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La nouvelle stratégie américaine : rupture ou continuité ?
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 05 - 2010

Les 17 mois que le Président Barack Obama a passés au pouvoir semblent l'avoir convaincu que la stratégie de base de la politique étrangère américaine, qu'il a trouvée en place, doit changer. Il a donc chargé ses collaborateurs de produire une nouvelle stratégie que la Maison-Blanche a rendue publique le 27 mai dernier.
Rappelons-nous que la stratégie qu'Obama a trouvée en place était celle que son prédécesseur George Walker Bush avait élaborée en 2002 pour venger l'Amérique des attentats terroristes du 11 septembre 2001. La "guerre globale contre le terrorisme" était déclarée et les pays du monde entier étaient sommés de choisir leur camp "avec l'Amérique ou contre elle".
Les conséquences de cette stratégie ont été désastreuses pour les Etats-Unis et pour le monde, et l'on comprend le désir du Président Obama de la changer. La nouvelle vision stratégique américaine rompt avec celle de Bush au niveau du contenu, mais aussi au niveau de la forme.
Au niveau de la forme tout d'abord, la terminologie de la «guerre globale contre le terrorisme» est abandonnée. La cible est désormais «le violent extrémisme» contre lequel l'Amérique est tenue de «déployer ses moyens». Il est à noter qu'Obama n'utilise plus l'adjectif «islamiste» pour qualifier «le violent extrémisme» qu'il veut annihiler, une reconnaissance implicite que celui-ci n'est pas une production exclusive du monde musulman.
Au niveau du contenu, «la lutte contre le violent extrémisme n'est qu'un élément de notre stratégie et ne peut pas définir à elle seule l'engagement de l'Amérique dans le monde», est-il écrit dans le document de 52 pages qui définit la nouvelle vision américaine. Selon cette vision, «le plus grand danger pour le peuple américain et pour la sécurité globale vient des armes de destruction massive, et en particulier des armes nucléaires». Mais à part ce danger particulier, «le violent extrémisme» n'est plus le seul, comme au temps de Bush, à constituer une menace immédiate pour le peuple américain, mais il y a aussi «les changements climatiques et la dépendance vis-à-vis de l'énergie fossile».
L'autre aspect important qui rompt avec la stratégie de Bush est l'abandon de l'unilatéralisme arrogant qui a sérieusement endommagé les relations des Etats-Unis avec beaucoup de pays. La nouvelle stratégie semble avoir tiré les leçons en faisant du multilatéralisme l'un de ses piliers : «Alors que l'usage de la force est parfois nécessaire, nous devons, avant d'entrer en guerre, aller jusqu'au bout de toutes les autres options et peser soigneusement les coûts et les risques de l'action et les comparer aux coûts et aux risques de l'inaction. (…) Nous chercherons le soutien international et nous travaillerons avec des institutions comme l'Otan et le Conseil de sécurité de l'ONU».
Mais s'il y a des éléments de rupture avec l'ère Bush, les éléments de continuité ne sont pas totalement absents : «Nous maintiendrons notre supériorité militaire qui a assuré la sécurité de notre pays et soutenu la sécurité globale pendant des décennies», lit-on dans le nouveau document stratégique américain. Dans un discours prononcé la semaine dernière à l'académie de West Point devant des centaines de jeunes recrues, Obama a affirmé : «Notre destinée n'est jamais écrite pour nous, elle est écrite par nous, et nous sommes prêts à diriger encore une fois», provoquant un tonnerre d'applaudissements…
Pour les grandes puissances de la taille de l'Amérique, il ne suffit pas de publier un nouveau document stratégique et de le faire circuler dans les salles de rédaction pour que les choses changent. Outre les éléments de continuité que comporte cette nouvelle stratégie, sa concrétisation n'est pas chose facile, compte tenu des réalités créées dans le monde par la précédente stratégie, et en particulier en Irak et en Afghanistan, des pesanteurs bureaucratiques, des mauvais réflexes acquis par le Pentagone, etc.
Andrew Bacevitch, un ancien militaire devenu universitaire, estime que «l'action militaire est devenue la réponse américaine standard aux problèmes internationaux et une condition normale à laquelle aucune alternative plausible ne semble exister».
La pertinence de l'observation de Bacevitch est confirmée par le refus des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien dans lequel le Brésil et la Turquie ont joué un rôle déterminant. Cela prouve, comme l'a observé Andrew Bacevitch, que même quand une solution diplomatique est disponible, elle est ignorée et c'est le langage de la force, des sanctions et des menaces qui continue de prévaloir.
Il y a peu de chances que la nouvelle stratégie change les choses radicalement. Il ne faut voir là aucune insinuation de mauvaise volonté ou de mauvaise foi de l'administration Obama. Celle-ci, et c'est visible dans les dossiers irakien, afghan, pakistanais et iranien, semble incapable d'adopter une ligne politique et stratégique différente de celle suivie par la précédente administration. Elle continue d'être prisonnière des réflexes militaires et bureaucratiques hérités du passé et contre lesquels la nouvelle stratégie ne pourra pas grand-chose.
H.B.R.


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