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Un sacré chantier en perspective
Publié dans Le Temps le 26 - 11 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps - Jameleddine EL HAJJI p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Admettons que cette nuit, une forte pluie emporte tout le marasme que le pays vivait depuis dix ans. Que nous nous réveillions sur tous nos indicateurs au vert ! De la bouteille de gaz butane à la loi électorale, à la Constitution, tout retrouve son rythme normal, et le pays fonce vers un avenir radieux, avec une classe dirigeante en papillons, des compétences hors compétition, et surtout, surtout, un peuple « idéal ». Un peuple qui n'a d'activité que de vaquer à ses occupations, de huit heures pile à dix-huit heures piles, sans break, et sans le moindre alibi de transport, d'école des petits, ou de mosquée. Un peuple normal en somme. Dans un pays normal. Et bien ce ne sera qu'un répit, par rapport à une réalité qui s'impose à nous depuis l'indépendance.
C'est l'interdépendance entre les Etats qui garantit la stabilité nationale, régionale et internationale. C'est la première règle de base de la diplomatie. Parlons-en donc !
Depuis dix ans, la Tunisie, grâce à un soulèvement populaire « spontané », a viré vers une phase d'instabilité politique, économique, sociale, et même culturelle, qui a bouleversé l'ordre établi, résumé plus tard par un diplomate en poste à Tunis de la manière la plus explicite. Selon M Bergamini, ambassadeur de l'Union Européenne à Tunis, et dans une déclaration très peu diplomatique qu'il a confiée au quotidien « Le Monde », la Tunisie est entre les mains de 400 familles, lesquelles se partagent sans partage, les potentialités et les fruits d'un pays objectivement étranger aux crises qui le déchirent. C'est peut-être la cause du soulèvement de 2011. Ce que le diplomate européen n'a pas dit (ou osé dire), c'est que cet état des faits est l'un des facteurs principaux ayant fragilisé le pays face, à tous les mauvais instincts de nos partenaires diplomatiques. Car, le soulèvement a été saisi non pas par les élites tunisiennes locales, mais par des groupuscules tunisiens épaulés au grand jour par des Etats tiers. La liste de ces Etats ne comprend aucun pays ennemi à la Tunisie ou connu en tant que tel, du moins dans les sphères publiques. Au contraire, les Etats qui ont fait la pluie et le beau temps dans nos mosquées, au nom de « l'islam », font partie pour certains, des pays « amis », tandis que d'autres se réclamaient chez nous comme étant des pays « frères » carrément. Ainsi, à l'axe turco-qatari, qui s'est imposé comme étant le protecteur de la mouvance des Frères musulmans, épine dorsale du « Printemps arabe », nous avons assisté à une levée de boucliers, chez nous, de l'axe adverse, à savoir celui des salafistes, appelés à croiser le fer avec les Frères musulmans, pour le compte de nos « frères » d'Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, et de bien d'autres, moins bruyants, parmi les pays du Golfe. En deux mots, les pays du Golfe ont souscrit au « Printemps Arabe » du département d'Etat américain de l'époque Obama, afin de s'en préserver, et d'en prémunir leurs propres régimes. Pour ce faire, il leur était tout indiqué de maintenir les tensions loin, en Afrique du Nord, quitte à y mettre quelques sous, de la rente pétrolière qui débordait de leurs besoins immédiats, à l'instar de leur contribution à rétablir l'islam bafoué... en Afghanistan, au Pakistan, en Somalie etc. Après tout, une affaire entre pays frères !
Jamais plus de cette fraternité meurtrière !
Seulement, la géographie et le temps ont leurs contraintes. L'Afrique du Nord n'est pas l'Afghanistan, encore moins le Pakistan, voisin de l'Inde (le fameux alibi), et de l'ex-Union soviétique. L'Afrique du Nord, et la Tunisie plus particulièrement, sont les voisins directs de la même Europe qui arme régulièrement les deux antagonistes de l'islam politique de nos « pays frères », les Frères musulmans, avec leur Turquie et leur Qatar, et les salafistes qui sont les véritables armées de mercenaires de l'Arabie Saoudite et des Emirats. Un point commun aux deux camps islamistes se chiffonnant chez nous : Un déficit démographique et humain qui en fait des cibles plus vulnérables devant chacun des pays où ils ont semé le désordre et l'anarchie.
Plus que jamais donc, la diplomatie tunisienne est appelée à opérer un vaste chantier de révision de ses classiques en la matière. Au moment, par exemple, où les suppôts de ces pays, dans certains au pouvoir comme le parti islamiste Ennahdha, parlent sans trop le comprendre, de diplomatie économique, afin de couvrir toute sorte de contacts informels et parallèles à la diplomatie officielle de l'Etat, force est de marquer une pause au cours de laquelle l'on doit méditer sur cette liste des « pays frères ». Afin de dégager les vertus voire les acquis de cette «fraternité» sur le processus de développement en Tunisie. Un petit historique ne fera pas de mal. Ni un coquin comparatif avec d'autres acquis que le pays ne cesse de « recevoir » de pays « amis » ou « partenaires », comme par exemple cette « lointaine Europe » que nous nous efforçons de suspecter à chaque projet d'investissement pour lequel l'économie tunisienne réagit parfois par un point entier, sur son PIB.
Un comparatif qui fait mal
De plus, le tableau de chasse de nos « pays frères » chez nous ne cesse de s'alourdir au fil des opérations terroristes de leurs groupes respectifs tapis dans nos montagnes et nos villes, et agissant sous les ordres de contrebandiers protégés parfois au plus haut sommet de « notre Etat indépendant » !
Jusqu'à preuve du contraire, nos partenaires européens ne nous ont jamais aussi ouvertement financé des groupes pour tuer nos civils et nos corps armés et sécuritaires, afin de creuser leurs sillons dans notre territoire.
Rien que par ce comparatif, la diplomatie tunisienne ne tardera pas à prendre conscience de la désuétude de ses pratiques avec des Etats se prévalant de relations diplomatique entières avec notre pays, qu'ils martyrisent sans vergogne, aux dépends d'autres formes de coopération bilatérale et mutuelle, notre potentiel humain n'ayant jamais fait défaut dans une bataille de développement.
99% de nos diplomates sont conscients de ces tristes réalités, mais ils se taisent par simple obligation de réserve.
Aujourd'hui, Joe Biden, le démocrate prend la tête de l'Exécutif à Washington. Ses premiers mots s'apparentent à un retour à une version de la coopération internationale qui rompt avec la diplomatie des milices et des groupes de mercenaires, au profit d'une coopération pacifique nouvelle. Les règles de ce jeu macabre sont donc en voie de changement. La marine allemande vient d'arraisonner un bâtiment turc en route pour la Libye, soupçonné de port d'armes vers notre voisin en ébullition. Deux messages forts que la diplomatie tunisienne est tenue de saisir au bond, afin d'accorder son orchestre diplomatique pour le quinquennat à venir.
Il n'y a plus de pays « frères » ou « amis du bout des lèvres ». Il y a des partenaires à solliciter. Le change, nous l'avons largement, et dans tous les dossiers brûlants de l'heure, qu'ils soient régionaux ou internationaux. C'est tout. C'est la seule « normalisation » que la Tunisie doit entreprendre. Toutes les autres n'en seront que des corollaires.
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