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La Tunisie n'est pas condamnée aux coalitions contre nature
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 01 - 2000


Par Salah AMAMOU
D'aucuns parlent aujourd'hui, après la victoire des modernistes, d'une possible et nécessaire coalition de Nida Tounès avec Ennahdha au nom de l'intérêt général et de la stabilité politique.
Une telle coalition, si jamais elle se réalisait, signifierait à mon avis : priver la Tunisie d'une opposition forte, trahir l'électorat de Nida Tounès et appliquer, en partie, les idéaux islamistes.
1. Priver la Tunisie d'une opposition forte
Il n'est point de démocratie sans opposition forte. Ce principe politique élémentaire ne nécessite pas de développements particuliers. Tous les pays démocratiques l'ont toujours respecté. En France, par exemple, si les partis de droite prennent le pouvoir, les partis de gauche se placeront immédiatement dans l'opposition. Et pour cause. Une opposition forte est plus qu'une nécessite, c'est une condition sine qua non pour le bon fonctionnement de tout système politique qui se veut démocratique. A la limite, je dirais que c'est l'opposition qui fait avancer les choses avant même la majorité qui détient le pouvoir. Et ceci on l'a remarqué à plusieurs reprises. Rappelez-vous : sans la vigilance de l'opposition au cours de la période de rédaction de la Constitution, qui a tenu tête à la majorité et a empêché plusieurs dérives, aberrations et errements, la Constitution ne serait pas celle que nous avons aujourd'hui.
Dans une démocratie sans opposition forte :
- qui va servir de contre-pouvoir pour empêcher la majorité de s'installer dans l'arbitraire ?
- qui va mettre en cause la responsabilité gouvernementale devant l'Assemblée par la motion de censure ?
- qui va alerter à temps la majorité sur ses erreurs et défauts ?
Si Ennahdha refusait ce rôle naturel qui lui revient naturellement, il ne pourrait jamais prétendre agir dans l'intérêt général ou d'une quelconque stabilité politique. Ce refus signifierait une fuite devant ses responsabilités, une ignorance dangereuse des principes de la démocratie que ce parti n'a pas cessé de nous répéter qu'elle est son unique – ou nouveau ? – slogan, et une voie de facilité au détriment de l'intérêt général.
En Tunisie, l'on se trouve aujourd'hui en présence de deux grands pôles politiques : 5 partis, dont le noyau dur est Nida Tounès, qui représentent les modernistes et Ennahdha qui regroupe les conservateurs islamistes. Il devient dès lors clair que la coalition, cette fois naturelle, ne peut se concevoir qu'entre Nida Tounès et les 4 autres partis modernistes et que l'opposition forte ne peut venir que du parti Ennahdha.
Conclure donc une coalition avec un parti diamétralement opposé au modèle moderniste, c'est rechercher, de part et d'autre, la quiétude, le confort et la sérénité au risque de voir s'installer en Tunisie une dictature bicéphale et son corollaire la mauvaise gestion, la corruption, le népotisme ...
2. Trahir l'électorat de Nida Tounès
Trahir son électorat serait grave et enlèverait au Tunisien sa passion politique et son sens du devoir électoral en plus qu'il perdrait confiance en toute promesse politique. Les Tunisiens ont digéré avec amertume et frustration une première trahison commise par les partis CPR et Ettakattol qui ont été durement sanctionnés par ces dernières élections législatives, ils ne sont pas prêts à accepter une seconde trahison venant cette fois du premier parti tunisien n'ayant nullement besoin d'une coalition contre nature.
En sanctionnant ces deux partis, les Tunisiens ont clairement mis en garde les acteurs politiques contre toute autre tentative de trahison. Et Nida Tounès a sûrement bien compris le message. Les échos de coalition Nida Tounès-Ennahdha qui se font entendre dans les coulisses et les médias ne sont, à mon avis, que le résultat des réactions de désespoir du parti Ennahdha cherchant à tout prix à retourner à l'exécutif après en avoir été évincé par l'opposition.
Nida Tounès ne doit pas oublier que si son électorat doutait de cette coalition avant les élections législatives, il n'aurait jamais atteint le taux relativement élevé de 40 % des sièges de la future Assemblée des députés. Il doit donc cette réussite à sa promesse faite solennellement par ses plus hauts responsables, de ne jamais coaliser avec Ennahdha.
Enfin, l'argument selon lequel la coalition Nida Tounès-Ennahdha éviterait le tiers bloquant est un faux-fuyant : le tiers des sièges que détient Ennahdha dans la future Assemblée n'aura aucun effet bloquant sur le fonctionnement de cette Assemblée dans la mesure où Nida Tounès gouvernera confortablement avec la majorité qu'il pourra aisément obtenir avec le concours des autres partis modernistes.
3. Accepter et, donc, appliquer, en partie, les idéaux islamistes
C'est simple à saisir. Une coalition est, par définition, un consensus impliquant des partis coalisés, des concessions réciproques: Nida Tounès en fait en faveur d'Ennahdha qui, à son tour, fait de même au profit de Nida Tounès.
Résultat : certains idéaux conservateurs à coloration islamiste (charia, inégalité homme-femme, polygamie...) vont avoir gain de cause et, donc, mis en application par la coalition. Car qu'on le veuille ou non, ces idéaux supposés tirés du Livre saint et du Hadith sont sacrés pour les islamistes et n'admettent donc aucune transaction. Ce qui va forcément amener le parti Nida Tounès à faire des concessions sur ce plan pour préserver l'union et maintenir sa prééminence dans la future Assemblée.
Cette dichotomie dans le nouveau paysage politique va handicaper l'élan de Nida Tounès et empêcher ou retarder l'application de certains idéaux modernistes voire les dénaturer.
En résumé :
- Une opposition forte est incontournable dans le système démocratique.
- La coalition avec Ennahdha ne relève pas de l'intérêt général mais de l'intérêt strictement personnel, soutenir le contraire est une contre-vérité.
- Une coalition Nida Tounès-Ennahdha est une trahison de l'électorat de Nida Tounès qui ne restera sûrement pas impunie.
- Coaliser avec Ennahdha c'est admettre et appliquer une partie de ses idéaux islamistes.
- Coaliser pour avoir une majorité oui mais avec des partis relevant strictement du même pôle politique.
Espérons que cet appel sera entendu par les dirigeants de Nida Tounès.


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