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Un plan Marshall tuniso-tunisien
En vue d'une œuvre salutaire


Par Abdelmajid Haouachi*
Sous l'effet du recours à la violence aveugle des autorités provisoires pour mater l'insurrection de Siliana, une grande émotion a saisi l'opinion publique tunisienne. Les débats chauds et houleux qui s'en suivent notamment sur la délimitation des responsabilités dans cette violence officielle démesurée sont importants. Mais devant l'échec et le déficit manifeste de la politique officielle à rassurer les masses populaires sur leur devenir, l'heure est désormais à la réflexion à des solutions salutaires radicales qui s'avèrent à portée de la main telle une sorte de plan Marshall tuniso tunisien.
Le plan Marshall est une œuvre de reconstruction de l'Europe meurtrie,naguère, par la Seconde guerre mondiale et menacée par le communisme galopant. Ce plan a été initié et financé par les Etats Unis à partir de 1948 et fut à l'origine de la remontée économique européenne notamment pendant les Trente Glorieuses. Il est, bien sûr, hors de question de compter sur les oligarchies financières internationales pour venir en aide à l'économie tunisienne surtout en cette phase révolutionnaire dont l'ambition est en, entre autres, l'affranchissement de toute sorte de dépendance et de vassalité économique ou autre. Mais ce qu'on retiendrait du plan Marshall c'est surtout ce pragmatisme qui consiste à mobiliser les ressources économiques et financières dans une entreprise de reconstruction colossale qui n'a pas tardé à donner des résultats qualifiés de miraculeux.
La Révolution est l'accoucheuse de tous les miracles
Il fallait un miracle tunisien pour évincer l'une des dictatures les plus coriaces du monde. Dans cette œuvre historique, le grand mérite revient en premier lieu aux régions déshéritées, aux laissés pour compte des hautes steppes du Nord et du Sud Ouest, cette ceinture de feu dont la flamme révolutionnaire est toujours ardente tel qu'en témoigne l'insurrection de Siliana. Pour cause, les attentes et les revendications des classes populaires sont renvoyées aux calendes grecques par un gouvernement totalement en porte à faux avec les aspirations révolutionnaires. Un gouvernement dont les instigateurs ont, de surcroît, vainement tenté de mille et une manières de mystifier la Révolution tunisienne en lui faisant porter la casquette identitaire. Mais la Révolution sociale est demeurée imperturbable et obstinée défiant ses ennemis de classe derrière les barricades des contrées déshéritées et les faubourgs des classes populaires et de la jeunesse révolutionnaire.
Y a-t-il lieu aujourd'hui d'espérer à un second miracle salvateur, à même de répondre aux aspirations de ceux qui ont payé la rançon du sang pour délivrer le pays de la pègre de Ben Ali ? La solution est, à notre sens, on ne peut plus à portée de la main. A ce titre, la question incontournable est celle de savoir comment trouver les fonds nécessaires en dehors de l'endettement externe pour un plan de salut semblable au plan Marshall ? A l'évidence, on ne peut point espérer pouvoir procurer des fonds pour une relance économique et sociale équitable dans le cadre du néolibéralisme sauvage et de l'économie mafieuse entretenue jalousement par Ben Ali et sa pègre. Comme on ne peut point espérer, hélas, cette relance du gouvernement Jebali qui a ouvert des boulevards aux mafias économiques pour tirer le profit maximum des spéculations, de la flambée des prix et de la contrebande ainsi qu'aux hautes couches de la bureaucratie de continuer à jouir des privilèges des salaires, des demeures et des bons d'essence gratuits comme en témoigne le statut de nos respectables représentants à l'ANC. Un gouvernement frileux qui prend garde de ne pas fâcher les protagonistes du grand capital et qui continue à les caresser dans le sens du poil.
L'alternative consisterait, en revanche, à puiser dans nos ressources économiques et humaines, dans nos valeurs anciennes et nouvelles, celles revigorées par la Révolution, du patriotisme authentique, du sacrifice et de la solidarité pour une mobilisation où fusionnent la politique économique et sociale l'éthique révolutionnaire. Disons-le clairement, il n'ya pas d'alternative salvatrice en dehors de mesures fiscales d'exception. En temps de crise, seule une ponction fiscale dans les grosses fortunes est à même de remédier à la situation même dans les économies libérales. Pour preuve, le président Obama a solennellement annoncé au lendemain de sa réélection qu'il va alourdir les charges fiscales sur les grosses fortunes Chez nous, seul un impôt d'exception sur les richesses est capable de créer les fonds nécessaires pour résorber la crise économique et sociale. Une abolition des privilèges suscités est aussi de mise dans le cadre d'une réforme économique et sociale dont les préalables résident impérativement dans la réforme fiscale. La gratitude et la reconnaissance envers ceux qui nous ont délivrés du despotisme en payant la rançon du sang, ne nous imposent-elles pas de sacrifier une part des richesses et des revenus pour leur venir en aide ? Telle est la logique de la solidarité patriotique qui devrait nous guider comme elle a guidé les grandes nations dans les tournants historiques. Une pareille logique nous épargne, au demeurant, les méthodes draconiennes. Et c'est par la force de la sensibilisation et de la persuasion que nous devons procéder pour une mobilisation patriotique des ressources économiques et humaines. Il y a là également une épreuve de vérification du patriotisme des uns et des autres dont certains ne se soucient que de sauvegarder leurs intérêts égoïstes tous en prétendant qu'ils soutiennent la Révolution.
La solidarité appelle la solidarité
Des décennies durant, les classes populaires et les laissés pour compte ont été les seuls à endurer toutes les souffrances et les sacrifices. A présent, voici venu le temps révolutionnaire qui interpelle les fortunés à faire preuve de bonne foi, de patriotisme et de générosité. Les classes laborieuses de leur côté, ne manqueront pas d'être au rendez-vous de cet élan de solidarité patriotique si, toutefois, les hommes d'affaires, les aisés et la classe moyenne consentent à faire partie de cette œuvre historique. Cela est d'autant plus bénéfique que les clairvoyants de nos hommes d'affaires devraient s'apercevoir des perspectives de fructification de leurs intérêts lorsque l'ambiance reviendrait à la réconciliation, à l'enthousiasme pour le travail, à la créativité. Une ambiance de gagnant-gagnant comme ils disent qui n'a rien à voir avec celle des conditions de travail servile hérité de l'ère Ben Ali.
Le rêve tunisien commencera alors avec l'affranchissement des forces productives et la Tunisie témoignera de la définition de la patrie prônée par le grand historien Ibn Abi Dhiaf, originaire de Siliana, « la patrie est le lieu où l'individu peut vivre librement ».


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