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Kaddafi, en fossoyeur forcené de la liberté
Publié dans L'expert le 15 - 03 - 2011

Où sont les organisations non-gouvernementales? Qui nous protègera contre les raids aériens? Qui nous aidera à nous débarrasser du maître de Tripoli? Qui nous mettra à l'abri de sa folie furieuse?
Ce sont là des interrogations qui montent lancinantes des tréfonds de cette terre libyenne que Kaddafi et ses enfants sont en train de transformer en une terre brulée où l'odeur du sang et des chairs calcinées asphyxie les grandes valeurs humaines. Se peut-il que le monde arabe soit l'objet d'une terrible malédiction, celle qui donne droit à un homme flanqué de toute sa famille d'usurper à son profit le pouvoir, d'en priver le citoyen et de ne l'offrir, en cas de sa mort ou de son incapacité physique et mentale, qu'à ses héritiers. A charge, pour ces derniers, de le transmettre à leurs descendants et ce jusqu'à la consomption des siècles.
Pour nombre de Libyens, le terme qui vient à l'esprit à partir de cette introduction est celui de folie. Qu'est-ce la folie? La folie se définit par le comportement qu'elle induit chez celui qui en est atteint. Ce comportement échappe au contrôle de la raison et du bon sens. Du coup, le malade se coupe de la réalité et se meut dans un univers mental où tout est désordre, gâchis, confusion.
Prenons un exemple. Au lieu d'appeler son peuple au dialogue et à l'exercice de la raison, Kaddafi le somme à aller au devant (avanti! Chez Mussolini) des manifestants pour les exterminer jusqu'au dernier. L'essentiel est que survivent lui et sa famille à la tête d'un néant glacial où il n'y a plus de conditions permettant la survie. Par cette démarche insensée (qui a perdu le sens des choses), il se condamne à la mort. Et, partant, il condamne sa patrie à disparaître de la carte de la planète. Puisqu'il n'y aura plus qu'un désert privé de son pétrole (qui aura entretemps brûle entièrement) et, bien entendu, privé d'eau. Bref, un désert pire que le fameux Robaâ El Khali saoudien.
La folie, avons-nous dit, se caractérise par une gestuelle, un verbe et une vêture qui ne répondent à aucune norme. Les gestes se déploient dans l'espace avec beaucoup de virulence. Le verbe est fulminant, ponctué de silences qui se veulent lourds de sens, mais qui ne sont, en réalité, que des affaissements de l'âme. Au plan de la vêture, on se demande si Kaddafi n'est pas en train de se prendre pour un génial couturier puisque la collection d'habits qu'il porte est d'une variété ahurissante de styles, de modes, de formes et de couleurs.

Une guerre monstrueuse
De toute évidence, cela traduit des tares dévastatrices quand on a la charge d'une nation. Et surtout d'une nation qui aura cultivé dans son mode d'être et de vivre les valeurs qui rythment la vie d'un bédouin. Culte du courage, endurance, sobriété, frugalité, etc.
Le premier défaut qui apparait avec netteté c'est le narcissisme. L'homme ne cesse de se regarder dans son nombril qu'il confond allègrement avec le centre du monde. Il se plaît à se regarder vivre, cloitré dans le cercle étroit de son égo, ignorant ainsi le large, ce large sans lequel la personnalité se flétrit, se dépérit, et enregistre un bon coup de vieux.
Le deuxième défaut qui fait de Kaddafi un être infréquentable: c'est la mégalomanie. Roi de la Libye, de l'Arabistan, de l'Afrique noire, de l'Amérique latine, tel il se prétend en attendant qu'il investisse l'univers, dernière étape avant la divinisation dont il rêve certainement dans le secret des son âme. Il ne peut donc, sans déchoir, frayer avec la piétaille qui occupe le reste de l'espace qui lui a été consenti sur la mappemonde.
C'est dire qu'il doit actuellement souffrir les milliers de morts et de s'être laissé enlever la Cyrénaïque et sa capitale Benghazi. Son amour-propre en est fortement touché. Il occupe ses nuits à échafauder plan sur plan pour punir les habitants de cette province, coupables de lui avoir soustrait, presque sans coup férir, ce morceau de sa chair.
Il écume, il rage, il ne cesse de monter sur ses grands chevaux. S'arracher de ses griffes vaudra au coupable l'enfer. Et de fait, le Colonel semble décidé à vouloir récupérer coûte que coûte la Cyrénaïque qui semble le narguer en s'érigeant en entité libérée et prête à entamer un dialogue souverain avec le reste de la planète.
Pour ce faire, il entend engager une guerre totale, orientée vers un massacre systématique des populations civiles. La disproportion des forces en présence ne semble lui poser aucun cas de conscience. D'une part, une armée régulière disposant d'un armement lourd imposant (plus de 2.000 chars) appuyée par des miliciens acquis aveuglément au Guide et des mercenaires sans foi ni loi, le tout soutenu par une aviation prête à tirer sur tout ce qui bouge, et d'autre part des résistants ne possédant que des armes légères dont ils apprennent l'usage au fur et à mesure du déroulement de la guerre, incapables de riposter à la pluie de bombes qui leur tombe du ciel.
Le bilan actuel est pourtant de favorable à Kaddafi. Tout à ses rêves de grandeur, il est comme frappé de cécité devant les mutations que vit, en ce début du troisième millénaire, le monde arabe. Coincé entre une révolution tunisienne qui est en passe de devenir un modèle à l'échelle du monde parce qu'elle sert les causes les plus nobles qui interpellent l'homme et une autre révolution obéissant à peu près aux mêmes appels de la conscience, le Guide, de quelque côté qu'il regarde, à droite et à gauche, se trouve nez-à-nez avec des pays (la Tunisie et l'Egypte) qui semblent définitivement embarqués dans la plus belle des aventures humaines, celle qui postule à la liberté.
Mais l'humain semble être totalement étranger à sa nature ou à celle de ses enfants. Peu lui importe que des bébés partent en morceaux sous des bombardements hallucinants, ou que des quartiers soient rasés avec, sous leurs décombres, des centaines de corps réduits en bouillie! L'essentiel est que tout reste soumis à sa volonté de puissance. Mais ne sait-il pas que le pouvoir dont on est le maître au début d'une aventure politique se transforme, petit à petit, à son tour, en un maître qui peut nous entraîner vertigineusement vers le désastre. Et nous empêcher de comprendre que la liberté, la justice et la dignité sont des idées intangibles, éternelles qui nous regardent de ce monde platonicien sis là-haut dans la voûte céleste.
A l'heure où ce commentaire est sous presse, on ne sait comment finira ce conflit et quel en seraient le gagnant et le perdant. Il se peut que les résistants finissent par avoir gain de cause mais à quel prix? Il se peut aussi que le bourreau parachève son œuvre maléfique en alignant dans son tableau de chasse des centaines de milliers d'innocentes victimes. Et là, l'Histoire ne lui pardonnera pas ses folies mais malheureusement c'en serait fait de la belle aspiration pour la liberté qui aura secoué, mais en vain, le brave et courageux peuple libyen. Et il se peut, en fin de compte, qu'il n'y ait ni gagnant ni perdant, à la joie des impérialismes qui continuent à gérer le destin du monde.


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