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Informatique nouvelle, productivité et emploi
Economie numérique et société
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 09 - 2011


Par Slaheddine KAROUI
• L'informatique crée, par elle-même, des emplois. Depuis l'apparition des ordinateurs universels, à nos jours, les métiers informatiques se sont diversifiés et s'exercent, aujourd'hui, dans une multitude de secteurs d'activité
On peut regrouper ces métiers en familles telles que les études et le développement, l'exploitation et la maintenance, le conseil, les spécialistes des réseaux et télécommunication, etc. Ces familles, elles-mêmes, peuvent être décomposées en plusieurs métiers dont les plus demandés sont, pour l'instant, l'analyste des systèmes réseau et communication de données, l'ingénieur logiciel d'applications informatiques qui est un développeur capable de maîtriser plusieurs langages de programmation, dont notamment C, C++ ou Java, l'ingénieur systèmes chargé de construire et faire évoluer des réseaux et des centres de données, l'administrateur systèmes et réseaux, doté de certifications et d'une expérience dans les environnements Microsoft, l'administrateur base de données chargé de structurer et de maintenir les systèmes de stockage tout en assurant la sécurité, etc.
Ces métiers ne sont qu'un petit aperçu d'un large faisceau qui s'élargit de jour en jour et qui atteste de la capacité de l'informatique et des réseaux à créer des emplois. Ces emplois sont si nombreux et pointus qu'ils font l'objet de statistiques suivies par des institutions dédiées à cet effet. Mais sont-ils tous présents en Tunisie? Au vu des milliers d'informaticiens qui sont au chômage, la réponse est non. Pourquoi? Parce que les organismes et les administrations ignorent, probablement, les métiers nouveaux de l'informatique en matière de santé, d'énergie, d'écologie, etc. D'ailleurs, on peut ajouter à ces chômeurs à col blanc les milliers de qualiticiens, de logisticiens et de responsables de la maintenance dont les organismes tunisiens ont si besoin et qui n'attendent que de suivre quelques heures de formation professionnelle pour obtenir un emploi à la mesure de leurs attentes. Car ne nous y trompons pas : en Tunisie, le tissu industriel et des services a atteint un niveau de croissance tel que usines, hôpitaux, cliniques, hôtels, banques, assurances, entreprises de services… soit des dizaines de milliers de structures, ont besoin chacune d'une ou de plusieurs de ces compétences. Adopter une telle démarche serait résoudre le problème du chômage au moindre coût et améliorer, à coup sûr, la performance des entreprises et de l'administration. Comme produire de l'immatériel, comme les logiciels, nécessite uniquement le recours à l'intelligence, il ne paraît pas difficile de l'obtenir au moyen d'outils de formation de qualité et de partenariats avec les grandes compagnies occidentales d'informatique.
Mais l'objet de ce chapitre n'est pas de faire un état des lieux de l'évolution des métiers et emplois : il consiste à engager une réflexion sur les effets de la nouvelle informatique sur la productivité. L'informatique a un effet prouvé sur l'amélioration de la productivité. Mais, un surplus de productivité qui libère des emplois ne constitue-t-il pas un facteur d'aggravation du chômage? Les débouchés supposés être générés par une compétitivité accrue, suite aux gains de productivité, permettent-ils de compenser les emplois libérés? Selon la société d'études McKinsey, dans le secteur de l'internet, pour un emploi détruit, 2,3 emplois sont créés. Oui, mais pour combien de temps?
En Occident, l'informatisation massive et rationnelle de la société provoque, d'une part, une réduction des emplois suite aux gains de productivité et d'autre part, une création d'emplois suite aux nouveaux débouchés supposés être générés par une utilisation appropriée du surplus de productivité.
Envolée du secteur des services
Mais, en général, la vitesse avec laquelle se perdent les emplois est supérieure à celle avec laquelle ils se créent. Le solde est donc le plus souvent négatif. En Tunisie, les choses ne se passent pas exactement ainsi car les organismes hautement compétitifs capables de créer de nouveaux débouchés suite à des gains de productivité ne sont pas nombreux et, de surcroît, leurs propriétaires ont tendance à employer le surplus de productivité à des fins d'augmentation de stocks d'actions, d'épargne ou d'acquisition de biens immobiliers. Quant aux petites et moyennes entreprises —généralement familiales— à qui il arrive de réaliser des gains de productivité, elles font de même. Enfin, les banques, les assurances, la poste, les caisses de prévoyance sociale et certaines entreprises publiques qui connaissent depuis plusieurs années des sauts de productivité incomparables utilisent les surplus de productivité à des fins de stabilisation de leur personnel de manière à réaliser leurs objectifs à effectif constant. Elles ne licencient par conséquent pas, mais ne recrutent pas non plus si ce n'est dans le cadre de leur extension géographique ou celui du remplacement des retraités ou encore à la demande des pouvoirs publics. Il en résulte qu'en Tunisie, l'utilisation qui est faite de la productivité issue du processus d'informatisation paraît présenter plus de risques que d'avantages sur le niveau de l'emploi. Mais en l'absence de statistiques confirmant cette hypothèse, il serait dangereux de s'y tenir, d'autant plus que l'informatique est indirectement génératrice d'une multitude de services à faible productivité absorbant une grande partie des demandes d'emploi. Cependant, il convient de faire la distinction entre l'apport de l'informatique à l'emploi, en termes de métiers informatiques, et à la conséquence, sur l'emploi, des surplus de productivité générés par l'informatique. Ce sont deux effets différents de l'informatique sur l'emploi : le premier crée du travail alors que le second en supprime. Le solde peut donc être négatif, mais ce n'est pas statistiquement prouvé. Pour que ce soit prouvé, il faut pouvoir établir une comparaison entre une situation avant investissement informatique et une situation après investissement informatique. Cette comparaison est évidemment impossible à établir pour au moins deux raisons :
- Premièrement, la définition des critères devant servir à délimiter la frontière avant et après investissement est une vue de l'esprit, s'agissant d'un pays.
- Deuxièmement, le temps écoulé entre la date où l'informatique est implantée et celle où elle commence à donner les résultats escomptés peut être évalué en mois, voire en années (ERP, GPAO, GMAO…). Au cours de cette période, d'autres circonstances de création ou de réduction d'emplois surgissent, rendant très problématique le calcul du solde entre les emplois générés par l'investissement informatique et ceux qui y sont libérés ou créés suite à l'amélioration de la productivité.
Avec le développement du Web, le secteur des petits services va connaître dans les années à venir une croissance d'autant plus intense qu'il sera mieux encadré par les pouvoirs publics. Les microsociétés de service en Tunisie sont nées d'une demande explicite ou suscitée, formulée aussi bien par les particuliers que par les organismes de toutes natures et de toutes tailles. Régies, dès le départ, par les mécanismes du marché et correspondant à des besoins spontanément ressentis, leur solvabilité s'effectue, en général, par recours au crédit. Elles ne posent donc pas de problèmes particuliers, ce qui laisse supposer que leur développement quantitatif est assuré. En fait, il n'en est pas ainsi car le secteur du petit service est par essence volatile, les sociétés disparaissent aussi vite qu'elles naissent. Leur nombre ne suivra donc pas une courbe linéaire mais progressera rapidement (ce qui est le cas aujourd'hui) pour atteindre ensuite une asymptote qui se stabilisera dans le temps avant de s'infléchir suivant une pente descendante. Cette inflexion ne signifie pas baisse de la croissance du volume de l'activité du secteur des services, mais une diminution du nombre des petites sociétés par voie de restructuration du marché‑: alliances, fusions, OPA… Dans 20 ans, les milliers de cabinets informatiques, de communication et de bureaux de formation actuels, employant en moyenne 2 personnes chacun, ne seront plus que quelques centaines, mais mieux structurés, plus performants et employant plus de personnel.
En attendant, en réponse au tassement des offres d'emploi, les diplômés de l'enseignement supérieur créeront leurs propres entreprises ; les activités de service bureaux feront florès‑; les cadres migreront vers le consulting‑; les activités associées à la communication, aux médias, à l'univers du Web dans toutes ses composantes se multiplieront, l'ensemble donnant l'impression d'une dynamique d'affaires effervescente et pleine de promesses.


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