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C'est pour quand ?
Publié dans Le Temps le 05 - 07 - 2017

Nous avons en tant qu'historien de l'art critique d'art, chercheur à l'INP et directeur du projet de création du musée d'art moderne, à El Abdelliya, milité il y a de cela quelques années pour créer le musée d'art moderne et contemporain à El Abdelliya, à la Marsa. L'étude du projet a été entamée par Ali Louati. Le choix du palais d'El Abdelliya en tant que lieu d'accueil du musée était justifié par sa proximité avec Tunis et par son implication dans une zone hautement archéologique et culturelle de Carthage et Sidi Bou Saïd. Ce projet élu projet présidentiel et donc prioritaire a débuté par la restauration du Palais El Abdelliya et par sa reconversion et aménagement en espace muséal projet moderne autonome et une surface entourant le palais Hafside de 13.000 m2. Les espagnols, qui construisaient à l'époque le stade de Radès ont proposé de réaliser le projet...
L'argent que les espagnols destinaient au musée disparut dans les poches d'un ex-grand dirigeant du football national. Le ministre de la culture, de l'époque, Abdelbaki Hermassi fit le reste, il déclasse le projet comme caduc le fit disparaître sous l'injonction d'un président de l'Union des artistes plasticiens (en fait de 2 ou 3 présidents de l'union) qui trouvait le palais d'El Abdelliya et la Marsa indignes de recevoir ce programme national stratégique et aussi, parce que la Marsa est parait-il trop humide comme si l'humidité ne pouvait pas être réduite ou a tout au moins équilibrée... c'était il y a de cela 25 ans... Le fonds des arts plastiques entreposé à Ksar Saïd comptait alors 10000 œuvres... Il compte aujourd'hui 12500 œuvres vouées si l'on ni prenant pas garde à subir les mêmes insultes du temps, les mêmes dégradations et le même désintérêt des autorités publiques pour la culture et l'art de notre pays !!!
Qui est responsable de cela, de cette désinvolture... Abdelbaki Hermassi ? Les responsables de l'union, les autres ministres qui ont pris la relève... la société civile ?.. Nous tous, en fait, n'avons pas mis la pression nécessaire pour imposer un développement durable de la culture impliquant des investissements au niveau des infrastructures muséales, entre autres, qui auraient garanti la durabilité de notre culture et la sauvegarde de notre patrimoine et de nos biens culturels... Nous continuons à nous taire, à accepter avec complaisance, les politiques culturelles éphémères des animations culturelles en consistantes de nos « places publiques » et de nos cités déclarées arbitrairement artistiques et culturelles à l'image de ces boulevards de l'environnement de triste mémoire.
L'histoire : quelques tentatives ont été faites pour réaliser le musée d'art moderne et contemporain en Tunisie. Toutes ont échoué ! Les années 80 du siècle dernier : le centre d'art vivant du Belvédère. Pendant a été la première expérience qui s'est déroulée durant ces années la grâce à l'initiative de Zoubeir Turki. Cette expérience était la première tentative sérieuse pour créer une sorte de musée vivant exploitant l'ensemble du fonds d'arts plastiques de l'époque sans applications des prescriptions muséales d'usage. C'est le service des arts plastiques de l'époque et le travail courageux de Ali Louati qui ont amorcé le travail d'inventaire des œuvres et certains travaux de restauration et ressemblé une bibliothèque spécialisée. Louati a réussi surtout à mettre en valeur la collection du fonds national en organisant des expositions nationales, arabes et internationales de grande qualité ainsi que des rencontres scientifiques courues par les artistes, les historiens et les critiques d'art. Le centre a joué un grand rôle dans le développement de l'art et de la culture, mais il n'a pas pu construire en espace muséographique avec toutes ses fonctions de conservations, d'entretien et de mise en valeur. Malheureusement ce centre polyvalent unique dans sa conception a cessé ses activités. Cet espace stratégique est devenu en 1990 un cercle militaire après avoir été un casino de Jeux. Le centre d'art vivant du Belvédère, en disparaissant nous a laissé un goût d'amertume que les arts plastiques ne pouvaient pas dépasser la marginalité dans laquelle, certains l'ont confinée et qui depuis a prévalu.
Désespoir : Les arts plastiques vont continuer depuis à vivre une crise profonde.
La deuxième expérience celle de faire d'Al Abdelleya un musée d'art moderne et contemporain a échoué aussi comme nous l'avons annonce plus haut.
En fait c'est pour pallier à la fermeture du centre d'art vivant du Belvédère que le ministre de la culture (Monsieur M. Bousnina) a lancé le projet de création d'un musée d'art moderne et contemporain dans et autour le palais Hafside d'El Abdelleya à la Marsa et dont la construction remonte à 1505 avec pour objectif de restaurer d'abord le palais mauresque de le convertir ensuite en musée d'art moderne.
L'INP maître d'œuvre a entamé, et réussi la restauration du Palais. Les architectes tunisiens suivis des architectes espagnols ont reconverti le traditionnel et ont transposé un aménagement très moderne autour du palais ancien. Les scénographes, des thermiciens, des muséographes tunisiens et espagnols ont réussi à intégrer sur le plan architecturel le traditionnel dans le moderne et vice versa... les choix architecturaux les plus techniques ont été fournis... 14.000m2 ont été érigés dans l'esprit d'une architecture muséale d'avant-garde impliquant tous les services et fonctions muséales modernes... la deuxième tentative de créer un musée d'art moderne et contemporain a échoué. Le palais d'Al Abdelliya fut sauvé mais pas le fonds national d'arts plastiques à Ksar Saïd.
La troisième initiative de créer le musée d'art moderne et contemporain consiste à intégrer l'espace de la cité de la culture (Medinet Al Thakafa) non encore achevée et sise à Gambetta. Nous espérons son achèvement rapide. Dans le cas où cette possibilité pourrait se concrétiser et abouterait à l'élaboration d'une unité muséale nationale valable et répondant aux prescriptions modernes propres à créer un musée du 21ème siècle nos inquiétudes disparaîtraient et nous chanterions des louanges éternelles à celui qui aura réussi à réaliser le miracle de nous offrir ce bijou tant attendu. Mais nous ne le dirons jamais assez, il ne suffit pas de construire quelques salles d'exposition pour fonder un musée d'art moderne et contemporain au vrai sens du terme.
La présentation des deux tentatives de création d'un musée d'art moderne et contemporain ainsi que la présentation de l'hypothèse de l'utilisation de certains espaces du futur palais de la culture (Gambetta) comme espace muséographique prouve que le problème est encore entré et qu'il se pose encore avec acuité. Notre tâche consiste en fait à sauver le fonds national des arts plastiques, en créant d'abord ce fonds, juridiquement, comme Fonds national d'arts plastiques avec ses structures indépendantes, son Conseil d'administration, ses prérogatives et son budget indépendant d'acquisition.
La deuxième initiation qui devrait être prise simultanément avec la création Juridique du fonds national doit être la création juridiquement parlant aussi du musée national d'art moderne et contemporain comme structure autonome ou liée au système muséal national avec ses structures fonctionnelles, son conseil d'administration adéquat ... son budget et sa commission indépendante d'acquisition.
Sans cette création juridique et la nomination d'un conseil d'administration et la définition la nature des liens que ces unités établissent avec le patrimoine, avec le ministère de la culture, rien ne se fera !
La structuration du fonds national et du musée national d'art moderne et contemporaine comme entités autonomes est une exigence immédiate, stratégique et vitale... Le moindre report serait de la tergiversation impardonnable.
La création du fonds national d'arts plastiques et du musée national d'arts moderne et contemporains est une urgence. Elle est aujourd'hui, revendiquée par toute la société civile, la la communauté culturelle internationale, les artistes, les chercheurs, les institutions artistiques, les instituts d'art... du patrimoine. Cette revendication et non seulement légitime mais nécessaire... à satisfaire immédiatement sans hésitation.
Les termes de référence pour la création d'un musée d'arts modernes et contemporains dans notre pays doivent tenir compte de nouvelles donnes muséales et des transformations opérées dans la production artistique et dans le champ des arts plastiques contemporains.
La vie artistique en Tunisie, à l'image de ce qui se passe dans le monde connaît des métamorphoses, n'est plus réduite seulement aux expressions de l'art spécifique, ou moderne. L'art dans notre pays s'ouvre aux arts mondialisés à l'art contemporain. Nos artistes ont testé toutes les formes d'expression, ont réussi à créer des œuvres aussi bien né-orientalistes ou abstraites, lettristes patrimoinesques ont réussi la figuration libre expressionniste – ont dépassé le folklore et atteint très souvent les cimes de l'universel.
Un musée national d'envergure est nécessaire « X » dont tenir compte de cette grande vanité de styles, de genre, des richesses, d'expériences multiple à laquelle est parvenu notre mouvement d'arts plastiques. Un musée national d'art doit tenir de toutes ces transformations.
En guise de conclusion, nous pouvons dire que le musée en Europe, au 19e et au 20e siècle a développé des fonctions de conservation et d'exposition des œuvres en ayant d'améliorer la communication et de favoriser l'aspect pédagogique en faveur des couches sociales de plus en plus ouvertes à la culture.
Cette conception muséale fut critiquée. Le musée a été traité comme une prison de l'art, Bourdieu et Darbel (Lamour de l'art 1969) ont insiste sur les clivages sociaux créateurs d'élitisme produits par les institutions muséales en Europe.
Dans le monde, prolifèrent les musées plusieurs nouvelles unités muséales ont vu le jour ( Beauhong, Orsay, Guggeihein de New-York de Bilbao, Modern Art. Leurs concepteurs des architectes désignes muséographes ont transformé les fonctions ??? classiques des musées et le musée lui-même qui devient concept et prolongement artistique des œuvres d'art qu'il l'abrite. Le musée devient lui-même œuvre d'art, se construit comme une mise en œuvre, interrogative et performante pour être en mesure d'accueillir installations, scénographie virtuelle... etc.
Mais nous ne sommes pas encore là en Tunisie. Pour nous le musée, s'il devait exister, nous nous en féliciterions avance parce que son influence sera considérable sur nous. Sa réalisation ne sera que profitable pour notre jeunesse et notre culture et surtout pour la formation de nos jeunes qui apprendront, en fréquentant les œuvres d'art, la relativité comme l'éternité de l'art, sa permanence et son universalité, sa vérité comme sa profonde-humanité. N'est ce pas cela son intérêt fondamental... stratégique
La musée...c'est l'éveil de la jeunesse, de nous même à notre universalité... à notre profonde humanité...


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