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Le système hyper-intensif « prend son pied »
Culture de l'olivier
Publié dans Le Temps le 18 - 12 - 2009


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La culture traditionnelle ne dépasse pas les 17 pieds par hectare. Avec ce système on va jusqu'à 2500 pieds d'oliviers par hectare.
Sous l'égide du ministère de l'Agriculture et des Ressources Hydrauliques, l'Institut de l'Olivier organise, à Sfax, du 15 au 19 décembre courant le 3ème symposium international " Olivebioteq 2009 " aux travaux duquel prennent part des experts, des chercheurs et des professionnels de 16 pays dont quatorze méditerranéens.
Parmi les thèmes abordés, figure la culture de l'olivier en hyper intensif dont l'impact, les enjeux, les avantages méritent un coup de projecteur.
Docteur Ajmi Arbi, chercheur à l'Institut de l'Olivier à Tunis, auteur d'une communication portant sur cette question, nous a donné les précisions suivantes : " Mon travail consiste en l'étude du comportement de variétés introduites d'Espagne, de Grèce et de Tunisie vis-à-vis du système hyper intensif qui a été créé en Espagne en 1994 et qui se base sur l'emploi d'une densité très élevée comprise entre 1250 jusqu'à 2500 pieds d'oliviers par hectare, sachant qu'en Tunisie la densité maximale est de 1600 oliviers/ha. Cette densité est, bien entendu, sans commune mesure avec celle de la culture traditionnelle qui ne dépasse guère les 17 pieds/ha.
La ruée sur l'intensif
Ce système a été conçu en Espagne surtout pour mécaniser la cueillette puisque la main-d'œuvre pose un grand problème en Europe et surtout en Espagne. Donc on a opté pour l'utilisation d'une machine enjambeuse qui permet une récolte totale et très efficace des olives en un seul passage. C'est une cabine d'une dimension bien déterminée, équipée de secoueurs. Elle passe sur les oliviers et permet une cueillette très efficace pratiquement de 95%, sans risque de dommages, sauf lorsque l'arbre présente une vigueur (dimension ) très élevée. Cependant, en Tunisie, ce système comporte une contrainte principale, c'est l'utilisation de variétés étrangères puisqu'il faut utiliser des variétés de faible vigueur, ou de vigueur modérée, qui permet une récolte mécanisée. Les variétés qui s'y prêtent le plus sont l'Arbequina et l'Arbosana, d'origine espagnole et plus précisément catalogne et la Koroneiki, d'origine grecque, toutes caractérisées par une vigueur modérée, ce qui leur permet une bonne réussite dans le système hyper intensif. Ce système a été introduit en Tunisie en 1999 par des promoteurs privés sur une surface de 50 ha et a connu une extension telle que la superficie actuelle atteint les 4500 ha, ce qui représente un taux élevé à l'échelle mondiale, où la superficie totale ayant adopté ce système couvre 80 000 ha. On trouve d'ailleurs des exploitations hyper intensives dans tout le territoire national, avec une concentration dans les gouvernorats de Zaghouan, Ben Arous, Sidi Bouzid et Gafsa.
" Depuis l'introduction de ce système, ajoute notre interlocuteur, nous avons, à l'Institut de l'Olivier, commencé les essais à partir de 2003, pour, tout d'abord, étudier le comportement de ces variétés étrangères introduites en hyper intensif dans plusieurs sites du pays, au Nord, au Centre et au Sud, et en une deuxième étape, nous avons étudié le comportement de nos variétés locales vis-à-vis de ce système de conduite. C'est pour cela que nous avons mis en place deux essais : le premier installé à Takelsa pour faire une étude comparative du comportement des variétés tunisiennes et des variétés introduites, et un deuxième essai qui a été installé à Taos, dans la ferme expérimentale de l'Institut de l'Olivier. Ce que nous avons constaté, c'est d'abord la bonne attitude de ces deux variétés introduites dans les différents sites sujets de notre étude. Toutefois, il faut signaler que la variété Arbosana présente de meilleures performances, au niveau de la production mais aussi au niveau de la vigueur puisqu'elle présente une vigueur assez faible qui permet donc une meilleure efficience de la cueillette mécanique, le tout ajouté à une bonne stabilité de l'huile d'olive laquelle présente une qualité assez appréciable quant à la composition acidique pratiquement similaire à celle de notre variété Chétoui, avec un pourcentage de 70% d'acide oléique, d'autant plus que c'est une variété stable dans la mesure où, en passant du Nord au Sud, elle garde les mêmes caractéristiques que ce soit au niveau de la production, de la vigueur mais aussi de la qualité du produit fini, c'est-à-dire de l'huile "
Il estime que : " en ce qui concerne la variété Arbequina, elle s'adapte mieux au Nord qu'au Sud, surtout en ce qui concerne la qualité de l'huile, puisque cette qualité change en passant du Nord au Sud, étant moins stable. En ce qui concerne nos variétés locales, la variété Chemlali a présenté une précocité de production importante. Dès la deuxième année, elle présente une production significative. Mais l'inconvénient, c'est qu'elle présente une vigueur très élevée, ce qui rend difficile son introduction dans le système hyper intensif. La variété Chétoui, quant à elle, présente des caractéristiques végétatives assez importantes en ce qui concerne la vigueur, qui est modérée, avec un port érigé ; donc cette variété peut être utilisée en hyper intensif. Toutefois, elle présente une tardivité en entrée en production à la troisième année comme c'est le cas à Takelsa, au Nord, et à la quatrième année comme c'est le cas à Sfax, alors que les autres variétés ont produit après une année de leur plantation mais l'inconvénient c'est que la variété Chétoui présente une alternance dans la production. Or le système hyper intensif se base sur une stabilité de la production pour avoir une bonne rentabilité, étant donné que les investissements au départ sont pratiquement de 12 mille dinars/ha. "
Un système introduit sans recherches préalables
A rappeler que ledit système a été introduit par des promoteurs privés sans être précédé de recherches préalables. D'où l'utilité de l'intervention, de l'assistance et des études initiées par l'Institut de l'Olivier. L'objectif de nos recherches est bien sûr d'utiliser nos variétés autochtones sachant que ce système permet l'obtention d'une production très élevée dès le départ dans la mesure où dès la troisième année, on peut avoir jusqu'à 07 tonnes/ha. Il a aussi l'avantage d'éviter l'alternance et les fluctuations de la production d'une année à une autre qui constitue le problème majeur pour le secteur oléicole tunisien. Donc cela permettra à la Tunisie d'honorer ses engagements internationaux.
Jusqu'à présent, nous avons étudié le comportement de 04 variétés locales à savoir la Chétoui, la Chemlali, la Zarrasie et la Zalmati, mais ces trois dernières présentent une vigueur trop excessive pour être utilisées en hyper intensif. En conclusion la variété Arbosana est la mieux adaptée au système hyper intensif du fait de sa haute production et de la qualité de son huile qui reste stable dans tous les sites de la Tunisie. Cette huile est bien sûr différente de l'huile tunisienne mais elle est conforme aux normes internationales.
Il serait utile de signaler quand même que le système hyper intensif exige la maitrise de certaines techniques comme celle de la taille mais aussi d'importants investissements au départ.
Taieb LAJILI
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Khaled Dridi, directeur exécutif - Agromillora Méditerranée : « Un manque de main d'œuvres »
Agromillora Méditerranée est une filiale de la société-mère, implantée en Espagne et spécialisée dans la production de plants d'oliviers en pépinières en hyper intensif. L'option pour ce type de culture s'explique essentiellement par deux raisons : d'abord, l'alternance en matière de production car l'olivier ne donne sa production qu'alternativement tous les deux ans. La deuxième raison est le manque de main-d'œuvre. C'est ainsi qu'en 1990, est née, en Espagne, l'idée de choisir des variétés adaptées à une récolte mécanique. Le choix s'est donc porté sur les variétés adaptées à une culture hyper intensive.
Séduits pour notre part par les avantages de ces variétés, nous avons, en 2000 tenté l'expérience et débuté par la plantation de 70 ha à raison de 1250 plants/ha avec un coût global de 07 mille dinars/ha, y compris les plants et le palissage. Ce fut plus que concluant dans la mesure où dès la troisième année, nous avons enregistré un rendement meilleur même que celui des oliveraies espagnoles similaires, en raison des conditions climatiques favorables dans notre pays. C'est ainsi qu'en 2004, nous avons fait l'acquisition d'une machine dite enjambeuse pour la cueillette des olives moyennant un prix de 250 mille dinars. Non seulement cette machine résout le problème aigu de la main-d'œuvre mais de plus, elle fait la récolte de 04 ha/jour, à raison de 02 heures/ha, ce qui permet d'avoir des huiles de qualité. Sadira, notre exploitation qui compte aujourd'hui150 ha a déjà fait des émules dans la mesure où d'autres exploitations ont vu le jour, par exemple à El Fahs ( 200 ha), à Tala, Testour, au Rgueb etc...
Les caractéristiques surtout gustatives de l'huile produite par la variété Arbosana, et plus particulièrement l'Arbequina sont quasiment identiques à celles de la variété Chemlali. De plus, l'Arbequina produit de l'huile extra vierge avec un taux maximum d'acidité de 02°. Il serait utile de préciser, que la culture en hyper intensif exige quand même une haute technicité en matière de taille, entre autres.
Je tiens à saluer la collaboration de l'Institut de l'Olivier qui se traduit par des actions de suivi, d'analyse de l'huile d'olive, d'assistance technique ou autre et notamment par des recommandations utiles qui nous permettent de rectifier opportunément le tir.


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