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Que fait le gouvernement ?
Ici-Bas
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 10 - 2012


Par Abdelhamid GMATI
M. Samir Dilou, membre du bureau exécutif d'Ennahdha, vient de nous éclairer sur le gouvernement : «Le gouvernement actuel n'est pas un gouvernement ordinaire qui travaille dans des conditions ordinaires pour placer les revendications économiques et sociales au premier rang de ses priorités». C'était au cours d'une réunion du bureau de ce mouvement à Sfax. Accessoirement ministre des Droits de l'Homme et de la Justice transitoire, porte-parole du gouvernement, il précise : «Nous nous efforçons de jeter les fondements d'un Etat démocratique civil enraciné dans son patrimoine et son identité et ouvert sur toutes les civilisations». Un membre du conseil d'administration de l'Utica confirme : «La politique politicienne est privilégiée au détriment de l'économique et du social qui ne semblent pas être au cœur des préoccupations». Un autre ministre, celui de l'Emploi et de la Formation professionnelle, affirme que son rôle n'est pas de créer des emplois. Cela n'a pas empêché le chef du gouvernement, M. Hamadi Jebali, de clamer, en Tunisie et à l'étranger, que «tout va bien», que l'économie progresse, que la croissance est plus que positive, que 100.000 emplois seront créés d'ici la fin de l'année 2012, etc. Le ministre de l'Emploi, lui-même, vient d'affirmer que 61.000 emplois ont été créés depuis le début de l'année. Il est vrai qu'au mois de juillet (le 16), il parlait de 85.000 emplois créés, toujours depuis le début de l'année, et qu'au total 100.000 le serait à la fin de l'année. Et il avait préconisé une solution pour les chômeurs, notamment les diplômés : aller chercher des emplois à l'étranger, en l'occurrence en Libye. En attendant les chômeurs, diplômés ou pas, continuent à revendiquer leur droit au travail et multiplient les manifestations pour se faire entendre. Quitte à se faire tabasser par une police loin d'être républicaine. Il est vrai qu'un autre ministre a soutenu que des emplois ont été créés mais que les chômeurs ne veulent pas travailler. On n'a pas expliqué la nature de ces emplois. Sont-ce des emplois viables ? Dans quels secteurs ? Dans le public ou dans le privé ? On peut comprendre qu'un chômeur, surtout un diplômé, refuse un emploi précaire, provisoire, n'offrant aucune garantie de formation et d'avenir, ne répondant pas à son niveau d'études, mal rémunéré...
Concernant les fondements d'un Etat démocratique, disons tout de suite que cela ne relève pas des compétences du gouvernement. La démocratie ne peut être instaurée que par la Constitution et elle ne peut être appliquée et protégée que par l'équilibre des pouvoirs, avec des contre-pouvoirs indépendants et libres. Et là il y a un hic : les élus à la Constituante ont failli à leur mission puisque cette Loi fondamentale qui devrait être adoptée le 23 octobre, est loin d'être prête. Le chef du gouvernement a regretté ce retard. Il oublie de nous dire que ce retard a été voulu, que les députés nahdhaouis s'appliquent à vouloir faire adopter une Constitution revue et corrigée à la méthode nahdhaouie, c'est-à-dire liberticide et loin de tout esprit démocratique et qu'ils reçoivent leurs ordres auprès de lui ou du président du mouvement islamiste. Où sont donc les libertés que la révolution appelait de tous ses vœux? L'indépendance de la justice, la liberté de presse et d'expression, l'égalité des droits entre tous les citoyens, la neutralité de l'instance des élections ? Tout cela est ignoré et menacé. On va même jusqu'à culpabiliser les victimes de viol. Est-ce une atteinte à la pudeur pour une femme que d'être dans une voiture avec un fiancé, un mari ou un autre homme ? En Arabie Saoudite, l'intérieur d'une voiture (taxi ou autre) est assimilé à une chambre à coucher. Mais sommes-nous en Arabie Saoudite ? Les députés s'attachent à présenter des projets de loi qui sont automatiquement illégitimes et illégaux. Car à quoi se réfèrent ces lois organiques en l'absence de Constitution ? N'importe quel Conseil constitutionnel annulerait ces lois anticonstitutionnelles, donc illégales. La première vice-présidente de la Constituante, la nahdhaouie Meherzia Laâbidi, nous certifie que «la priorité absolue au sein de l'ANC est l'application de la loi sur l'amnistie générale». Les ministres nahdhaouis, eux, veulent s'indemniser et indemniser les leurs pour les années passées en prison. Ils oublient de nous dire que leurs condamnations étaient motivées par des actes terroristes et des infractions à la loi. La dernière trouvaille de ces messieurs dames ? Faire adopter une loi leur octroyant une prime de retraite à la fin de leur mission égale à 33% de l'ensemble de leurs primes et une rente viagère. Heureusement, certains députés se respectent et respectent leurs électeurs : à l'instar de Mme Salma Baccar qui a déclaré refuser ces dispositions ou Mme Karima Souid qui a estimé qu'il s'agit là «d'un abus de pouvoir manifeste». C'est le moins que l'on puisse en dire.
On est loin d'un Etat démocratique. Et on est en droit de se demander ce que fait le gouvernement, dont les membres se contredisent, et déclarent une chose et son contraire. Allons-nous longtemps être menés par des «boujedis»? Vivement la Constitution et les élections.


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