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Lettre à M. Gannouchi et disciples
Au nom de la légitimité électorale
Publié dans Le Temps le 01 - 03 - 2013

Au nom de cette légitimité électorale dont vous usez à tout bout de champ, vous tenez un pays en haleine, et son peuple en otage, ce grand peuple, seul à qui revient le mérite de vous avoir permis de regagner vos bases et de réintégrer vos rangs., ce peuple souffre en silence ; son malaise est à son paroxysme ; son désespoir est immense et indescriptible.
Ce pauvre peuple qui a mené la plus belle des révolutions dont il n'a pas encore savouré les fruits, qui a naïvement trop tôt chanté victoire, en se croyant s'être débarrassé à jamais de la dictature, de la corruption, du népotisme, peine à retrouver sa sérénité et le sourire et ne voit pas encore le bout de ses maux. Le pouvoir et l'autorité que vous aimez tant sont, à vos yeux, plus chers que le bonheur de ce peuple, que son salut qui tarde à venir, que la justice, que la liberté. Pendant que notre pays peine à retrouver ses repères, avec son économie chancelante, sa situation sécuritaire préoccupante, le pouvoir d'achat dégringolant de ses sujets, vous n'avez d'yeux que pour votre gloire. Depuis votre avènement au trône, vous nous donnez l'impression que vous voulez régner en maîtres absolus des lieux, que vous n'avez qu'un seul projet en tête, celui de façonner notre pays à votre guise, d'imposer un modèle sociétal qui ne sied qu'à vous et à vos semblables. Au lieu d'œuvrer à consolider l'union sacrée, vous avez tout fait, dans votre course effrénée au pouvoir, pour le diviser, pour le désunir, pour semer en son sein la discorde, la haine et la rancœur. Vos discours depuis, comme ceux de vos semblables, teintés souvent d'hypocrisie et de fausseté, ne sont plus pour lui suffire, ni pour le rassurer. Ils véhiculent des appels à l'exclusion, à la vindicte et à la malédiction. Pis, nos mosquées, lieux de culte et de recueillement, espaces de sérénité, de grandeur d'âme et de la belle parole, sont devenues, en si peu de temps, des lieux de prédilection pour les prêcheurs de mauvaise foi pour diffuser incessamment des discours odieux, indignant et condamnables qui ne sont que pour attiser les fureurs et les tensions des uns contre les autres, que pour dresser les Tunisiens les uns contre les autres. Vous avez excellé dans l'art de l'excommunication dont vous vous êtes servis royalement pour jeter le discrédit sur vos concurrents aux élections précédentes et gagner en sympathie, et d'où vous continuez à puiser vos forces en prévision des échéances futures.
Lorsque M.Hamadi Jébali, le chef du gouvernement et le secrétaire général de votre propre parti, secoué par le lâche assassinat du martyr Chokri Belaïd, a, le jour-même, lancé son initiative, au lieu de la saisir à deux mains, vous avez tout fait pour la faire avorter à la naissance, vous vous êtes démenés pour ameuter à la cause la cohorte de vos disciples et de vos partisans qui ne vous sont qu'allégeance et loyauté inconditionnelles, qui ne savent que oui dire, que vous suivre à la lettre, aveuglément, sans foi ni conscience ; n'êtes-vous pas leur guide suprême ? En lui tournant le dos, en persistant dans votre entêtement faussement hautain et révoltant, vous avez tué une lueur d'espoir à sa naissance chez tout un peuple désespéré, une lueur qui a illuminé, le temps de quelques jours, son horizon assombri. Au lieu de le soutenir dans son initiative appuyée pourtant par la majorité des opposants et des composantes de la société civile et qui aurait pu redonner confiance à ce pauvre peuple et le rassurer, vous avez tenu à votre sacro-sainte légitimité électorale pour vous agripper sans relâche au pouvoir. De l'intérêt suprême de la nation, des maux de ce pauvre peuple qui souffre, de la joie de vivre de vos concitoyens, des besoins des démunis et des nécessiteux, des attentes insatisfaites des demandeurs d'emplois, de la peur des citoyens de la violence en recrudescence dans notre pays, de la situation des libertés, de la quête inassouvie de la justice, de la véritable justice, vous faites trop peu de cas.
Au moment où la Tunisie quasi entière pleurait la disparition tragique du martyr Chokri Belaïd, ce grand militant hors-pair , que ni vous, ni celles ou ceux qui vous ressemblent ne chérissaient, car sa voix, son audace, son franc parler vous dérangeaient et n'étaient pas certes pour vous plaire, vous n'aviez d'autres soucis en tête, rancuniers comme vous êtes, que d'effacer de la mémoire les images impressionnantes de cette marée humaine en mouvement, que d' atténuer l'ampleur de l'impact indélébile de la marche solennelle de ces centaines de milliers de citoyens libres, descendus spontanément, mus par l'énormité de la perte pour rendre un dernier hommage à celui qui était la voix de leurs âmes meurtries, de leur espoir brisé, que l'illustration des principes et des idéaux auxquels ils aspiraient. Vous n'avez pas pris la peine d'attendre que les larmes de la brave veuve, de ses enfants, de ses proches sèchent pour concrétiser votre vile action, puisque le lendemain vous étiez déjà dans l'avenue Habib Bourguiba, à scander des nullités, à criailler, à pérorer, fidèle à cette bassesse qui vous est devenue désormais coutumière. Vous n'étiez que trop peu, en comparaison à vos prévisions ; vous êtes tombés dans votre propre piège pour vous faire, en somme, ridiculiser et faire vouer votre épreuve de force à un échec cuisant.
. Vous faites fi des règles élémentaires du jeu démocratique. L'Opposition à vos yeux, n'a aucune raison d'être, et si elle y est, ce n'est que pour vous voir agir et vous laisser faire. Autrement, elle est taxée de tous les torts, et la théorie du complot lui colle incessamment au dos, tel un leitmotiv. Vous avez cherché par tous les moyens à minimiser son rôle, à marginaliser son apport plus qu'évident dans cette phase cruciale de transition et d'apprentissage qui exige l'implication de toutes les forces vives du pays, sans exclusion. Les médias sont, à leur tour, malmenés et diabolisés ; vous avez mobilisé vos troupes pour mener une guerre sans relâche contre la presse écrite et audiovisuelle ; vous avez tout fait pour la rallier à votre cause, comme de triste souvenir, pour l'assujettir à vos caprices pour louer jour et nuit vos prouesses et vos réalisations, mais à défaut de succès, vous avez trouvé des individus, ceux-ci mêmes qui, sortis de l'ombre après la délivrance du 14 janvier, se sont mêlés opportunément aux bandes des braves pour les supplanter et s'ériger en « protecteurs » de la Révolution, puis vous les avez chargés de jeter l'anathème sur les faiseurs de l'information, de les réduire au silence pour vous déblayer la voie.
En somme, la Tunisie entière n'est plus aujourd'hui qu'un pays titubant au gré des circonstances, tel un bateau ivre, sans gouvernail, errant au gré des vents, risquant à tout moment de chavirer et de couler, qu'un vaste chantier ouvert en suspens entravant sérieusement son épanouissement escompté et l'avènement de sa renaissance. Ce grand peuple de Tunisie, sorti héroïquement scander à l'unisson la formule bellement improvisée« Dégage » au nez du régime déchu de Ben Ali, s'attendait à vivre des jours meilleurs, à connaître un avenir radieux et prometteur, à respirer de pleins poumons l'air de la liberté et de la démocratie, mais, contre toute attente, le voilà replongé dans l'incertitude du lendemain, dans la peur de l'immédiat et la panique du flou ambiant. Ayez pitié de ce pauvre peuple, prenez conscience de ses maux, renoncez vite à vos magouilles politiciennes, à vos calculs réducteurs ; vous détenez légitimement les rênes du pouvoir, alors faites-en bon usage pour le seul intérêt suprême de ce pauvre peuple plein d'aigreur et de désespoir, au nom de qui vous dites parler.


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