne pourrait se réaliser que par le départ du despote. Elle n'a pas attendu «le contexte idéologique et politique favorable» qui pourrait tarder à venir encore des décennies. Donc, elle est partie d'un réalisme pragmatique et est passé à l'acte. En parlant de la Tunisie l'historien Benjamin Stora a écrit dans son livre d'entretien «Printemps Arabe» ceci : «Pendant 50 ans, depuis les indépendances, ce n'était pas le réel qui faisait l'objet de débats mais uniquement des idéologies». Il ajoute : «Ce retour au réel, c'est ce qui me frappe le plus, et aussi ce qui me plaît le plus aujourd'hui. On veut penser par soi-même, librement, indépendamment des pouvoirs, des Etats et des idéologies qui arrivés de l'extérieur et qui ont été imposés aux peuples depuis si longtemps». Donc, tout acte fait par les jeunes est une réalisation de soi.
C'est le résultat extraordinaire de la motivation qui animait ces jeunes pour se dépasser. C'est une émancipation individuelle mais aussi collective quisqu'elle était partagée par tous.
Certes, il n'y a pas eu de changement radical et l'ancien appareil politique fonctionne encore sans prendre de nouvelles orientations vraiment révolutionnaires,‑ cependant nous vivons aujourd'hui une effervescence dont la tendance se focalise obligatoirement sur un changement structurel économique et politique. Nous sommes dans cette période transitoire qui prépare à l'avènement d'un Etat basé sur des assises vraiment démocratiques. Ce qui a été fait jusque-là est substantiel et de nombreux acquis ont été obtenus : les premiers sit-in ont fait tomber les deux gouvernements de M. Mohamed Ghanouchi. Je cite encore à titre d'exemple : la dissolution du RCD, le jugement en cours du tyran, le jugement aussi de certains responsables de son régime, des membres de sa famille et de celle des Trabelsi, la libération des prisonniers politiques et la récupération de leurs droits civils. Je dois aussi citer la création des commissions suivantes: la Commission relative à l'établissement des faits sur les dépassements et les abus commis pendant la révolution, la Commission d'investigation sur la corruption et la malversation et la Haute instance qui, il est vrai, est aujourd'hui sous les feux de la rampe. Elle est en train de faire du bon travail. Elle publiera dans les prochains jours la liste des r-cédistes inéligibles. Le projet de loi des partis et des associations est presque achevé. Elle a préparé le pacte républicain et il y a eu aussi l'élection de l'Instance indépendante des élections. Ce n'est pas un travail évident surtout en ce qui concerne la recherche de consensus entre ses membres et surtout quand on a un parti comme Ennahdha qui use du stratagème de l'abandon et n'assiste plus à ses réunions.
Tout ce qui a été fait par la Haute Instance converge vers un seul but: préparer les élections de la Constituante. On ne peut pas entamer cette étape sans que l'on ait préparé « ces outils de travail». Non, la Haute Instance n'a pas dépassé ses attributions pour grignoter celles du prochain gouvernement, comme le prétendent ses détracteurs.
D'autre part, la révolution a procuré aux Tunisiens d'autres droits non moins importants. Je pense à ce climat de liberté qui était inimaginable il y a six mois. Cette liberté qu'on retrouve sur tous les plans : les partis politiques et les associations qui prolifèrent, la multiplication de toutes les formes et les moyens d'expression, même si la qualité reste encore à affiner, sans oublier l'enrichissement des créations artistiques et culturelles.
Mais nous devons reconnaître aussi qu'il y a le revers de la médaille : je veux parler de ces groupuscules qui sont à l'origine d'actes de vandalisme, de vols, d'incendies des biens publics et privés. Rien ne justifie de tels débordements surtout si l'on est conscient que de tels actes auront des conséquences désastreuses sur l'économie déjà fragilisée et sur l'absence de la sécurité, condition primordiale pour relancer l'activité normale dans le pays. Il est ici du devoir de la société civile et surtout des partis politiques d'intervenir auprès de ces gens irresponsables pour qu'ils cessent leurs actes insensés et destructeurs.
D'autres non moins destructeurs profitent de la liberté pour semer la terreur mais cette fois-ci avec préméditation. Ce sont des gens qui s'acharnent contre toute forme de démocratie. La Tunisie ne leur plaît plus après la révolution. Ils veulent en faire un autre modèle. Mais la Tunisie a ses spécificités religieuses, culturelles, politiques et sociales. On ne peut pas y mettre le modèle libyen ou algérien ou iranien.
Donc ces fanatiques ont réussi relativement à semer la discorde à la base d'un référentiel religieux pour détourner les gens de leurs vraies préoccupations, pour attiser le feu du fanatisme; bref pour faire renaître chez l'individu l'aptitude d'admettre sans discuter, de conclure sans raisonner. Ils veulent saper les acquis de la Tunisie en matière de tolérance, de différence dans tous ses aspects et par là obstruer toute forme d'ouverture. Il faut le dire clairement : ces fauteurs de trouble sont les salafistes mais aussi les partisans d'Ennahdha qui se trouvent sur le même socle politico-religieux et ils sont aidés en cela par un ramassis d'anciens rcédiste aigris qui croient avoir trouvé dans le parti d'Ennahdha leur purgatoire.
D'ailleurs ce curieux phénomène de mobilité, d'osmose entre les deux partis a bien existé. Pendant les années 90 du siècle dernier, nombreux étaient ceux qui, du parti d'Ennahdha, avaient rallié le RCD mais étaient considérés comme des intrus dignes de méfiance et répulsion.
Ironie du sort : car l'on découvre aujourd'hui un point commun entre les nahdhaouis et les rcédistes : c'est que tous les deux font des mosquées leur lieu de prédilection d'embrigadement politique. Ils s'associent aussi dans leur combat contre toute forme de liberté et de démocratie, car tous deux ont la même stratégie : réinstaurer la dictature ! ça c'est l'aspect violent et militaires de leur lutte.
Mais il y a l'autre aspect représenté par Abdelfettah Mourou : se croyant le plus sympathique, il se plaît dans le rôle de la mascotte d'Ennahdha (même s'il ne reconnaît pas son adhésion à ce parti). Il sait esquiver les difficultés mais il ne se gêne pas non plus de donner du lest quant à certains principes fondamentaux‑: l'acceptation du CSP ! la monogamie, le travail de la femme, l'instauration d'un Etat civil... etc mais aussitôt après, il contourne tout cela, il tergiverse pour ne pas dévoiler ses véritables intentions en camouflant d'autres explications qu'on lui demande, pratiquant ainsi la politique de la dissimulation ô combien chère aux adeptes d'Ennahdha!
Grâce à cette qualité qu'on croit qu'il en est vraiment détenteur, à savoir la pédagogie politique, c'est lui qui se met en face d'Abdelaziz Mzoughi dans un débat télévisé. Mais ses manières n'ont pas convaincu. Quant au débat avec Mohamed Talbi, il a malicieusement transformé les propos de ce dernier qui d'ailleurs avait tort de croire qu'il est possible d'établir une communicabilité entre le penseur et l'historien qu'il est avec le croyant Mourou mais aussi représentant le sacré et l'indiscutable. C'est concilier l'inconciliable — la stratégie de Mourou était politique : discréditer l'homme de science Mohamed Talbi et essayer de faire croire aux auditeurs de Shems FM qu'il a commis le péché capital, alors qu'en réalité, il n'a fait que rapporter les propos des chiites quant à la chariaâ et à la conduite de la femme du Prophète, Aïcha. Dans ce débat, les deux parties en présence ne peuvent jamais s'entendre car il y a le malicieux politico-religieux d'une part et le penseur et l'honnête intellectuel, d'autre part.
Cependant, je remercie vivement Mohamed Talbi d'avoir participé à ce débat et de nous avoir fait part de son érudition et surtout de son courage pour dire ouvertement qu'il n'y a de sacré pour lui que la liberté. Le combat contre les salafistes et leurs allié ne fait que commencer et c'est un indicateur de bonne santé. Les assises de la liberté et de la démocratie vont s'ériger par le courage des artistes et des créateurs comme Nadia El Fani qui a finalement réussi à projeter son film «Ni Allah, ni maître» malgré la hargne dont elle était victime, elle, et ses amis.
Où étaient-ils ces déchaînés pendant le règne de Ben Ali? Pourquoi n'ont-ils pas fait preuve de leur violence et de leur «courage» contre les tortionnaires du dictateur? Il se peut que ces derniers soient de leur côté aujourd'hui. De quel droit se permettent-ils aujourd'hui de bénéficier de la liberté que leur a procurée la révolution pour violenter lâchement les hommes de culture, les penseurs et les artistes en s'arrogeant le droit de s'ériger en représentants de Dieu sur terre?
Ce qui est sûr c'est ce que ce n'est pas ainsi qu'on change le cours de l'Histoire. En Tunisie, l'ère de la dictature est révolue, encore plus celle des régimes théocratiques. Le moment venu, le peuple tunisien saura faire démocratiquement son choix car il n'oubliera jamais le prix de sa liberté : c'est le sang des jeunes martyrs morts pour cette révolution.


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