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«Poulet» frit ou «poulet» rôti ?
Du côté de la rue Bouzaïane
Publié dans Le Temps le 13 - 03 - 2011

Par Ahmed NEMLAGHI - Située en plein cœur de la capitale, la rue Bouzaïane donne sur l'Avenue Bourguiba, où se dresse le siège du ministère de l'Intérieur, la bâtisse qui a vu défiler des générations depuis qu'il a été érigé par les autorités coloniales.
L'un des pavillons de ce monument, se trouve dansla rue Bouzaïane, qui est, à première vue achalandée par différents commerces et immeubles à usage d'habitation ou de bureau.
Ce siège renferme plus d'un souvenir et mille et une aventures vécues par ceux qui y ont été conduits contre leur gré, pour y être torturés à merci, et pour cause : ce pavillon renferme les services de la police politique, connue sous l'appellation officielle de la brigade de la sécurité de l'Etat. Cette appellation inspirant la paix et la sécurité, cache insidieusement la torture et les exactions subies par des milliers de personnes dénoncées pour la simple raison d'avoir exprimé leurs pensées.
Cette police, n'est en fait que l'héritage de l'administration coloniale.
Celle-ci avait sa police politique qui épiait sans cesse les militants et tous ceux qui dénonçaient le régime colonial pour les conduire dans ces locaux équipées pour y exercer les pires exactions.
A l'époque, un grand nombre de militants étaient dans le collimateur et les agents de ce service très spécial, les talonnaient en suivant leurs moindres faits et gestes, grâce aux agents chevronnés, qui leur rendaient la vie infernale, avant de les conduire dans les locaux équipés des moyens de torture les plus odieux.
A l'avènement de l'indépendance, ce service a été maintenu et son effectif renouvelé par davantage de tortionnaires ayant le physique de l'emploi et ne reculant devant n'importe quel moyen pour faire subir les pires exactions à ceux qui étaient considérés comme des opposants ou des perturbateurs, voire des rebelles.
A cette période cruciale il y avait d'abord les yousséfistes, qui étaient persécutés là où ils se trouvaient.
Par la suite, il y a eu, au fil du temps, des opposants de tout genre, et le mal venait du fait qu'il n'y avait aucun parti d'opposition. Seul le parti socialiste destourien (PSD) avait voix au chapitre. Beaucoup de responsables à l'époque essayaient de convaincre de l'efficacité de la démocratie dans le parti unique, arguant que ce dernier est le parti auquel est rallié tout le peuple, prétexte pour rejeter toute idée du multipartisme.
Beaucoup d'entre les opposants ont été des hôtes VIP de ce pavillon, où différents menus leurs étaient proposés, et ils n'avaient qu'à fixer leurs choix.
Dernièrement un de ces hôtes a raconté à l'une des chaînes de la place les tortures qu'il a eu à subir lors de son arrestation pour « idées subversives ».
De l'arrachage des ongles, « au poulet rôti » position par laquelle le supplicié est maintenu attaché, comme le poulet qu'on passe à la tourne broche, tous les moyens sont bons pour le faire avouer.
Cela a empiré au cours du régime du président déchu, ce dernier connaissait parfaitement les lieux, ayant été pendant plusieurs années, directeur de la sûreté nationale, puis ministre de l'Intérieur. Il a eu donc l'occasion lui-même de veiller à ce que ce service de police spéciale soit de plus en plus renforcé et équipé de moyens les plus sophistiqués dans la torture sous toutes ses formes.
Une fois arrivé au pouvoir, et après avoir pratiqué des réformes soi-disant pour garantir certains droits, tel que la limitation de la période de la garde à vue, il a parallèlement, renforcé les prérogatives des agents de la police politique, en leur donnant les moyens nécessaires, afin qu'il puissent procéder à des écoutes tous azimuts.
Outre les écoutes téléphoniques par cette police, faites abusivement et sans autorisation préalable de la justice, il y avait la délation.
Dans les cafés, les lieux publics et même les lieux privés, dont notamment les facultés,
Les écoles et même les mosquées, on redoutait la présence des « becs verseurs » qui rapportaient tout ce qui se disait notamment contre le régime ou la personne même du président déchu.
A l'étranger, et au sein des amicales et des ambassades, il y a des agents de cette police politique dont le rôle est la délation.
Certes la présence de la police est nécessaire non pas pour espionner les citoyens et sanctionner leurs idées, mais pour veiller aux ennemis du pays qui peuvent venir de l'intérieur ou de l'extérieur dans la seule intention de nuire.
C'est la raison pour laquelle, la police de la sûreté, qui est une police de délation et de torture, a été dernièrement abolie par décret présidentiel.
A la bonne heure, et c'est un pavé supplémentaire sur la voie de la démocratie et de la liberté.


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