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Les rebelles de 2012
Artistes contestataires
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 01 - 2013

Par le biais des réseaux sociaux et les sites de partage de vidéo sur Internet, certains artistes, souvent rebelles, sont passés de l'anonymat au statut de stars. D'autres sont même devenus des icônes mondiales en très peu de temps.
Le nouveau phénomène s'appelle Psy. Ce rappeur sud-coréen de 34 ans s'apprête à entrer dans le Livre des records. Un milliard de vues sur internet : son clip vidéo viral est le plus regardé de l'histoire de Youtube, avec la chanson «Gangnam Style».
Sa chanson, un tube planétaire, dénonce le train de vie à Gangnam, un quartier très chic de Séoul avec ses écoles privées, cliniques de chirurgie esthétique et centres commerciaux de luxe pour les nouveaux riches de la société sud-coréenne, étouffée sous la pression sociale. Dans son clip, on voit Psy en lunettes de soleil noires, grassouillet et coincé dans un costume strict pailleté. Son personnage de «bimbo» désuet sautille, mime un galop, une danse, celle du cavalier agitant un lasso imaginaire. Décalée, sa chorégraphie ridiculise le bling-bling de Gangnam.
Contre toute attente, le style du cowboy clownesque made in Corée du Sud est devenu culte dans les soirées et discothèques du monde entier. Des personnalités célèbres comme le président Obama ou le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, se sont même adonnés à la fameuse danse.
Phénomène inexplicable
Le succès inédit de Gangnam Style, dont la double lecture de la chanson et du clip n'est compréhensible, a priori, que pour les Sud-coréens eux-mêmes, est un phénomène mondial absurde pour Donatien Bozon, responsable de Daily Motion France. «Ce genre de phénomène ne s'explique pas, confie-t-il. Et si quelqu'un voulait le reproduire, il en serait bien incapable. Même Psy n'arriverait pas à refaire la même chose. Ce sont des phénomènes qui arrivent une fois tous les 10 ans et ils arrivent parce qu'ils sont imprévus.»
L'engouement est inexplicable mais cette affaire a déjà rapporté plus 6 millions d'euros au rappeur sud-coréen. Sur la toile, les nombreuses reprises de sa chanson, libre de droits d'auteur, contribuent à sa popularité internationale. En Afrique comme dans tous les continents, les artistes font des répliques à leur sauce. Même l'artiste contemporain chinois Ai Weiwei s'y est mis en parodiant Gangnam style.
«M... à la patrie»
Ai Weiwei, photographe, architecte, peintre et sculpteur, dont les œuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde, apparaît dans sa vidéo en exhibant des menottes. Aussitôt postée sur la toile, elle a été immédiatement bloquée par les censeurs chinois.
En liberté surveillée depuis plus d'un an à Pékin, accusé d'incitation à la subversion de l'Etat, Ai Weiwei est devenu un symbole. A 55 ans, l'artiste iconoclaste au physique imposant, ose dire «m...» à sa patrie devant les caméras et critique publiquement le système communiste, avec des performances politico-artistiques explosives. Provocateur, il brise des vases de la dynastie Ming d'une valeur inestimable pour dire qu'il faut construire du neuf: la démocratie et la liberté d'expression en Chine.
Dans sa série de photos polémiques où l'on voit un doigt d'honneur dirigé vers la Maison Blanche ou la Tour Eiffel, il frappe fort. Mais quand ce doigt est pointé vers le portrait de Mao à Pékin, Ai Weiwei assume son irrespect suprême de l'autorité. «Mon père Ai Qing,explique-t-il, poète et intellectuel engagé, a étudié l'art à Paris dans les années 70. A son retour en Chine il a été mis en prison. Il a été accusé d'être un «ennemi du peuple par les autorités chinoises à cause de ses critiques vis-à-vis du régime. Mon père a subi toutes sortes d'humiliations publiques. Il est l'un des membres, et moi aussi, de la Charte 08, un manifeste signé par plus de 300 intellectuels chinois et activistes des droits de l'homme pour un mouvement démocratique chinois. Depuis que je suis tout petit, j'ai compris que cette nation n'a pas d'humanité. Le pouvoir central emprisonne tous les gens qui pensent et agissent différemment. Et cela peut te coûter la vie. Donc, j'essaie, à travers mon travail, d'apporter un autre regard sur notre passé, notre histoire et notre société, avec philosophie, pour éveiller les consciences. Pour moi, l'art est un outil individuel qui me sert à communiquer avec les autres. Je cherche toujours le nouveau monde en explorant de nouvelles possibilités pour m'exprimer. »
God Save Poutine
A Moscou, le groupe Pussy Riot brise la censure et devient célèbre via internet.
Il n'a enregistré aucun album et pourtant sa prière punk anti-Poutine à l'intérieur de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou a fait le tour du monde. Cette performance condamne les trois filles de Pussy Riot à deux ans de camp. L'une d'elles a été libérée.
Elles dénoncent l'appel indirect lancé par l'église orthodoxe à voter Poutine à la présidentielle, comme le confirme la correspondante de RFI à Moscou, Anastasia Becchio. «Le but de leur action était de dénoncer les liens entre l'église orthodoxe russe et le pouvoir, explique-t-elle. Elles ont choisi, par provocation, le lieu le plus emblématique de la religion orthodoxe russe à Moscou : la cathédrale du Christ-Sauveur, qui avait été construite en l'honneur de la victoire des armées russes sur Napoléon et avait ensuite été rasée sur ordre de Staline dans les années 1930, puis reconstruite à l'identique à la fin des années 90. La justice a refusé de voir de la politique dans leur action mais a, en revanche, insisté sur les notions de blasphème, d'offense aux sentiments religieux. De la même manière, l'aspect artistique de la performance a été gommé, la partie civile préférant parler de «soi-disant art»....
Elle souligne que cette action rock'n roll de Pussy Riot a choqué en Russie. «Elle a provoqué en majorité des réactions négatives, y compris du côté des personnes qui dénoncent les liens entre l'Eglise et le pouvoir et qui ont critiqué le procès, les condamnations. Dans une société où 80 % de la population se dit orthodoxe, même si un assez faible pourcentage est réellement pratiquant, leur action a choqué. »
«Selon un sondage, seules 5 % des personnes interrogées ont estimé que leur action dans la cathédrale était une performance artistique. Il faut dire que le groupe de punk rock féministe était quasiment inconnu jusque-là : il n'avait à son actif que quelques rares performances dans le métro, sur la Place rouge ou sur le toit d'un bus. Elles n'ont pas vraiment de répertoire, et ce n'est qu'après l'arrestation des filles et leur procès qu'elles sont devenues mondialement connues et soutenues par des personnalités comme Sting ou Madonna.»
Source : RFI


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