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Oxfam appelle la Tunisie à mettre fin aux inégalités extrêmes
Publié dans Le Temps le 04 - 11 - 2014

Au-delà des perceptions, les inégalités sont une réalité frappante en Tunisie. La polarisation régionale
a par exemple augmenté de 30% entre 2000 et 2010
« Au lendemain des élections législatives déterminantes pour l'avenir du pays, il est impératif
de procéder à des réformes économiques substantielles permettant de lutter efficacement
contre les inégalités en Tunisie. La nouvelle Assemblée élue devrait s'assurer que les projets
de lois en cours et futurs réduisent véritablement les inégalités »
Dans son dernier rapport intitulé : « à égalité : Il est temps de mettre fin aux inégalités extrêmes », l'organisme de développement OXFAM jette la lumière sur l'explosion des inégalités dans le monde et présente son plan d'actions pour mettre un terme à ces inégalités qui n'épargnent ni les nantis ni les plus pauvres.
« Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse rapidement et les inégalités économiques atteignent des sommets. Les conséquences sont corrosives pour tous. Les inégalités extrêmes corrompent la politique, freinent la croissance économique et entravent la mobilité sociale. Elles alimentent le crime et même des conflits violents. Elles dilapident les talents, anéantissent le potentiel et minent les bases de nos sociétés », note le rapport d'OXFAM. Le nombre de milliardaires a plus que doublé depuis la crise financière pour toucher 1645 personnes contre 358 millions de personnes vivant dans l'extrême pauvreté.
Le capitalisme sauvage et la mainmise des élites sur le monde politique
Selon Oxfam taxer la fortune des milliardaires de 1.5% seulement aurait pu sauver 23 millions de vies dans les 49 pays les plus pauvres.
Au-delà des chiffres et de la réalité frappante des inégalités extrêmes observées dans plusieurs pays dont la Tunisie, OXFAM a mis l'accent sur les origines ou la recette des inégalités actuelles. Le capitalisme sauvage serait selon l'organisation de développement la cause des inégalités extrêmes. Le désengagement de l'Etat des activités économiques nuit à la régulation du marché et aux politiques fiscales nécessaires pour maîtriser les inégalités. « L'un des défauts du capitalisme sauvage est qu'il n'accorde aucune attention à la répartition des revenus ou la notion d'une société bonne ou juste », affirme Joseph Stiglitz
Toujours selon le même rapport, l'adoption d'un modèle économique standard décrété par les institutions de Bretton woods serait également derrière l'éclatement du fossé entre riches et pauvres. Les auteurs du rapport parlent d'une douche froide de dérégulation, de privatisation, de libéralisation et des réductions drastiques dans les dépenses publiques, imposée par la Banque mondiale et le fonds monétaire depuis la hausse des endettements des Etats à travers le monde pendant les années 1980 et 1990.
Outre le capitalisme sauvage, le rapport avance un autre déterminant des inégalités extrêmes. Il s'agit de la mainmise des élites sur le monde politique. Les élites sont les personnes qui dominent la hiérarchie sociale, économique ou politique d'un pays et ce à la faveur de leur richesse ou de leur influence politique.
« L'influence excessive que parviennent à exercer les élites sur la politique, la législation, les institutions et le débat public afin de s'assurer qu'ils servent leurs intérêts particuliers plutôt que ceux de la société dans son ensemble. Cela a trop souvent conduit à une défaillance des Etats vis-à-vis de leurs citoyens », souligne le rapport. Un système qui génère les laissés pour compte et alimente la corruption
Faire travailler les Etat pour les citoyens
Pour réduire les inégalités, OXFAM préconise un certain nombre de points dont la généralisation des services publics comme l'éducation et les soins de santé sont essentiels, l'allégement des impôts, la réduction de l'inégalité du genre. Autres suggestions : verser aux travailleurs un salaire décent et combler le fossé inhérents aux primes vertigineuses des dirigeants, rendre les services publics gratuits et universels d'ici 2020, mettre en place un socle de protection sociale universelle, cibler le financement du développement, renforcer les relations entre les citoyens et leur gouvernement, faire travailler les Etats en faveur des citoyens et lutter contre les inégalités extrêmes et partager équitablement la charge fiscale pour uniformiser les règles du jeu.
Ainsi le rapport d'Oxfam, qui bénéficie du soutien de Graça Machel, Kofi Annan et Joseph Stiglitz parmi de nombreuses autres personnalités, donne le coup d'envoi d'une nouvelle campagne d'Oxfam faisant pression sur les responsables politiques du monde entier pour qu'ils passent des paroles aux actes et mettent en place des systèmes plus équitables, y compris pour les plus pauvres. La Tunisie en est l'exemple type d'un pays où dominent les inégalités, une perception très élevée des inégalités extrêmes est observée chez le peuple tunisien, engendrant le soulèvement de janvier 2011. OXFAM compte aujourd'hui sur le prochain parlement pour réduire les inégalités qui persistent encore en Tunisie post-Révolution.
L'exemple tunisien
Les ingrédients ayant poussé le peuple tunisien à se révolter en 2011 sont toujours présents. Les inégalités demeurent leur premier grief d'indignation. Selon l'enquête internationale du Pew Research Center d'avril 2014 portant sur la perception des inégalités économiques par des populations de 46 pays dans le monde, 77% des Tunisiens questionnés ont déclaré que les inégalités entre les pauvres et les riches constituaient un problème d'une priorité absolue, ainsi qu'un défi majeur à relever dans la conduite des politiques publiques. La Tunisie se trouve ainsi placée en troisième position sur les 46 pays faisant l'objet de l'enquête, juste derrière la Grèce et le Liban.
« Au-delà des perceptions, les inégalités sont une réalité frappante en Tunisie. La polarisation régionale a par exemple augmenté de 30% entre 2000 et 2010. L'investissement public dans les régions de l'intérieur n'atteint toujours pas les niveaux permettant l'accès des populations à des services publics de qualité comparables à ceux des régions côtières» déclare Manal Wardé, Directrice Maghreb d'Oxfam.
« Au lendemain d'élections législatives déterminantes pour l'avenir du pays, il est impératif de s'attaquer à des réformes économiques substantielles permettant de lutter efficacement contre les inégalités en Tunisie. La nouvelle assemblée élue devrait s'assurer que les projets de lois en cours et futurs réduisent véritablement les inégalités » conclut Manal Wardé, Directrice Maghreb d'Oxfam.


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