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Au bord de l'explosion
MOYEN-ORIENT : Egypte — Présidentielle (2e tour)
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 06 - 2012

• Les Frères musulmans tentent d'imposer leur loi, par la force
• Morsi s'autoproclamant président, veut prêter serment devant le «peuple», Place Ettahrir (?)
• Les résultats définitifs du scrutin — s'ils sont proclamés — pas avant demain au après-demain
De notre envoyé spécial au Caire Slaheddine GRICHI
Des dizaines de milliers d'armes lourdes et légères venant illicitement de Libye, qui ne vont pas nécessairement à Gaza (dernière saisie : 101 missiles antichars, un lance-missiles et d'autres fusils automatiques et munitions), rumeurs sur l'existence d'une armée des Frères musulmans, une économie au bord du gouffre, montée du chômage, valeurs boursières en chute libre, des centaines d'usines au point mort, régression spectaculaire du tourisme, hausse des prix avec ce que cela suppose comme recul du pouvoir d'achat: l'Egypte était déjà assez embourbée dans ces problèmes difficiles à résoudre. L'élection présidentielle est venue l'enfoncer davantage dans des tracas qui semblent inextricables, d'autant qu'elle a mis à nu une nette division au sein de la société égyptienne entre islamistes et leurs alliés parmi les jeunes révolutionnaires, opposées farouches aux «symboles» de l'ancien régime (représenté, selon eux, par Ahmed Shafiq) et les anti-islamistes qui accepteraient tout sauf les «barbus».
Les coups de force des Frères musulmans
Un vrai casse-tête pour le Csfa (Conseil supérieur des forces armées) qui est en charge des affaires de l'Etat et qui est, désormais, le législateur, depuis la dissolution, par la Haute cour constitutionnelle, du Parlement, il y a huit jours. Discret, trop discret même, le Csfa a encouragé — indirectement — les Frères à multiplier les coups de force et les coups d'éclat, même si l'essentiel pour lui était la promulgation de la déclaration constitutionnelle complémentaire qui lui octroie de larges prérogatives, en attendant l'élection, dans six mois au maximum, d'un nouveau Parlement.
C'est ainsi que, faisant fi des règles et de l'éthique électorales, Mohamed Morsi s'est autoproclamé vainqueur lundi dernier à l'aube, après quelques heures de la fermeture des bureaux de vote. Le lendemain, dans la hâte, les Frères musulmans rendaient public un livret, avec des fac-similés des rapports des sous-commissions sans cachets et contenant des chiffres erronés (du genre 650.00 voix pour Morsi, 480.000 pour Shafiq dans telle circonscription, total des voix : 1.180.000), et donnant leur candidat largement vainqueur. Ne s'arrêtant pas là, ils ont appelé leurs troupes à manifester à Ettahrir et dans d'autres villes pour fêter la victoire de leur candidat, alors que près de 400 recours, des deux parties, n'avaient pas encore été étudiés. Ils ont même mobilisé des minibus pour ramener «leurs» gens des différents gouvernorats, bloquant ainsi les entrées du Caire. Et comme si cela ne suffisait pas, Mohamed Morsi a déclaré qu'il ne prêterait pas serment devant la Haute cour administrative, mais devant le «peuple», place Ettahrir. Une déclaration qui confirme son obédience islamiste, qui contredit ses précédents engagements d'être un président de tous les Egyptiens, qui gérerait les affaires de l'Etat dans le cadre d'un «comité présidentiel» multipartite, multiconfessionnel et multi-sexiste, mais qui fait suite et écho aux propos provocateurs et menaçants d'un baron des Frères musulmans qui a déclaré que le pays serait mis à feu et à sang si Morsi n'était pas proclamé président et si le verdict de la Haute cour constitutionnelle, relatif à la dissolution du Parlement, n'était pas annulé alors qu'il est de fait définitif. Conséquence, les frères ont décidé un sit-in, place Ettahrir, jusqu'au serment de «leur» président.
Le Csfa sous pression
De l'autre côté du Caire, à El Maâda, les sympathisants de Shafiq ont riposté à l'autoproclamation de Morsi président de la République, en décrétant leur candidat chef de l'Etat, bien que ce dernier les ait appelés à ne pas manifester. Dans ce climat de tension extrême, certains observateurs n'excluent pas que la Haute instance des élections, qui est en train d'étudier les 400 et quelques recours soumis par les deux parties concernant des centaines de milliers de bulletins pré-remplis et autres dépassements, ne proclame pas les résultats définitifs, ni demain ni après-demain, de peur d'une explosion de violence, surtout si Shafiq s'avère majoritaire.
Pour sa part, le Conseil supérieur des forces armées est sous pression à l'intérieur comme à l'extérieur. Le secrétaire général de l'ONU le presse de remettre le pouvoir aux civils, les Etats-Unis d'Amérique menacent de réviser tous les accords de coopération et d'aide à l'Egypte s'il ne va pas dans ce sens, les islamistes veulent qu'il s'efface de la scène politique, alors que leurs opposants, beaucoup plus nombreux mais nettement moins organisés, le soutiennent et l'appellent à ne pas les lâcher à l'extrémisme religieux. Ils avancent même que l'Egypte est la cible d'un vaste plan de déstabilisation nourri par le Qatar, principal pourvoyeur de fonds aux islamistes, et par les Etats-Unis qui veulent que la révolution — ou le soulèvement — arabe finisse dans le chaos, notamment pour le dernier grand des pays arabes.
Le Csfa est conscient qu'il est visé par les uns et qu'il constitue l'espoir des autres. Il sait qu'il est sous pression internationale (Hillary Clinton, pas plus tard qu'hier, lui lançait des fléchettes) et qu'il doit manœuvrer avec délicatesse et précaution. Mais jusqu'à quand et jusqu'où ? Désormais, il est dans une situation insoutenable, puisque, hier, il était question — selon nos sources — de décréter un couvre-feu à partir de 20 heures, pour disperser les rassemblements, qui n'a pas été, en fin de compte, décidé.
La victoire, par ailleurs, de Morsi serait perçue comme une défaite du Csfa dans le bras de fer qui est engagé avec les islamistes, alors que le succès de Shafiq entraînerait une explosion certaine d'une violence que l'Egypte n'a jamais connue.
Le maréchal Tantaoui, président du Csfa, très discret ces derniers temps, prépare-t-il une stratégie, ou du moins des décisions, pour désamorcer la bombe qui risque de faire beaucoup de bruit et de... dégâts.


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