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Faut-il avoir peur d'une déferlante islamiste ?
Publié dans Le Temps le 09 - 03 - 2018

Faut-il avoir peur des islamistes pour les municipales qui s'annoncent !?
A première vue, non, puisque nous avons des ministres, des députés et de hauts cadres dans les instances dirigeantes «nahdhaouis», certifiés, et qui ne diffèrent presque en rien de leurs collègues des partis dits «modernistes » de droite, de gauche ou du centre.
Voir les choses sous cet angle, paraît simple pour ne pas dire simpliste, car beaucoup de Tunisiennes et de Tunisiens redoutent encore fortement un nouveau contrôle social « totalitariste » au nom de la religion et la mise à mort du modèle culturel et civilisationnel du pays très spécifique depuis l'antiquité carthago-romaine et qui a failli s'opérer en 2012.
Le compte à rebours a déjà commencé et bientôt la campagne officielle va être sur le fil avec un tintamarre déjà précurseur et assourdissant sur les «vertus» des uns et des autres et leurs capacités à améliorer notre mode de vie «charlatanisé» à l'extrême, après 7 ans de populisme déchaîné et «d'anarchie créatrice» (sic) bien servie !
Par quel miracle, les nouveaux gladiateurs qui pointent aux portes de nos communes, vont-ils pouvoir décongestionner les villes, les nettoyer de la crasse persistante et des déchets en tous genres qu'aucune autorité jusque-là n'a réussi à «dégager». Il faudrait bien des prières envers Dieu pour y arriver ! En tout cas, les 24 imams «délégués» par le Très Haut pour siéger aux futurs conseils municipaux peuvent être d'une grande utilité pour prêcher le nouveau printemps de l'anarchie créatrice (Al faoudha al khallaka)... !
Pour revenir aux choses sérieuses, beaucoup de scénarios peuvent être mis en place à la veille de ces élections de toutes les incertitudes et à haut risque.
Le premier et le plus sérieux qui fait trembler toute la classe politique « moderniste » c'est un raz-de-marée islamiste, et là toutes les craintes vont surgir à nouveau, d'abord, en se projetant sur l'expérience algérienne désastreuse qui a mené ce grand pays frère à une guerre civile qui s'est étalée sur 10 ans avec plus de 150.000 morts.
Vous me direz qu'Ennahdha de Rached Ghannouchi, n'est pas le FIS, d'un certain Ali Belhaj, mais ce parti n'est pas encore la C.D.U. d'Angela Merkel, car la chancelière bien aimée des Allemands n'a jamais présenté des «prêtres» aux élections municipales régionales ou nationales du Bundestag ! D'où cette appréhension que les islamistes tunisiens, malgré une tentation «laïcisante» de l'islamisme politique inspiré par la Turquie erdoganienne, sont encore collés à cette idéologie des «frères musulmans» et à l'application de la «Charia» comme droit suprême et supérieur au droit positif civil.
Pour ma part, j'estime qu'on peut nuancer quelque peu ces craintes, mais à la condition sine-qua-non de ne pas donner à Ennahdha la majorité aux élections. En effet, tant qu'Ennahdha est minoritaire, elle a pu et su, évoluer dans le bon sens. Mais, chaque fois qu'elle est majoritaire, comme au bon vieux temps de la Troïka, c'est la catastrophe et la tentation majeure de revenir au projet initial des «frères musulmans » que les Tunisiens n'accepteront jamais, même sanctionné par les urnes.
Et nous l'avons vu avec les manifs et le sit-ins du Bardo (Iîtisam Arrahil) qui ont obligé les islamistes à quitter le pouvoir, faute de quoi, c'est l'irréparable et la guerre civile.
Maintenant, l'élément qui risque d'être déterminant dans ce scénario, c'est l'abstention-sanction !
Toute abstention démesurée aboutirait à une prise de possession des communes par Ennahdha et les islamistes.
Mais même, en cas d'abstention jugée «normale» par les temps de démobilisation et de dégoût politique, qui courent en ce moment, l'effritement des forces dites démocratiques et modernistes risque d'aboutir au même résultat... la victoire des islamistes plus disciplinés et disposant de moyens financiers non négligeables.
Les Tunisiens sont entre l'enclume et le marteau. Dénigrer le «vote utile» de 2014 peut paraître légitime... mais par quoi le remplacer ?!
Les partis autres que Nidaa Tounès ont-ils la surface et le volume qui permettent comme en 2014, de contenir la vague islamiste déferlante... je ne le pense pas et les sondages ne trompent pas. Les personnalités indépendantes, certainement, plus proches des électeurs sont-elles capables d'assurer l'équilibre avec les islamistes ?
Je ne le pense pas, non plus, car les hirondelles n'ont jamais fait le printemps face à l'éléphant nahdhaoui.
Que reste-t-il ! Trouver l'équation, la bonne, pour contenir l'islamisme politique dans des proportions acceptables et non nuisibles à la Tunisie en ce moment, et mettre à la tête des communes des acteurs capables d'assurer la relève et le changement...
Tout simplement, un vrai miracle ... Mais la Tunisie en connaît tout le temps.
K.G.


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