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Retour de flamme.
Publié dans Leaders le 30 - 07 - 2013

À pleins poumons, un cri jaillit des tréfonds d'une trop longue histoire de peur, de soumission, de résignation, de domination. Parce que ce fut ainsi depuis toujours penserions-nous, nos parents nous ont appris à nous incliner bien plus que de nous lever, parce qu'on ne se révolte que contre son père, chez nous. Cela ne se fait pas. Il ne viendrait pas à l'esprit du chef de famille, mâle, d'inculquer l'esprit de révolte à son fils, encore moins à sa fille, de leur apprendre à lui dire NON ; ou alors involontairement en abusant de la sévérité. Nous sommes plusieurs à l'avoir appris ainsi, parfois à notre tendre corps défendant, ou par des suggestions subliminales indolores qui transcendaient les incomplétudes de nos pères, de nos mères, de nous par ricochet, nous l'avions entendu, assimilé, reproduit, encore aujourd'hui. Nous ne pouvons néanmoins descendre d'une femme qui s'appelle Alyssa, sans héritage, sans élan libertaire, ne serait-ce que sous forme velléitaire de rébellion. Nous l'avions fait à plusieurs reprises sans grande conviction, sans succès. Une voix me dit que cette fois-ci, est la bonne. Quelque chose est rompue entre les « Pères spirituels » plus ou moins éclairés et leur filiation. Le filon de la légitimité patriarcale est épuisé, reste la filouterie au souffle très court. La désobéissance se dessine. Désobéir à l'arbitraire est un devoir que nos compatriotes ont bien exercé, l'étincelle de Bouazizi fera long feu, sous les cendres couve le feu. C'est ici et maintenant que repartira la flamme, me susurre une voix méconnaissable, probablement la voix bredouillante de l'histoire.
J'entendis un slogan faisant désormais partie de la mémoire révolutionnaire mondiale depuis le 14 janvier 2011 ! Devant le ministère de l'intérieur se déchira le ciel sous un : «DEGAGE !». M'étaient venues en ce moment-là les larmes de joie au départ de Ben Ali, enfin ! La liberté, la dignité. Puis ironie de l'histoire, deux années plus tard revint l'écho lancinant devant le siège du parti Ennahdha : «Degaaaaaaaaaage !». J'entendis distinctement : « Ben Ali revient !»
D'autres larmes sont revenues pour me dire que la dictature ne s'en va que pour revenir. Devrions-nous choisir entre la peste et le choléra ? Tout le temps. Alors je pleure la trahison du premier et la traitrise du second. Si mes larmes constituent un chef d'inculpation, qu'ils me jugent pour n'avoir jamais cru au « Changement (Et Taghyir) » du 7 Novembre ni, cru à «La renaîssance( Ennahdha)» du 23 octobre. Qu'ils me jugent d'avoir rejeté Chariâa et Charyâa (Chariâa et légitimité).
Tels des perdrix à l'allure noble et pacifique, nos ailes ont été coupées pendant des siècles d'autoritarisme despotique et quelques décennies de cupidité de vilenie.
Aujourd'hui la femelle perdrix risque la mutilation parce qu'elle n'a pas le droit de jouir de la vie, elle sera excisée pour être conforme à ce que le mâle voudrait voir pour se rassurer, qu'elle ne puisse plaire qu'à lui, surtout qu'aucun autre mâle ne puisse la séduire, comme si le clitoris et le pénis étaient pourvus de neurones. Mais comme les femelles sont sottes, « en déficit de raison et de religion », cela devrait passer, disent les fatwas misogynes.
Sommes-nous sur la mauvaise voie ? Nous sommes sur un chemin sinueux qui avance malgré tout, itérativement, la spirale descend parfois en montant. L'accumulation de quantités de faits similaires finit à un moment ou un autre par déclencher un saut qualitatif. Un saut à la perche. Comme le dit si bien l'adage arabe : «la dernière paille cassera le dos du dromadaire ».
Le feu qui se déclara à Tunis, enflamma Tripoli et gagna le Caire. Advint ce qu'on sait, l'intégrisme pris le pouvoir dans les trois pays avec arrogance, prédation et, une propension naturelle à l'autoritarisme. D'aucuns conclurent que le prêche est dit, que l'hiver arabe s'est bien installé pour longtemps. C'est oublier que sous les cendres, couvaient des braises qui se rallumeront par le souffle long d'une liberté mal acquise. Un retour de flamme se manifesta à Ettahrir, le Caire repasse le relai et tend la perche du Nil à Tunis.
Nous sommes dans une situation qui a tout l'air d'une impasse alors qu'une opportunité fantastique sous-jacente respire. La réplique égyptienne du séisme qui emporta Morsi se prépare en souterrain tunisien. La tectonique des plaques est plus redoutable lorsque ses vibrations se font discrètes en avançant à pas feutrés sous les pieds des manifestant éparses qui déplorent leur faible nombre devant le parlement ou à la Kasbah !
Le pouvoir en place use à l'excès des grosses ficelles du parti unique : népotisme, clientélisme, intimidation, démagogie, mensonge, si on ajoute à cela l'incurie et l'échec économique sont réunis tous les ingrédients de l'effondrement avec les risques d'explosion. Les soutiens internationaux (USA, France, Qatar, Arabie Saoudite) se ravisent et l'Egypte se rebelle donnant raison à la thèse selon laquelle le départ des dictateurs n'ayant pas coïncidé avec la disparition du reflexe autoritariste, caractéristique congénitale et structurante de la théocratie. Les innombrables attaques minutieusement orchestrées contre l'Etat tunisien depuis le 23 octobre 2011, l'ont certes affaibli, mais ne réussirent pas à en saper les fondements bien ancrés dans la mémoire collective, dans le rapport social et politique depuis des décennies. Ghannouchi règne et ne gouverne pas, la Troïka gouverne mais ne dirige pas. L'impasse est au bout entre la légalité qui a cessé le 23 octobre 2012 et une légitimité qui s'évanouit le 24 octobre.
L'étau se resserre autour d'Ennahdha, les perspectives électorales mêmes éloignées s'obscurcissent. La panique, mauvaise conseillère s'empare du mouvement. Laisser croupir en prison Amina, Fehri et Jabeur pour crime de lèse-majesté, libérer les caciques du RCD : Ben Dhiâ, Kallel, au moment où Karoui ex bras droit de Ben Ali propose une coalition RCD –nahdhaouiste montre du moins l'embarras, sinon les limites du sens politique de Ghannouchi. Il n'a rien compris à ce qui s'est passé en Egypte, il n'a rien compris à ce qui passe en Tunisie, aucun sens tactique. Ne parlons pas de stratégie, le Cheikh est mat !
Il ne reste plus comme arguments que la menace, l'appel à la violence de la bouche du président des parlementaires nahdhaouis, Mr Atig qui le proféra à deux pas du ministère de l'intérieur. En gros il nous nous propose eux ou le déluge de sang !
Nous avons survécu aux naufrages qui n'ont jamais eu lieu, parce que nous connaissons la méditerranée depuis des siècles. Si certains des nôtres périrent au large de Lampedusa, ce n'est pas la faute de l'eau. Nous avons livré nos enfants au désespoir. C'est de notre faute si feu Bouazizi s'immola. C'est de notre faute, pères indignes et mères éplorées de n'avoir pas ouvert à nos enfants la perspective d'une vie digne, libre et gaie, alors qu'ils nous ont offert la liberté. Nous nous rachèterons sur la terre d'Alyssa qui préféra le feu à l'humiliation.
A l'heure où j'étais en train de conclure cet article me parvint la nouvelle affligeante de l'assassinat de Mohamed Brahmi, exécuté à la manière mafieuse le jour de la fête de la république. La même arme, la même main, le même commanditaire de l'assassinat de Belaîd ; la signature est lisible, le symbole, frappant. Après Lotfi, Chokri, Mohamed paya de sa vie. Je les appelle par leurs prénoms, parce qu'ils sont mes frères, nos frères à tous tunisiennes et, tunisiens libres. Qu'ils nous tuent tous ! Ils n'y arriveront pas. Nous nous tairons plus. La DIGINTE qui se voit sur les visages des veuves et des enfants de nos martyrs de la LIBERTE nous obligent à terminer le TRAVAIL.
À pleins poumons nous crions, plus jamais peur, plus de soumission, plus de résignation, nous sommes condamnés à vaincre la terreur, nous méritons de vivre libres.


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