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Le prophète de l'islam et ses califes par Khaled Ridha
Publié dans L'expert le 10 - 09 - 2012

L'auteur s'est appliqué, en consultant les commentateurs coraniques et de hadiths, les auteurs de la Sira (biographie du Prophète) des trois premiers siècles de l'islam, à décrire les sociétés médinoise et mecquoise dans leur diversité, le premier cercle de l'entourage du Prophète et de ses quatre successeurs « rachidites », les cadres tribaux des Qoraïchites et des Banu Ommeyya s'érigeant en aristocratie, les commerçants de la classe moyenne et le Tiers Etat de l'époque, bédouins, paysans, affranchis s'engageant dans l'armée et enfin les esclaves.
L'originalité de cette recherche sociologique permet au lecteur d'acquérir les clés de compréhension de la société arabe d'aujourd'hui, aussi bien les raisons de la pérenne « fitna » (lutte constamment renouvelée entre sunnites et chiites) et de la constante injuste répartition des richesses entre classes dominantes utilisant la religion pour garder le pouvoir et le peuple oppressé à la recherche d'une meilleure gouvernance.
Au début, le message du Prophète Mohammed, issu d'un clan pauvre de la tribu qoraïchite qui domine La Mecque depuis l'an 440, recommande l'égalité entre les hommes, le soutien aux pauvres et la répartition des richesses, comme le montrent les citations du Coran et des hadiths. La période « justicialiste » des deux premiers Califes (632 à 644), Abou Bakr puis Omar, permet aux commerçants de diriger le pays et de maîtriser l'expansion très rapide des combattants musulmans aux dépens des anciennes principautés yéménites et des marges des Empires sassanide et byzantin ; ils devront gérer des revenus considérables en provenance des territoires conquis qui disposent de terres cultivées considérables.
Avec le calife Osman (644-656), c'est le retour au pouvoir des membres de l'aristocratie bédouine tandis que ceux du clan omeyyade ainsi que les proches du Chef de l'Etat bénéficient de dons considérables. Ce dernier, qui confondait les caisses publiques avec la sienne, deviendra impopulaire et sera assassiné comme son prédécesseur et son successeur.
Ali, cousin et gendre du Prophète écarté à toutes les élections précédentes, est reconnu pour son honnêteté et ses options égalitaristes ; il tentera de mettre à l'écart sans succès les profiteurs du régime d'Osman, les gouverneurs d'Egypte, Amr Ibn El As et de Syrie Moawiya, nommera pour la première fois des Médinois aux postes-clés, prônera l'égalité entre Arabes et non-Arabes, entre musulmans et non-musulmans (« Dhimmis »), aidera bédouins, paysans et laissés pour compte, luttera pour la fragmentation des grands domaines fonciers usurpés par les aristocrates mecquois afin de les répartir entre agriculteurs pauvres, mais les luttes internes, la parodie d'arbitrage lors de la bataille de Siffin et finalement le meurtre du calife transformeront l'Etat en une possession dynastique qui n'était pas prévue par le message prophétique.
Les motivations des combattants diffèrent selon la classe sociale ; les aristocrates veulent conquérir de nouveaux fiefs, les commerçants s'enrichir et les nomades acquérir du butin comme avant l'islam. M. Khaled Ridha développe par contraste les éléments d'une philosophie sociale coranique, qui ressemble à une « théologie de la libération » : il montre combien le texte sacralisé voudrait faire éviter les écarts sociaux en interdisant la monopolisation, en faisant de l'Etat le seul propriétaire des sols, en contrôlant les gouverneurs, en recommandant le traitement équitable des esclaves et en recourant à un seul impôt, la Zakat, qui ne servirait qu'à répartir les richesses afin d'éradiquer la pauvreté.
C'est sans surprise que l'auteur constate l'enrichissement illicite des gouverneurs et de leurs clients, le statut discriminatoire des populations conquises, l'islamisation des féodaux étrangers pour conserver leurs richesses. Des révoltes sociales comme celle d'Abou Dharr, grand ami d'Ali ou des réformes comme celle du même Ali, n'aboutiront pas, car Osman avait déjà libéré les notables de leurs liens juridiques et religieux qui limitaient l'accumulation des richesses et la superficie des propriétés foncières. En fait, depuis le siècle, quand aura été bouclée la législation islamique, le pouvoir restera dans les mains de ceux qui défendent le despotisme, l'orthodoxie, le mimétisme et la tradition déviée de son enseignement initial.
Nous découvrons ainsi les raisons lointaines de l'échec récent des « Printemps arabes » et de la victoire des mouvements islamistes et réactionnaires. Ce qui fait le grand intérêt de cet ouvrage.
La plus grande partie de la bibliographie porte sur des ouvrages en langue arabe des auteurs des premiers siècles de l'islam ; en français ne sont cités que l'Encyclopédie de l'islam, Les Hommes de l'islam de Louis Gardet et générale du socialisme de J. Droz (1970).

Christian Lochon


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