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Semé, récolté
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 05 - 2013


Par Khaled TEBOURBI
«Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs». La formule est célèbre. L'ex-président français Jacques Chirac l'avait employée pour fustiger l'insouciance du monde face à la dérive écologique.
Elle pourrait s'appliquer, sans mal, au cas de la Tunisie après les événements dramatiques du Djebel Chaâmbi.
Le pays s'était éveillé presque pris de panique : 100 km des hauteurs de Kasserine parsemés de mines antipersonnel, des groupes armés disséminés à travers nos lignes frontalières, et des blessés graves, d'emblée, parmi nos soldats. Le terrorisme islamiste avait bel et bien frappé sur nos terres. «El Qaida» du Maghreb était bel et bien installée à nos portes.
Etait-ce imprévisible ?
Non. Tout l'annonçait, tout y conduisait. Le contexte local, la situation régionale, internationale. Simplement, on vaquait à autre chose. Pire peut-être : on en détournait les yeux. Ou même : «On voyait venir», mais «on laissait faire».
Lien évident
Comment, d'abord, être surpris, de la présence «d'El Qaida»? Celle-ci a perdu son chef historique en Afghanistan. Elle a ensuite perdu pied au Yémen et en Iraq. Puis elle vient d'être chassée du Mali. Et elle le sera probablement, bientôt, de Syrie. Plus que le Maghreb, mais sans ses places fortes algérienne et marocaine, pour repaire : la Libye «grande ouverte», comme voie d'accès, et la Tunisie «fragile», comme terrain d'opération.
Données géostratégiques élémentaires. Tous le savaient ici. C'était dans les conversations de café. Personne, pourtant, n'avait cru bon en tenir compte, nos gouvernants en premier.
Comment s'étonner, par ailleurs, de l'incursion du terrorisme islamiste dans nos contrées?
Un mouvement salafiste «jihadiste», «apostatiste», s'y meut en toute liberté depuis près de deux ans, contrôlant mosquées et quartiers, prêchant «le wahabisme» à renforts de prédicateurs, brassant des foules crédules et des milliers de partisans miliciens, semant la terreur jusque parmi la police. «Un Etat dans l'Etat». Voire, sous l'œil «distrait», sinon franchement complaisant des autorités. Rien ne prouve, certes, que ce sont les mêmes qui alimentent les groupes armés du «Chaâmbi», mais le lien idéologique entre les uns et les autres est, on ne peut plus, évident.
Oublie-t-on, enfin, le plus important? Un parti islamiste est au pouvoir. On le dit «modéré», favorable à la République et à la démocratie, cela s'entend dans son discours; dans les faits, au concret, on le voit s'atteler à l'inverse, à l'exact contraire. Obnubilé par «la Chariaâ», séduit par «le califat», rétif aux libertés, à la modernité. Qui plus est, entièrement soumis aux ordres de son «guide unique» et «maître à penser», Rached El Ghannouchi, fidélissime disciple de Saïed Kotb et d'El Banna, allié du FIS algérien durant les sombres années de la guerre civile, et partenaire inconditionnel du non moins «fameux» cheikh El Qaradhaoui.
Réglé «au millimètre»
Rached El Ghannouchi est un salafiste de «pure souche». Il a beau user du double langage, multiplier les esquives durant ses sorties publiques, ses ouvrages, jusqu'aux plus récents, parlent clairement pour lui. Ses déclarations «attendries» à l'adresse des «chers enfants salafistes» aussi. La retentissante vidéo de l'automne dernier, surtout. Même sa dernière dénonciation à l'encontre des jihadistes du Chaâmbi ne dissipait le moindre doute. Il a condamné l'acte, pas le principe du Jihad. «Le jihad a d'autres lieux et d'autres circonstances», a-t-il observé. Lesquels? Peut-être ici même, et plus tard, «quand la situation s'y prêtera davantage», c'est ce qu'il suggérait à ses invités dans la vidéo de l'automne dernier.
Les causes, d'abord
Un salafisme extrémiste, opérant, violent, écouté, toléré, un parti islamiste au pouvoir «féru» de Chariaâ et de califat, réglé et dirigé au «millimètre» par «un guide suprême», ajoutés à des frontières «perméables», «prenables» : voilà ce qu'était la Tunisie avant les évènements dramatiques du Chaâmbi. «La maison brûlait» en somme. On ne récolte que ce que l'on sème.
Pourquoi continuer à se morfondre dans les regrets, à «paniquer»? Ce qu'il y a maintenant, c'est de veiller sérieusement à ce que «la maison» ne prenne pas complètement feu.
La classe politique tunisienne appelle, aujourd'hui, à «se dresser unis contre le terrorisme». Oui, mais ne serait-ce pas, encore, «regarder ailleurs», si l'on ne s'occupait, d'abord, de ses causes. De tout ce qui nous y a conduits.


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