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Ça y est, on a trouvé la solution: les dépotoirs sauvages
Publié dans Le Temps le 14 - 08 - 2014

Jamais affaire d'intérêt commun à Djerba n'a fait couler autant d'encre, n'a pris autant de temps pour ne pas être résolue, et n'a causé autant de confusion et de division au sein d'une population désorientée et désemparée. La dernière réunion en date du samedi 26 juillet 2014 tenue au siège du gouvernorat de Médenine au sujet de la crise des déchets à Djerba devait apporter une solution au problème épineux de l'amoncellement et de la prolifération des ordures à Djerba et mettre fin à ce feuilleton de mauvais goût qui n'a fait que trop durer. A vrai dire, on nourrissait beaucoup d'espoir sur cette réunion de la dernière chance, pour faire sortir Djerba du marasme persistant. On devait annoncer un plan de sortie de crise, englobant des solutions à court terme à mettre en œuvre dans l'immédiat consistant prioritairement à éliminer tous les foyers d'amoncellement des ordures et à les acheminer vers plutôt des décharges contrôlées, et d'autres à moyen et long termes résidant dans le déblaiement du territoire de l'île de tous les dépotoirs de fortune créés pour la circonstance et l'adoption d'un projet intégré des déchets solides inspiré des scénarii proposés dans le cadre de l'étude menée, sous la modération de l'Anged, par les experts de la GIZ, et qui devrait en finir définitivement avec ce mode opératoire de gestion des déchets ayant prôné l'improvisation hasardeuse lourde de conséquences.
La réunion de toutes les déceptions
On s'attendait de ladite réunion que des solutions de toute urgence, courageuses, rétablissant l'autorité de l'Etat sérieusement compromise, fussent annoncées pour entrer en vigueur dès le lendemain ou le surlendemain, au plus tard. Mais rien de tel ne s'est produit, et à l'instar de toutes les autres réunions tenues au plus haut niveau depuis plus de deux ans, on n'a eu droit qu'à des promesses de projet semblables en tous points à leurs devancières, et on n'a donné aux Djerbiens qu'à continuer à rêver. Mais à voir le bout du tunnel, mais à ne plus avoir à côtoyer les montagnes d'ordures et à inhaler les odeurs nauséabondes sinon la fumée nocive des détritus brûlés, ils peuvent encore attendre et se convaincre qu'ils n'ont droit en revanche qu'à espérer. Comment peut-il être autrement quand une réunion d'un si haut niveau, intervenant à un moment fatidique, censée apporter des solutions immédiates, à moyen et long termes, rationnelles, susceptibles de rassurer, débouche sur des mesures aussi insensées, aussi graves et aussi débiles que celle, entre autres, de se servir de cinq sites sur le territoire de l'île pour en faire des dépotoirs sauvages. Les marchands des dépotoirs sauvages, qui ont vu leur commerce fleurir ces derniers temps, ont charcuté à leur aise le territoire de cette pauvre île meurtrie, sa campagne en particulier ; voilà les officiels de l'Etat qui leur emboîtent le pas, qui cautionnent l'atteinte à l'environnement, la nuisance, en somme, dans sa plus belle démonstration. Car il a suffi, au cours de la réunion, qu'un présent se disant parler au nom du parti Ennahdha de Mellita fasse part de la proposition de la multiplication des dépotoirs en guise de solution et de son engagement à veiller à sa mise en oeuvre, pour que presque tous les présents, responsables de l'Etat compris, s'y rabattent et qu'ils l'adoptent illico presto. Comble du paradoxe et de l'ironie du sort ! Est-ce à ce point l'impuissance des autorités à présent pour daigner s'allier même au diable et accepter la première venue des propositions, quelque ignoble qu'elle soit, pourvu que les « mauvaises » langues se taisent ? Est-ce à ce prix qu'on fait payer à Djerba et à sa population leur patience face au mal sévissant et leur stoïcisme ? Après deux ans et demi d'attente et d'endurance, de va et vient, de pourparlers ininterrompus, c'est tout ce qu'on a trouvé de mieux à proposer pour sortir de la crise ? La délégation spéciale de Houmt-souk, objet de toutes les médisances, ses membres taxés de tous les noms, ont eu le mérite, au moins, en dépit des limites de leurs pouvoirs, de puiser dans le protocole de jumelage liant le gouvernorat de Médenine au Département de l'Hérault pour finaliser l'accord de mise en place d'un projet pilote de valorisation des déchets par la création d'un mini centre de compostage favorisant l'approche du tri séparatif préalable, qui devait être opérationnel au mois de juillet 2014 et qui aurait pu atténuer considérablement l'ampleur de la crise, bien plus encore, amener les habitants à reconsidérer leurs comportements vis-à-vis des ordures. Hélas ! Voilà une expérience pilote avortée à sa naissance par une poignée d'individus mus par on ne sait quel dessein caché, qui se sont acharnés sur la délégation spéciale de Houmt-Souk et qui ont trouvé des gens qui leur prêtaient l'oreille et pour les croire, accusant de tous les torts son président et ses membres connus de tous par leur intégrité morale et leur impartialité.
Statu quo navrant et révoltant
Où en somme-nous aujourd'hui, trois semaines après la tenue de la réunion de toutes les déceptions? Est-on sorti de l'impasse ? A-t-on résolu la crise de l'amoncellement des ordures ? Les fumées étouffantes des déchets brûlés ont-elles cessé de remplir l'air, de jour comme de nuit, et d'envahir sans coup férir les foyers ? Assurément pas malheureusement. Quand les organisateurs de la réunion à l'échelle du gouvernorat n'ont pas jugé utile d'inviter un représentant de la délégation spéciale de Houmt-Souk, encore en exercice même si démissionnaire, ni le président de l'environnement au sein de la même commune, qui est en toute logique le mieux placé et le plus informé pour parler de la question de la gestion des déchets dans sa commune et pour veiller à la mise en œuvre de toute(s) solution(s) ou mesure(s) émanant de la réunion, tout laisse à croire qu'il y avait anguille sous roche, que les dés étaient jetés avant terme et qu'il y avait quelque part une mise en scène de mauvais goût. Où sont passées maintenant toutes ces voix insensées qui montaient en puissance, incitant à la discrimination et au régionalisme, et ces plumes de la médisance visiblement rassasiées après la démission de la délégation spéciale dont elles voulaient la tête depuis belle lurette, et à tout prix ? Où est maintenant l'auteur de la fameuse proposition qui s'est engagé, au nom de son parti, à tout mettre en œuvre pour assurer la mise en décharge des ordures de Houmt-Souk ? Qu'attendent pour intervenir les parties chargées du suivi et de l'application des clauses de l'accord conclu, maintenant qu'il y a bel et bien manquement aux engagements tenus lors de la réunion ? M.Mongi Ben Abdallah, le directeur de l'environnement, ne sait plus sur quel pied danser, lâché, sans contact, ni soutien, ayant à traiter seul avec les contestataires, subissant des revers à répétition à chaque tentative d'aborder un site des cinq proposés lors de la réunion, à laquelle bizarrement il n'a pas été appelé à prendre part. Entre temps, dans ce contexte de haute saison touristique et d'affluence exceptionnelle sur Djerba, les autorités continuent de dormir sur leurs lauriers, laissant à l'abandon, sans délégué, sans maire et sans conseil municipal, une ville de la dimension de Houmt-Souk soumise de ce fait à un vide institutionnel chèrement pénalisant pour les citoyens qui ont affaire à la commune, pour une raison ou une autre, depuis vendredi 07 août, date de l'entrée en vigueur de l'échéance de la démission.


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