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On s'en plaint, mais on achète !
La fièvre de l'immobilier
Publié dans Le Temps le 14 - 10 - 2009

Un proverbe chinois dit : « avant de mourir, il faut faire trois choses : planter un arbre, élever la vie à un enfant et construire une maison. » Un proverbe dont les Tunisiens n'ont retenu que la dernière partie, puisqu'ils plantent rarement des arbres, font peu d'enfants, mais se lâchent complètement pour se construire des villas qu'ils passeront toute leur vie à payer, avant de laisser leurs héritiers en profiter...
En effet, le sport national le plus pratiqué par une majorité des Tunisiens ce n'est pas le foot, mais la construction de maisons. Des sommes colossales sont annuellement investies dans la pierre et des vies sont consacrées à courir derrière l'acquisition de « la tombe de la vie », comme on dit chez nous. Ce qui fait dire à quelques uns de ceux que nous avons rencontrés : « nous tous sommes endettés et pris à la gorge par les banques pour les vingt ou trente ans à venir ! »

Une valeur sûre
Que ce soit une villa de maître ou un habitat anarchique, la pierre demeure, en effet, une valeur sûre dans l'esprit des Tunisiens. Une valeur refuge pour laquelle il faut se sacrifier pour laisser quelque chose à ses enfants. Un chiffre vous donnera une idée précise du rapport qu'entretient le Tunisien avec l'immobilier plus de 80% des Tunisiens sont propriétaires de leur logement. C'est un acquis social considérable.
Le problème c'est que beaucoup de promoteurs immobiliers construisent des logements neufs à tours de bras et que les annonces pour les acquérir remplissent les pages annonces des journaux et des sites spécialisés sur internet. Pour qui construit-on ? Et qui peut se payer ces appartements neufs à des centaines de milliers de Dinars ?
Il faut savoir qu'un appartement coûte au minimum une centaine de milliers de Dinars actuellement, avec des pointes à cinq cent mille. Or qui peut acquérir de tels logements sans passer par un prêt bancaire ? Peu de gens, et surtout très peu de jeunes, qui arrivent de plus en plus tard sur le marché du travail, avec des salaires qui fondent comme neige pour les premières nécessités de la vie.
De nombreux témoignages abondent dans ce sens. Un jeune couple nous a affirmé : « la banque nous a proposé un crédit de soixante mille Dinars alors que l'appartement que nous voulons acheter du côté de la Soukra vaut le double. Même avec l'aide des parents, nous sommes incapables de rassembler une telle somme... »
La plupart de nos interlocuteurs se plaignent en outre des taux d'intérêt imposés par les banques et de leur manque de flexibilité. Ils exigent des garanties qu'il est impossible à fournir, demandent parfois des certificats médicaux chez des médecins spécialisés dans les maladies cardiaques, des assurances vie assez coûteuses... Des arguments qu'un banquier balaie d'un revers de la main : «je ne peux pas engager des sommes importantes sur de longues années sans un certain nombre de garanties. Le salaire seul ne suffit pas dans ces cas là... »
Il semble d'ailleurs que ce secteur connaît une stagnation des ventes. En consultant les journaux, en surfant sur les sites internet spécialisés dans l'immobilier, en visitant les agences immobilières et en discutant avec des promoteurs immobiliers, nous avons découvert que les prix sur le Grand Tunis ne baissent pas, malgré la crise...
Un responsable d'agence immobilière spécialisée dans les maisons de luxe nous a affirmé : « alors que les prix de l'immobilier continuent à chuter dans le monde entier, la tendance est toujours à la hausse sur notre marché immobilier qui n'a pas connu de crise ! ... » Il faut dire que le secteur de cette agence, c'est la banlieue nord de Tunis, où la demande reste forte.
Carthage, Sidi Bou Saïd et le Lac de Tunis restent à la pointe de la demande, avec un minimum de 2500 Dinars le mètre carré de terrain nu à Carthage, entre 1500 et 2000 Dinars au lac et en moyenne 2000 Dinars à Sidi Bou Saïd, où il n'y a plus de terrains libres et où construire est coûteux à cause du terrain meuble... Quant aux appartements, ils se vendent en moyenne quatre mille Dinars le mètre carré achevé et habitable.
Viennent ensuite El Manar, les Menazeh, Ennasr et les zones environnantes. Ici on a construit des immeubles par centaines, mais de nombreux promoteurs immobiliers attendant toujours que des acheteurs solvables se présentent. Car ceux-ci ne se bousculent pas et ne semblent pas pressés d'acquérir ces logements certes confortables, mais qui restent des propriétés communes, alors que tout Tunisien rêve d'une villa avec jardin.

Même dans les cités populaires...
Alors bon nombre d'entre eux se rabattent sur les cités moins cotées, voire populaires : cité Ezzouhour, Ibn Khaldoun, El Omrane Supérieur, la Manouba , El Mourouj, La Médina Jadida, ...Là les prix oscillent entre 500 et 800 Dinars en moyenne le mètre carré de terrain viabilisé. Mais là aussi les terrains se raréfient et on voit de plus en plus des constructions verticales...
Le Bardo reste une exception, avec des prix plus élevés que les cités environnantes, certainement à cause de la proximité de la ville et des facilités des transports. Le mètre carré continue d'enregistrer des hausses importantes allant jusqu'à 1200 Dinars minimum. Certains promoteurs ont trouvé le filon : ils achètent d'anciennes maisons et les transforment en petits immeubles de trois ou quatre étages...
Dans les villes touristiques, c'est évidemment Hammamet qui bat tous les records, avec des terrains viabilisés qui atteignent 2500 Dinars s'ils sont en bord de mer. Suivent Bizerte, Sousse, Mahdia et Kélibia où les prix varient entre 1200 et 1400 Dinars le mètre carré viabilisé, selon les zones. Et c'est à Sfax que les prix restent les moins élevés, avec 800 Dinars en moyenne.
Une flambée des prix qui met les terrains au même niveau de prix que bon nombre de pays européens, donc hors de portée de la majorité des Tunisiens. Seule une infime minorité peut se payer une villa aux alentours de Tunis et dans les zones côtières. Alors on se rabat sur la vieille maison familiale, en construisant un premier étage, on achète un terrain dans des zones lointaines et donc moins cotées, avec des problèmes de transport, de voisinage... Une situation qui se répercute sur la qualité de la vie.


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