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Ne les oublions pas !
Grève de la faim des blessés de la révolution
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 10 - 2011

Ils s'appellent Waël Garrafi, blessé de Kasserine ; Rached El Arbi, blessé de Mornag (Tunis) ; Faycel El Hizi (blessé de Kasserine), Zied Errawi (Rgueb) et d'autres blessés de la révolution et ils ont entamé, depuis mercredi dernier, une grève de la faim au local de Nawaat (blog collectif indépendant lancé en 2004) afin d'exiger leur prise en charge effective et immédiate par l'Etat. Il sont soutenus dans cette action par le collectif Nsitni (tu m'as oublié), un collectif citoyen contre l'oubli dont l'objectif est la reconnaissance des martyrs et des blessés de la Révolution et la restitution de tous leurs droits sur les plans médical, psychologique, social et juridique.
«Nous avons épuisé toutes les solutions et pistes possibles (mobilisations, blogging, enquêtes, sensibilisation…) on se retrouve aujourd'hui face au choix ultime que nous prenons sans hésiter: une grève de la faim ouverte jusqu'à la prise en charge inconditionnelle et immédiate des cas les plus urgents (que nous allons présenter, dossiers médicaux à l'appui)», écrit Houssem Hajlaoui, membre de Nsitni, blogueur à Nawaat et également gréviste: «La Tunisie va voter pour son avenir demain. Nous voudrions aussi rappeler à tout le monde que c'est grâce à ceux qu'on délaisse aujourd'hui que cela a été rendu possible. Vous avez pu reprendre le cours normal de votre existence, eux ne le peuvent plus car pour eux le temps s'est arrêté le jour où ils se sont sacrifiés pour la liberté, pour la dignité des Tunisiens. Ils ont permis à chaque Tunisien de dire ‘‘je suis fier d'être Tunisien''». 
Des promesses qui restent en suspens
Nsitni, à l'instar d'autres groupements et associations dans le pays, a été créé en réaction à l'autisme et l'indifférence des instances concernées. En effet, depuis la révolution, des centaines de blessés ont demandé soins et prise en charge de la part de l'Etat, mais après plusieurs mois de travail, aucun rapport sur les blessés et les martyrs de la révolution n'a été fourni. En septembre, le gouvernement provisoire annonce dans la presse sa décision de prendre en charge immédiatement les blessés. Mais encore une fois ces promesses restent en suspens. Les blessés, leurs familles et des militants des droits de l'Homme réagissent en se mobilisant le 1er octobre devant l'Hôpital militaire. Résultat : deux blessés ont pu y être hospitalisés, Noura Marmissi et Wael Karaffi et plus de promesses de la part du gouvernement : «L'Etat prendra en charge les soins des blessés atteints lors des événements de la révolution et leur présentera l'encadrement psychologique et physique nécessaire, a annoncé le représentant du ministère de la Défense nationale, le Colonel major Mokhtar Ben Nasr…Il a souligné que des commissions techniques et médicales sont en cours de formation afin d'étudier les dossiers au cas par cas, pour éviter toute confusion possible. Après avoir rappelé que les mesures prises en faveur des blessés de la révolution consistent, principalement, en leur prise en charge pour le reste de leur vie, il a souligné que Tunis compte 26 établissements hospitaliers, en plus des autres hôpitaux dans les régions, qui disposent d'équipements et de cadres médicaux équivalents à ceux de l'Hôpital militaire. Il a évoqué, dans ce sens, la possibilité de transférer certains blessés, en cas de nécessité à l'hôpital militaire». (Tunis (TAP) – le 04 octobre 2011) 
Mais voilà que des membres du collectif Nsitni et également grévistes, Houssem Hajlaoui et Ramzi Bettaibi, affirment qu'après deux semaines de leur hospitalisation, Noura et Wael ont été très mal traités par le personnel médical, humiliés par les médecins au point que Noura est devenue dépressive. D'une manière générale, l'état de certains blessés se complique, deux sont morts depuis la révolution et on recense une quinzaine de cas graves qui nécessitent des interventions urgentes. Munis de dossiers médicaux complets, ces blessés, venus de tout bord, n'ont cessé de courir les hôpitaux mais rien n'y fait : soit, à défaut de moyens on refuse de les prendre en main, soit ils sont admis dans de mauvaises conditions.
Prise en charge et réhabilitation 
Mohamed Jandoubi aurait pu faire partie de cette grève, c'est sa mère Moufida Jandoubi qui le représente. Actuellement hospitalisé à l'hôpital de l'Ariana (opéré à la gorge) il a été blessé par balle au niveau de la colonne vertébrale, depuis, son cas a empiré parce qu'il n'a pas été pris en charge à temps et comme il se doit. Les autres sont Zied Rawi (Rgueb), atteint par une balle à la jambe droite (9 janvier); Wael Garrafi (Kasserine), il a été amputé de la jambe gauche après une blessure par balle; Walid El Kasraoui, blessé à la jambe gauche (13 janvier) et Rached El Arbi, il a reçu une balle au thorax (13 janvier), il est devenu infirme et traîne des escarres infectées. Tous demandent leur prise en charge promise par l'Etat et leur hospitalisation à l'Hôpital militaire. Pourquoi l'Hôpital militaire ? Parce que, contrairement aux autres hôpitaux, c'est le seul établissement, de par ses compétences et son équipement, habilité à traiter ce genre de cas. « Infirme, je ne travaille plus et j'ai abandonné mes études, une compensation matérielle et morale est plus que nécessaire», affirme Walid. Zied, à qui on n'a pas encore extrait la balle, connaît son assaillant et demande que justice soit faite. «Je veux que justice soit rendue, que les coupables soient punis. Les gens sont en train de nous mener en bateau en oubliant nos sacrifices. Le peuple a été libéré parce que des gens comme nous ont affronté les balles, il ne faut jamais oublier ça», ajoute ce dernier.
A l'aube des élections de la Constituante qu'on a pu atteindre grâce aux sacrifices de nos martyrs et de tous ceux qui ont affronté les balles de l'oppression, des blessés de la révolution tirent la sonnette d'alarme en entamant une grève de la faim. Dans le tourbillon préélectoral, cette action passe inaperçue et ne suscite le déplacement ni des autorités, ni des médias, ni des militants des droits de l'Homme et encore moins celui des candidats à la Constituante. En s'adressant au peuple tunisien, jeudi dernier, le Premier ministre M. Béji Caïd Essebsi a, quand même, indiqué qu'un programme concernant la prise en charge des blessés est en cours d'exécution.
Rached El Arbi, dont l'état de santé s'est aggravé, a été transféré jeudi soir aux urgences de l'Hôpital militaire mais encore une fois et malgré des escarres infectées et plusieurs autres infections, on a encore refusé son admission…


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