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«Fraternité»:Le privilège pour la vie humaine
Publié dans L'expert le 16 - 06 - 2011


Dr. Mounir Dhiab
Pour certains, le nouveau visage de la pauvreté en Tunisie était inimaginable. Pour d'autres, côtoyant de près et quotidiennement des catégories défavorisées, la surprise était moindre. Des Tunisiens vivaient en extrême pauvreté. Des Tunisiens vivaient en régions délaissées. Et des Tunisiens vivaient en grande souffrance avec une absence totale de certains besoins vitaux touchant l'individu dans sa qualité de vie, mais, aussi, dans sa dignité.
Les médecins – notamment des hôpitaux – de par la nature de leur métier sont en contact régulier voire permanent avec cette catégorie de gens. Des malades que la société a délaissés ou ignorés, des malades dont l'état s'est aggravé faute de soins ou à cause de soins tardifs, des cas d'urgence et des cas désespérés de vie auxquels une action solidaire donnerait l'espoir et changerait la vie.
«Fraternité», est une association qui a vu le jour durant la période post- révolutionnaire à l'initiative d'un groupe d'amis qui ont choisi d'agir dans l'humanitaire et apporter une petite contribution pour la reconstruction d'une Tunisie meilleure.
Nous nous sommes entretenus avec un de ces fondateurs, le Dr. Mounir Dhiab, qui nous a parlé de la création de l'association ainsi que de ses principaux axes d'intervention.
«Nous sommes un groupe d'amis qui a découvert comme beaucoup d'autres Tunisiens le visage de la Tunisie profonde et les souffrances des Tunisiens des régions délaissées. Un visage de la Tunisie très loin de la carte postale présentée par les instances officielles pendant de longues années. Cette découverte nous a choqués et, en même temps, culpabilisés. Comment peut-on dormir tranquilles le soir dans nos villes, cités et maisons équipées de toutes les commodités alors qu'à une centaine de kilomètres des êtres humains avec qui nous partageons la même nationalité, les mêmes origines, la même terre, vivent dans la pauvreté totale en marge de la société, oubliés par les pouvoirs publiques et, aussi, par leurs concitoyens? Découvrir cela et rester inerte est à mon sens un acte de complicité.
Nous étions un groupe de neuf personnes, médecins et diplômés des grandes écoles, animé par un esprit de bénévolat et de générosité, mais cet esprit était inhibé du fait de la récupération politique de toute activité sociale ou humanitaire avant la révolution.
Après le 14 janvier, l'inhibition étant levée et la liberté de penser et d'actions retrouvée, nous nous sommes réunis pour traduire notre volonté en action et montrer que la Tunisie peut être fière de sa génération solidaire (Génération solidaire est le non original de l'association qui a été refusé car faisant penser à un parti politique). C'était là le point de départ de la création de notre association Fraternité dont la devise: Pour une génération solidaire.
Après réflexion et pour ne pas se disperser, notre association s'est choisie trois domaines d'intervention. Le premier est la lutte contre l'exclusion sociale et ceci en allant vers les personnes âgées isolés et dépendantes pour identifier leurs besoins spécifiques, leur apporter de l'aide et en particulier leur fournir des auxiliaires de vie dont le rôle serait de faire sortir ces personnes âgées de leur isolement. Le deuxième est l'amélioration des conditions sociales pour les enfants hospitalisés dans les hôpitaux publics, surtout ceux hospitalisés pour une longue période (le plus souvent atteints de maladies graves). Nous voulons aider ces enfants à oublier par moments leurs maladies et surmonter leurs souffrances et douleurs via des aides autres que médicales. Le troisième et le plus important est la facilitation de l'accès aux soins pour les personnes défavorisées soit par absence de couverture sociale ou parce que leur état médical peut s'aggraver en cas de retard des soins, et, également, dans certaines situations de maladies graves ou chroniques où les traitements sont coûteux et ne sont pas toujours disponibles ou pris en charge.
Notre association vise à mettre en pratique cette fraternité agissante caractéristique du Tunisien. Les actions de l'association sont purement humanitaires et ne pourraient en aucun cas se substituer aux services des pouvoirs publics. Par ailleurs, on souhaite, certes, une longue vie a notre association, mais son succès passe par des missions à durée limité», a dit Dr. Mounir Dhiab.
L'association a déjà participé à des actions humanitaires tels la collecte et fourniture de vivres et médicaments pour les réfugiés de Dehiba et l'apport d'une aide médicale et paramédicale pour un jeune victime de la révolution devenu paralysé le 13 janvier suite à une blessure par balle qui a atteint la moelle épinière.
Les membres de l'association sont conscients que leur programme est ambitieux et nécessite beaucoup d'énergie et de moyens. Pour eux, «c'est là, tout le sens du travail associatif».
Pour apporter de l'aide à tous ceux qui ont en besoin sur tout le territoire tunisien, l'association s'appuiera sur une consolidation de relais sur le terrain pour cibler les besoins et apporter des aides spécifiques.
Pour «Fraternité», l'humain l'emporte sur toute autre considération. «Nous avons beaucoup d'ambition et de volonté, mais peu de moyens. Pour mieux réussir, nous espérons nous unir et travailler en synergie avec d'autres associations dans tout projet à vocation humanitaire et coïncidant avec nos axes d'intervention. D'autres part, nous recherchons des opportunités de parrainage ou de jumelage avec des associations similaires étrangères, ce qui pourrait faciliter les dons venant des pays étrangers», a souligné Dr. Dhiab.
Un salut à toute association qui vise à redonner, via la solidarité, l'envie de vivre à l'être humain, et, à l'action humanitaire, son vrai sens!
"Une âme peut se dire généreuse, quand elle prend plus de plaisir à donner qu'à recevoir" (Chevalier de Méré, écrivain français du 17 siècle).


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