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Apre bataille pour un monument
Reportage ­— Patrimoine à Djerba (2)
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 07 - 2011

Houmt-Souk, un matin clair de lumière blanche, un grand arbre à l'ombre douce protège de la chaleur des clients plongés dans leur cafés, face à la mosquée des Turcs dont on ne se lasse pas de contempler les proportions et les volumes. Elle fait face à l'église catholique aux murs ocres, l'ancien quartier des Maltais.
Le chauffeur reprend la litanie des craintes causées par les voisins de l'Est. Une bagarre entre Libyens au rond-point de la marina, qui a nécessité l'intervention de l'armée; des Djerbiennes importunées par les jeunes Libyens, leurs voitures ont été endommagées dans le quartier de…on arrive à destination. La mosquée Fadhloun est à Midoun, en bord de route, un bijou d'architecture datant du XIVe siècle. Dans son ouvrage "L'île des rêves", éd. Société tunisienne des arts graphiques. Tunis 1997, Kamel Tmarzizet décrit : «Cette mosquée forteresse a une surface totale de 850m2, dont une cour à ciel ouvert de 530m2, deux entrées à l'est et au sud, plusieurs salles et des annexes, une école coranique, un moulin à grains, une boulangerie avec four, un puits, une cuisine et plusieurs chambres, une grande salle de prières et un escalier qui mène au minaret».
A l'entrée, apposée sur le mur de droite, une plaque indique en plusieurs langues «Interdit d'entrer pour les non -musulmans». Pas de guichetiers, dans la cour. Le soleil tombe cru, une toile de fortune est tendue pour protéger de la chaleur. A l'intérieur de la salle des prières, un jeune homme face au mihrab lit le Coran à voix basse. Il nous aperçoit, nous rejoint, pose des questions presque inquisitoires, sans réponse. Dehors deux hommes font leurs ablutions. Retour à Houmt-Souk, au musée du patrimoine traditionnel de Djerba.
Une découverte
Mme Néjia Labiadh, architecte de formation, responsable régionale des sites et musées de Médenine, a vécu des aventures kafkaïennes qu'elle nous relate. Depuis des lustres, la mosquée était délaissée et menaçait effondrement. L'Institut national du patrimoine(INP) et l'Agence nationale d'exploitation du patrimoine (Anep) ont pris entièrement en charge sa restauration, une mise en scène et un jeu de lumières appropriés. En 2005, l'espace est ouvert au public, l'entrée est payante, le succès est immédiat, les agences l'intègrent dans leur circuit. Il est bien situé, facile d'accès, les touristes et autres curieux découvrent l'architecture des lieux. "Jemâa Fadhloun" devient un passage obligé pour le visiteur de l'île, ouvrages, DVD et autres supports en recommandent la visite.
Le 16 janvier 2011, des membres du comité de quartier pénètrent dans la mosquée, arrachent la plaque des tarifs et de l'horaire d'entrée. Mme Labiadh nous montre les pv, les correspondances. Cinq jours plus tard, un vendredi, des barbus parmi lesquels elle reconnaît "quelques anciens Rcdistes» reviennent, des lampes sont installées sur les minarets, la prière du vendredi sera accomplie dans la salle intérieure. Le même jour, les serrures sont changées, des robinets pour les ablutions sont installés, 3 personnes s'auto-proclament membres de la protection de la révolution.
Ce que la révolution cachait
Mme Labiadh, une mère courage, se rend sur les lieux, on lui interdit l'entrée, fait appel à un huissier pour constater les dégâts, demande l'aide de la police, du délégué, écrit à sa direction générale (Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle). Elle nous montre les rapports datés et envoyés. Sans réponse! Dans l'île, le bruit des abus et dépassements, fussent-ils tonitruants, ne traversent pas la mer. Aucun responsable ne bouge le petit doigt. Pendant ce temps, les squatters déposent une demande d'autorisation de prière au ministère des Affaires religieuses, entament des travaux sans l'autorisation de l'INP. Devant la mosquée, des adeptes portant "kamis" et barbes longues prêchent, recrutent et expliquent la situation à leur façon. Des vendeurs de tapis de prière, de chapelets et autres ambres à la noix pointent aux heures de prière.
La révolution est âgée de 5 mois. Le 10 juin, l'imam porte une pétition d'une centaine de signatures au délégué demandant le renvoi du personnel de l'agence locale d'exploitation du patrimoine (2 guichetiers et un gardien) et la reconversion du lieu en espace exclusivement réservé à la prière, un logement pour l'imam, une école coranique (kouteb). Un arrangement provisoire est signé par les deux parties, les visites se feront jusqu'à 13 heures (jusqu'à 12 heures le vendredi). Par hasard, les vendredis, on commencera régulièrement les préparatifs de la prière dès 11heures. Un lieu de culte ou de culture ? Les deux à la fois mais jusqu'à quand? Jusqu'au moment où le gouverneur et les hauts responsables réagissent. Une réunion a été fixée chez le délégué pour le 16 juin. Mais à part Mme Labiadh, personne ne s'y est rendu. Depuis, elle ne cesse d'appeler, personne ne décroche.


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