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Khalti El Akri, ma chère voyante
Publié dans Le Temps le 25 - 11 - 2012

Il y a quelques mois, j'ai eu une vision macabre. J'étais entre l'éveil et le sommeil quand j'ai reçu un mauvais présage.C'est comme si un malheur va s'abattre sur moi. Disons le carrément, j'avais le pressentiment que j'allais crever.Au vrai, dire, je suis apparemment en bonne santé. Mais, dans ces temps chambardés où l'home le citoyen ne sait plus à quel marabout se vouer, tout peut arriver :
un infarctus, un arrêt cardiaque, un accident. Dieu sait combien l'être humain est exposé à tous les dangers. Les risques de la vie quotidienne sont innombrables. La mort nous guette à tout moment.
Franchement, je ne veux pas mourir maintenant de toute façon pas avant que je réalise quelques projets qui me tiennent à cœur : la radio, une deuxième exposition de peintures..
Et pour tout vous dire, j'avais de gros soucis. Ma benjamine veut se marier fin juin 2012 j'a donné à ma femme plus de quinze mille dinars. Les larmes aux yeux, elle me réclame toujours plus d'argent. J'ai décidé de loger ma fille dans ma seconde villa qui est au premier étage mais le locataire tergiverse depuis février, prétextant ne pas trouver de maison convenable. Le locataire de ma résidence secondaire à la Soukra m'a prévenu qu'il quitte le domaine fin juin, donc, plus de loyer et en prime cette vision lugubre. Je suis vraiment dans de beaux draps.
Khalti El Akri
J'étais anéanti, désenchanté. J'avais la gorge nouée les nerfs à fleur de peau et la vue trouble. Je me suis pris la tête entre les mains et j'ai éclaté en sanglots. J'ai pleuré comme un enfant nouvellement sevré, puis j'ai séché mes larmes et j'ai décidé d'aller consulter Khalti El Akri ma voyante.
C'est ma voisine, elle habite à deux pas de chez moi. Ayant pris rendez-vous j'étais chez elle à dix heures je pénétrais dans une chambre sombre.
Assise sur un banc, la dame est imposante, un foulard vert lui couvrait les cheveux, vêtue d'une large robe rouge, belle, disons qu'elle a de beaux restes à plus de quatre vingt six ans, le visage rayonnant de petits tatouages embellissent son front et son menton. Devant la dame, ses outils de travail, un canoun, une louche, une boite cylindrique dont on a ouvert le couvercle et enlevé la base, un éventail, un pilon en cuivre et des morceaux de plomb en forme de roses de sable.
Pendant que sa belle-fille allume le canoun, sur ma demande, elle s'est mise à me parler de sa vie, de son combat pour subsister. Elle a travaillé comme cuisinière à l'école primaire de la résidence à la Marsa. Dans les années soixante, c'est elle qui nous servait tôt le matin, du lait chaud dans des tasses en aluminium.
Aujourd'hui, retraitée et sans salaire !!! Après sa disparition, son mari lui laissa une maigre pension de cent vingt dinars. C'est donc grâce à son don de voyance qu'elle vivote et entretient son fils Salem, la cinquantaine divorcé et chômeur.
La mort de sa fille aînée l'a marquée à jamais « j'ai tellement pleuré que j'ai failli perdre la vue », m'a-t-elle dit émue.
Plus ma voyante me parlait d'elle de ses malheurs et de ses soucis, plus elle grandissait à mes yeux.
La voyante au travail
Enfin, sa belle fille apparaît et pose le canoun sur une tablette devant la voyante.
Alors, la vieille dame saisit des morceaux de plomb et les met dans la louche qu'elle enfonce dans les braises ardentes du canoun, pose la boîte qu'elle appelle « tassette el canoun », par-dessus le plomb et avec son éventail elle attise le feu. Une fois le métal fondu elle reprend sa louche et verse le liquide blanc argenté dans le pilon à moitié plein d'eau ; Le liquide en se solidifiant prend la forme de la rose de sable ensuite, elle retire avec soin sa « rose de plomb » et commence à la scruter scrupuleusement tout en la tâtant comme un archéologue manipulant une vieille pièce découverte, dans les ruines d'un vestige ancien : « Tu est très énervé... tu dois te calmer... tu es très fatigué ».
L'argent manque... Tu as de gros soucis... Ta femme, la pauvre, elle est affolée, ménage-la. Le locataire refuse de quitter la maison... Aïe ! Aïe ! On dirait que le ciel va te tomber sur la tête mais ne t'inquiète pas demain il fera beau » m'a-t-elle dit par bribes et se tut. Elle remet « la rose de plomb » dans la louche et refait les mêmes gestes : c'est presqu'un rite. La dame en sueur, a fait fondre le métal trois fois et à chaque fois elle rajoute des informations, des détails sur ma vie privée, on dirait qu'elle habite parmi nous.
« Ne te fais pas de mauvais sang, me rassure-t-elle... Tu vas toucher une grosse somme... Peut-être un héritage ou un prêt... Le locataire du dessus va partir mais vous vous présenterez tous les deux devant un juge... La villa de la Soukra sera louée prochainement... Je vois un beau mariage à l'horizon... Ménage tes forces, « Lebèsse », je t'assure ya Fethi qu' « Inchallah » tu seras comblé. Les paroles réjouissaient mon cœur. Ouf ! Quel soulagement !
Khalti El Akri un vrai psychologue
Il y a dix ans, Khalti El Akri a dit à ma fille Ahlem, licenciée en psychologie clinique, qu'un proche parent, travaillant à l'étranger et tenant une valise à la main viendra demander sa main. Ma pauvre fille a beau chercher. Rien, car le seul proche parent qui travaille à l'étranger c'est son cousin.
Zouheïr mais il est déjà marié et a une jolie fille de dix ans. Il vivait à Milan. Eh bien, c'est de lui qu'il s'agit justement. Il divorce quelques temps après et viendra demander la main de ma fille, tenant une valise qui contient son ordinateur, son outil de travail, c'est vraiment époustouflant. La consultation a duré une heure pour dix dinars. Sorti de chez-elle, j'étais soulagé, réconforté, apaisé. Alors que le psychiatre que j'ai consulté il y a six ans quand j'étais surmené. Il m'a, tout de suite, donné un mois de repos sans me poser de questions, sans se soucier de mon état psychologique. Il s'est mis à rédiger un bulletin sans rien dire. La consultation n'a pas duré dix minutes pour quarante cinq dinars. Franchement c'est de l'escroquerie et de la tricherie. Ma voyante est une psychologue née doublée d'une pédagogue. Elle qui n'a jamais mis les fesses sur un banc d'écolier sait vous ménager et vous donner de l'espoir. Quand elle parle, vous vous croirez devant une universitaire, une psychiatre aguerrie.
En sortant de la maison de ma voyante, mon voisin, Mouldi m'a aperçu alors il m'a abordé en me disant : « je n'en crois pas mes yeux ».
Vraiment tu m'étonnes ! Toi, l'instit cultivé tu consultes les voyantes ?
«" Me lança t-il sereinement « Ya si El Mouldi, ne t'étonne de rien. Moi, je suis comme ça. Dès mon enfance, j'ai connu les déguèzettes. Mes grandes-sœurs Najiba, Aïcha et Radhia, dès qu'elles entendent « Hai Edéguèze ! » elle se précipitent vers la porte et appellent la voyante en mèlia, car chaqu'une meurt d'envie de savoir quand le prince charmant va venir et l'emmener sur son cheval blanc. Je suis peut être naïf et nostalgique, mais moi le voyantes je les aime bien. Mouldi a hoché la tête et est parti.
A vrai dire, mon histoire avec les voyantes est longue et amusante.
Mes chères voyantes
En 1987, un type a volé ma voiture neuve que j'ai ramenée de Paris, dix-sept jours se sont écoulés et ma voiture est introuvable.
Un jour, un ami me propose de m'emmener voir une voyante à Aïn Sobh, à Aïn Draham. Aussitôt dit aussitôt fait.
Tout ce que m'avait dit Khalti Oum El Khir s'est avéré par la suite vrai.
C'est une histoire à vous couper le souffle.
Par la suite, j'en ai connu d'autres.
Aroussia Balbouli, une charmante dame noire, installée à Choutrana, un bijou, Foukiya l'égyptienne à Cité Errabiï, son truc c'est ce qui reste de votre café. Khalti Zina, la femme de Zanna, à Djebel El Khaoui, décédée, elle était la meilleure.
Il fait vivre...
Une fois, en remplissant les cases d'une grille de mots fléchés, je suis tombé sur une définition pertinente : « Il fait vivre » six lettres. Je me suis dit oxygène c'est trop long alors aliment, trop long aussi.
Bref, c'était : ESPOIR. En effet l'espoir fait vivre, sans espoir on est foutu.
Ilya Abbou Madhi n'a-t-il pas dit :
Ma voyante est une dame positive, pleine de vie. Elle vous donne de l'espoir.
Même si vous êtes abattu, à bout, après consultation, vous la quittez, réconforté rassuré.
La voyante a bien vu
Croyez-moi on ne me croyez pas, eh bien, tout ce que m'a dit Khalil El Akri s'est réalisé à court et à long terme.
Le locataire du premier étage a déguerpi sur ordre de justice, j'ai dépense plus de cinq cent dinars pour payer l'avocat, le notaire et l'huissier de justice. Me a benjamine s'est mariée en grande pompe et s'est installée avec son prince charmant dans ma ville du dessus.
Un nouveau locataire a occupée ma résidence secondaire de la Soukra. J'ai vendu ma part d'héritage pour une belle somme.
Aujourd'hui, la vie me sourit, je suis bien dans ma perdu. Je me sens rajeuni. Chaque matin, je fais du jogging et je me baigne à la mer de Sidi Abdelaziz ( même aujourd'hui le 22/11)
C'est grave à Dieu mais aussi grâce à Khalti El Akri qui a su me réconforter me conseiller et me donner de l'espoir.
Je peux affirmer qu'avec son plomb, elle m'a remis d'aplomb.
Merci chère voyante, je serai t'on fidèle client tout que je vivai, n'en déplaise à mon voisin si El Mouldi


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