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La “Corbeille de Nefta” s'est tarie
Patrimoine naturel en perdition
Publié dans Le Temps le 04 - 11 - 2010

Les 150 sources jaillissant du fond de cette vaste cuvette se sont taries - L'oasis Ras El Ayoun, connue aussi sous le nom de La Corbeille de Nefta, est l'un des plus admirables spectacles qu'offrent le Djérid ; du haut de cette vaste cuvette naturelle, une vue plongeante s'offre au regard sur ce cirque aux parois de terre ocre et aride tapissée de palmiers et de vergers, d'où sourdaient autrefois les quelques cent-cinquante sources aujourd'hui malheureusement taries.
De là, on embrasse du regard l'immense tache verte de palmiers, véritable mer de 400 000 pieds, au-delà de laquelle s'étend imperturbable Chott el Djérid, ce vaste océan de sel changeant de reflets au fil des heures, créant un contraste frappant.
Il se trouve malheureusement que depuis quelque temps, et pendant plusieurs années, cette perle du sud tunisien a sombré dans l'oubli, pour être ingratement négligée et abandonnée à son triste sort. Les 150 sources qui jaillissaient du fond de cette vaste cuvette se sont taries, toutes, et cette eau bénie, froide et tiède, qui ruisselait à flots pour parvenir à bon port, jusqu'à la palmeraie, et y irriguer les quelques centaines de milliers de palmiers dattiers de l'ensemble de l'oasis, s'est volatilisée, hélas ! Depuis, ce paradis verdoyant, centre stratégique de la palmeraie de Nefta, véritable vivier génétique, grouillant de vie et de fraîcheur, n'est plus que l'ombre de lui-même, à l'aspect attristant et désolant ; les palmiers et les arbres fruitiers à l'éclat naguère étincelant sont dans un état pitoyable, souffreteux et desséchés ; toute cette sollicitude dont elle faisait l'objet, et tout le charme envoûtant qu'elle exerçait sur les nombreux visiteurs qui se succédaient sur la terrasse du café restaurant du même nom ou de celle du prestigieux hôtel Sahara Palace, tous deux aujourd'hui malheureusement fermés, pour admirer la splendeur unique du paysage, n'est plus qu'un rêve évanoui, une illusion perdue ; ce prestigieux site naturel est confronté actuellement à de sérieux problèmes, graves et lourdement préjudiciables : la pollution affecte certains de ses secteurs transformés en dépotoirs, la maladie de feuilles cassantes attaque certaines variétés sensibles, l'érosion progresse, l'urbanisation est rampante, les parcelles s'ensablent sous l'effet de la désertification, les terres sont abandonnées en raison de l'exode massif des jeunes en manque de motivation, les revenus agricoles sont en régression, l'affaissement des terrains découlant des inondations des années 90 a causé la rupture de plusieurs pistes et l'effondrement des bâtiments longeant la corbeille, etc…
Les projets de tous les espoirs
L'oasis de Ras EL Ayoun , d'un kilomètre de diamètre, est un véritable musée à ciel ouvert de la biodiversité oasienne, renfermant un patrimoine génétique très diversifié. D'une superficie de 22 hectares répartis sur 207 parcelles, dont 32 sont des terres nues et abandonnées, elle constitue un espace de verdure et de vie pourvoyeur d'emplois, et où effectivement trois cents emplois sont assurés. L'état d'abandon et de dégradation dans lequel elle a sombré durant presque deux décennies n'était guère digne d'un site aussi prestigieux. Fort heureusement, en effet, cette oasis a été récupérée à temps et prise en charge par le Club Unesco Alecso Nefta, créé justement en 2002 à cet effet, et qui n'a pas attendu longtemps pour passer à l'action. En 2003, un premier projet de réhabilitation de l'oasis de Ras El Ayoun s'étalant sur deux ans a été réalisé en collaboration avec l'Institut International de Ressources Végétales, le Fonds pour l'Environnement Mondial, l'Institut National des Recherches Agronomiques et le Centre de Recherches des palmiers Dattiers de Dégache. Puis en 2007, un deuxième projet de grande envergure de réhabilitation et de mise en valeur de la Corbeille, d'une durée de deux ans, vit le jour grâce à l'entrée en ligne d'autres parties au rôle déterminant au niveau du financement, en l'occurrence, le Fonds pour l'Environnement Mondial, la Principauté de Monaco et le ministère de l'Agriculture et des Ressources Hydrauliques.
Sept années après l'avènement du premier projet, une année après l'achèvement des travaux du deuxième, et au vu de l'état des lieux prévalant actuellement, tous les espoirs sont désormais permis, la métamorphose est réelle, et la satisfaction est quasi générale : l'eau bénie a repris son cours normal et son ruissellement d'antan ; l'écosystème recouvre son équilibre et la biodiversité ses spécificités ; l'oasis longtemps désertée redevient un espace de vie, de partage, de promenade de jour comme de nuit ; l'envie de retrousser les manches et de reprendre goût au travail est palpable et la motivation est de mise. Cependant, force est d'admettre que beaucoup reste encore à faire, au vu des nombreux problèmes qui demeurent d'actualité et des nombreuses questions sans réponses qui hantent les esprits : « Qui prémunira la Corbeille et tout ce qui y a été aménagé des risques éminents de l'affaissement des terrains découlant des précipitations ? Qui veillera à l'entretien et à la gestion de l'espace de l'oasis ? Qu'adviendra-t-il de ce don inestimable de la nature après tous les efforts et les sacrifices consentis ? L'argent venant à manquer au Club Unesco Alecso Nefta, aux responsables publics de prendre maintenant la relève pour veiller à la pérennité de l'acquis et sa durabilité, dans un contexte politique général favorable, faisant de la question du développement durable une priorité nationale majeure.
Et après ?
Tous les espoirs sont portés sur la municipalité de Nefta pour prémunir ce joyau rétabli dans sa dignité d'une seconde agonie, sur le ministère de l'Agriculture et des Ressources Hydrauliques pour peser de tout son poids de façon que cet espace de verdure et de vie conserve jalousement son patrimoine génétique, sa biodiversité et son savoir-faire local, et sur le ministère du Tourisme pour redorer le blason d'une ville qui s'est éclipsée de la scène touristique, qui se meurt touristiquement, lâchée par les professionnels du secteur. La Corbeille a fermé ses portes, trois hôtels ne sont plus d'actualité au moment où dans d'autres régions la tendance est à la construction massive, jusqu'à l'abus. Enfin, aux Neftaouis, aussi bien de l'intérieur que de ceux de l'exode, de s'intéresser au sort de leur ville et de contribuer à son essor qui tarde à venir, car Nefta, cette petite ville du Djérid, secrète et infiniment pieuse, altière dans son exotisme authentique, si belle et au charme évident, est en droit de connaître des jours meilleurs, une évolution rationnelle et mesurée, qui, cependant, ne devrait en aucune manière altérer cette douceur authentique qui lui est propre.


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