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Sfax malade de sa " ville arabe "
Délabrée, vétuste et grouillante
Publié dans Le Temps le 23 - 07 - 2009

La journée récemment consacrée à l'Agenda 21 de la Médina de Sfax a constitué une opportunité pour les uns et pour les autres de réfléchir à un consensus quant aux solutions à apporter pour sauver cet espace prestigieux en butte à des atteintes multiples et en assurer ce qu'il plaît au bureau de l'Agenda de qualifier de développement durable, englobant en l'occurrence toutes les composantes urbaines, esthétiques, architecturales et environnementales.
Mais autant l'initiative est louable, autant l'entreprise semble colossale et les ambitions plutôt démesurées, pour la simple raison que les facteurs ayant contribué à l'actuel état des lieux sont difficiles à maîtriser. D'où la motivation de relever le défi qui cristallise les volontés et décuple l'ardeur de ceux qui croient fermement à la possibilité de réhabiliter ce précieux patrimoine.
La situation actuelle est en effet la résultante de facteurs multiples qui remontent d'abord à la fin des années soixante-dix. Auparavant, en effet, la ville arabe était habituée à vivre au rythme de la migration estivale quasi collective vers les " Jnenes ", mais retrouvait infailliblement ses résidents pour la saison hivernale et même bien avant. Mais à partir des années soixante-dix , quatre-vingt, ce qui était provisoire est devenu permanent. Ainsi, la Médina a commencé progressivement à se dépeupler mais dans un sens irréversible : la séduction des villas modernes étaient trop irrésistibles pour les Sfaxiens.
Et comme la nature a horreur du vide, bon nombre des maisons désormais inoccupées ont été tout simplement investies par 8000 artisans : en vérité, une prédominance des activités artisanales et commerciales qui n'est pas en soi un inconvénient, loin s'en faut, car, à défaut, la ville serait tombée dans une hibernation chronique lourde de conséquences. De plus, une demeure vide guettée par la vétusté a vitalement besoin d'aération mais aussi de " protection ". Or, cette reconversion est tout bénéfice aussi bien pour les propriétaires, pour les nouveaux locataires que pour les bâtisses elles-mêmes : avantages économiques pour les uns et entretien aussi partiel et insuffisant soit-il, pour les locaux.

Habitations/dépotoirs
Est-ce pourtant la panacée ? La situation qui prévaut actuellement le dément de façon catégorique, car les nouveaux occupants des lieux, constituent malheureusement un agent polluant, peu regardant sur la propreté de ces joyaux dégradés au sens propre et au sens figuré, étant rabaissés au rang de vulgaires ateliers.
Volet propreté, la situation de la Médina est pour le moins qu'on puisse dire lamentable. Cela résulte à la fois du laxisme manifeste de la municipalité, particulièrement en matière de mesures répressives, et endémique de certains citoyens, prompt à jeter la pierre à la municipalité qui aux dires de certains habitants devrait quand même surveiller de plus près ses éboueurs qui du haut de leurs bennes ou remorques surchargées, n'hésitent pas à les délester, en balançant des objets encombrants sur les toits ou dans les patios des maisons.
Pis encore, nous dit-on, certaines maisons sont transformées en véritables dépotoirs après que des visiteurs nocturnes les auront dépouillées de leurs carreaux de faïence ainsi que de leurs portes et fenêtres, d'authentiques œuvres d'art qui sont éhontément bradées. Sans les initiatives louables des comités de quartier, qui consistent à nettoyer les lieux avant d'emmurer les ouvertures béantes, les choses auraient sérieusement empiré.

Le paradis des squatters
Quand on sait que le nombre d'habitants a chuté de 13767, en 1966, à 3680, en 2007, que 22.70 % des maisons ont vu leur fonction résidentielle, détournée vers d'autres usages et que 670 habitations de la Médina sont inoccupées, il sera plus aisé de comprendre les risques de toutes sortes auxquels elles s'exposent. Des habitants de la Médina s'indignent , en effet, de voir certaines de ces maisons se transformer, la nuit, non seulement en un véritable paradis pour les squatters mais surtout en lieux de débauche. Ce qui, d'après nos interlocuteurs, pose réellement le problème de la sécurité pendant la nuit, d'autant plus que l'ouverture d'un bureau de police, quoique ayant déjà fait depuis longtemps l'objet, de multiples réclamations tarde à être décidée.

Les étals anarchiques
Les rues commerçantes sont envahies par les étals anarchiques des échoppes, des marchands ambulants ou des vendeurs à la sauvette. L'encombrement qui en résulte est une source de gêne pour les passants. Et pour une ville qui mise sur le développement du tourisme culturel et même de congrès, ce désordre ne sert guère l'image que l'on voudrait donner de la Médina. D'autant plus que ces rues sont cabossées et parsemées, pour ne pas dire jonchées, de détritus à certains moments de la journée. S'il est vrai que pour ces actes d'incivisme les commerçants et les autres citoyens sont les premiers à désigner du doigt, il n'en demeure pas moins vrai qu'on a l'impression que c'est le règne du laxisme et du laisser-aller. En effet, de deux choses l'une : ou bien il y a des lois pour sanctionner de tels manquements aux règles les plus élémentaires de la propreté et de l'hygiène qui sont impunément bafouées au su et au vu de tout le monde, ou bien il n' y en a pas et alors, il faudrait penser à en inventer !

Un look kitch
Au chaos des étals, aux balayures, détritus et autres déchets qui enlaidissent la Médina, s'ajoute une atteinte non moins préjudiciable à l'environnement : l'intrusion d'éléments de décor des plus modernes dans un cadre purement traditionnel et antique, une cohabitation contre nature d'éléments disparates et de styles discordants qui jurent avec la paisible harmonie de la vieille ville. Les façades revêtues de carreaux de faïence, les auvents en toile cirée, les vitrines inondées de lumière, les tubes au néon, les couleurs en sont autant de balafres qui déparent les rues, défigurent les constructions et leur confèrent un look kitch.
Concernant cette situation, on doit à la vérité de dire que le rythme effréné avec lequel ont évolué les choses au début des années 70 a pris de court tout le monde mais que la prise de conscience de toutes les dégradations subies par la vieille ville a été par la suite trop tardive pour que les velléités successives de réparation soient opérantes.
Taieb LAJILI
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L'Agenda 21
C'est dans l'intention d'apporter les remédiations nécessaires que se situe l'Agenda 21 local spécifique à la Médina, lui-même composante de l'Agenda 21 local concernant toute la ville de Sfax. Il s'agit comme le précise Dr. Sana Taktak Keskes, présidente du bureau de l'agenda comme étant : " Un plan d'action stratégique visant à promouvoir et à développer la zone couvrant territorialement les sept municipalités du Grand Sfax à tous les niveaux, de façon à garantir une meilleure qualité de vie pour tous les citoyens "
Constitué en juillet 2008 le bureau de l'agenda 21 local spécifique à la Médina, s'est penché, en collaboration avec quatre commissions sur l'examen de quatre axes principaux, à savoir, le développement durable, la réhabilitation et l'aménagement, l'infrastructure et l'information. Différentes parties ont été associées aux travaux dont ,des citoyens, des organisations sociales et des administrations. La première et la deuxième étapes de diagnostic et de validation, menées à terme, on entamera bientôt les deux suivantes qui aboutiront, on l'espère bien, à la conception d'une vision stratégique cohérente à concrétiser par un plan d'action ambitieux tout en étant réalisable.
A signaler que des actions ont déjà été développées dans le cadre de la promotion et du développement durable de la Médina. Elles ont trait à la vie quotidienne des habitants et touchent les volets de l'infrastructure routière, le réseau d'éclairage public, l'évacuation des eaux usées et pluviales et l'entretien des installations.
A ce propos, lors de la journée consacrée à l'agenda 21 Sfax-Médina, il a été fait mention d'un crédit de 2,3 millions de dinars alloué à ce glorieux pôle urbain dans le cadre du programme national spécifique de promotion des villes antiques. Le même espace " A fait également l'objet de plusieurs interventions et réalisations d'une valeur de 620 mille dinars et bénéficié d'un crédit du Fonds National de Promotion de l'Habitat. ", affirme Dr Sana Taktak Keskes.
Il va de soi que la sauvegarde et la préservation des spécificités architecturales, esthétiques et culturelles de la ville arabe, que la réhabilitation ou la restauration de l'infrastructure ne sauraient constituer une fin en soi et que l'animation, le rayonnement économique, l'amélioration du cadre et le développement durable constituent la finalité de tous les programmes et autres actions définis. C'est dans ce cadre que s'inscrivent les efforts tendant particulièrement à promouvoir la vocation touristique de la Médina, tant il est vrai que ce joyau recèle des richesses encore ignorées non seulement des touristes mais également des jeunes Sfaxiens dont bon nombre n'ont eu qu'à voir les deux rues commerçantes principales lors des rares occasions qu'ils ont eu de la traverser.


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