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Santé régionale en Tunisie : Un chemin encore long à parcourir
Publié dans TAP le 27 - 07 - 2012


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TUNIS (Rédaction TAP: Wafa Attyaoui) - Le droit à la santé ne reflète pas encore les ambitions de la révolution tunisienne. En effet, l'inégale répartition entre les régions au niveau de l'infrastructure médico-sanitaire (dispensaires, centres de santé de base, hôpitaux régionaux), de l'équipement et des équipes médicales et paramédicales rend le chemin difficile pour promouvoir la santé régionale. L'agence TAP a effectué une visite guidée à Douar Hicher, un des quartiers populaires défavorisés de la région de la Manouba.
L'entrée du centre de santé de base (CSB) de Douar Hicher confirme l'état des lieux. Des dizaines de patients (hommes et femmes) attendent depuis le matin leur tour entassés entre le hall du centre et les couloirs. Certains doivent rester debout vu le nombre limité des bancs et l'absence d'une salle d'attente. La chaleur, ils font avec, en l'absence de climatisation.
Samir Bouarrouji, médecin major dans ce centre depuis 20 ans, a affirmé que l'équipe médicale s'efforce à résoudre certains problèmes à l'instar de l'imperfection des équipements, du manque du personnel et de l'insuffisance des médicaments, en se débrouillant parfois seule.
Côté personnel, le CSB de Douar Hicher ne dispose que d'une seule infirmière, une sage femme, deux ouvrières et quatre médecins de différentes spécialités. Alors que le nombre des consultations s'élève à 2100 par mois.
Certains malades sont obligés de se diriger vers d'autres hôpitaux à cause du manque d'équipements tel que l'électrocardiogramme, non fonctionnel depuis qu'il était tombé en panne il y a quelques années, a précisé Dr Bouarrouji, ajoutant que pour faire un bilan de santé, les patients sont obligés d'aller à l'hôpital de Tébourba.
Le directeur régional de la santé de la Manouba, Samir Marzougui, a indiqué que la région qui compte 370 mille habitants ne dispose que de quelques centres de santé de base, dont les services sont inadaptés à la demande. Il existe seulement un centre de santé de base pour 9200 habitants dans la région de la Manouba contre un centre pour 4800 habitants à l'échelle nationale, a-t-il expliqué, affirmant que Douar Hicher compte trois centres de santé de base pour 83 mille habitants, soit un centre pour 27 mille habitants. Cinq centres de santé de base seront mis en place dans la région d'ici fin 2012, a indiqué Dr Marzougui.
Selon le responsable, la première conséquence de ce nombre limité des centres de santé de base est la surcharge, citant l'exemple de l'hôpital de Tébourba, dont le nombre des lits est de 34, soit un taux de moins d'un lit pour 10 mille habitants. Des statistiques choquantes qui reflètent bien la politique de marginalisation subie par la région de la Manouba et certaines régions de la République sous l'ancien régime, a affirmé Dr Marzougui.
Devant l'espace réservé au stockage et l'octroi des médicaments au CSB de Douar Hicher, la file d'attente est encore longue.
La patiente Souad Jlassi, la soixantaine, tremblante, fragile, affaiblie, et toute en sueur, attend depuis plus d'une heure son tour pour se procurer des médicaments prescrits par le médecin du centre et distribués gratuitement.
"Le pire c'est que suite à des heures d'attente, de patience et de stress, le patient peut ne pas trouver le médicament demandé", a t-elle affirmé, non sans amertume.
Plaquette de médicaments à la main, Hassan Harrathi qui souffre de maladie cardiovasculaire a affirmé être venu au centre tôt le matin. "J'attends mon tour depuis des heures et voilà ce qu'on me donne, quelques pilules, dit-il en se plaignant du manque des médicaments, surtout qu'il est incapable de les acheter en dehors du centre, vue sa situation sociale défavorable.
La « pharmacie » qui ne remplit pas les conditions et les critères de son statut, ne dispose pas d'une aération adéquate. L'humidité a noirci ses murs et cela rend le lieu inadapté au stockage des médicaments. De plus, l'étalage est presque vide.
Dans un bureau situé au fond du centre, l'unique sage femme doit gérer seule le nombre des patientes du centre et parfois celui des centres avoisinants de la région.
La santé : Un secteur marqué par la disparité régionale
La disparité régionale en matière de couverture sanitaire, sous l'ancien régime, ne fait plus de doute. Les régions de l'Ouest et surtout du Centre-Ouest à caractère rural, enregistrent les taux les plus élevés de mortalité et de morbidité et les indicateurs les plus bas en matière de couverture par les services de santé maternelle et infantile, selon une source officielle au ministère de la Santé publique.
Partant de ce constat, les régions de Kasserine, Sidi Bouzid, Kairouan, Tataouine, Siliana, Gafsa et Jendouba ont été ciblées en priorité. Ces régions ont besoin du renforcement des capacités des professionnels, l'aménagement des services de santé maternelle et infantile, le recrutement des professionnels : gynéco-obstétriciens, anesthésistes, réanimateurs et sages-femmes et appui en médicaments.
Selon la même source, le développement du secteur de la santé est tributaire du développement de l'infrastructure générale et de l'amélioration des conditions socio-économique de la population permettant d'entreprendre des actions stratégiques dans ces régions. Les experts ont toujours souligné l'intérêt de l'établissement des plans de développement régionaux intégrant les problèmes de santé telle que la mortalité maternelle inscrite comme le 5ème objectif du millénaire du développement.
Mohamed Meftah, chargé de mission au ministère de la Santé publique, a évoqué l'importance de la promotion de la qualité des services de santé, notamment au niveau du perfectionnement des ressources humaines (équipes médicales et paramédicales). Il a également souligné l'importance de l'entretien des établissements hospitaliers.
A signaler que le nombre de centres de santé de base en Tunisie s'élève à 2300. On compte également 27 groupements de santé de base, 109 hôpitaux de circonscription, 33 hôpitaux régionaux, 18 centres et instituts spécialisés, 12 centres hospitalo-universitaires qui abritent 88 pc des lits hospitaliers, selon une source du ministère de la Santé publique.
Quant au secteur privé, on recense 4000 cabinets médicaux de pratique libérale, 17 cliniques monodisciplinaires (d'une capacité de 224 lits) et 61 cliniques pluridisciplinaires (3287 lits).
Un programme de mise à niveau du secteur de la santé
Conscient de l'insuffisance caractérisant le secteur de la santé en Tunisie, le ministère de la tutelle a mis un programme de mise à niveau du secteur public de la santé, conçu dans le cadre d'un comité national de pilotage. Il a pour principal but de renforcer la capacité du secteur de la santé à s'adapter aux mouvances contextuelles internes et externes et à répondre de manière adaptée aux attentes de la population. Parmi les défis notés dans ce cadre et les problématiques à résoudre, figurent l'exigence de réduire les déséquilibres entre les régions par l'harmonisation de la carte sanitaire et le ciblage des zones de l'ouest et du sud.
Le programme évoque aussi la nécessité de répondre à l'exigence démocratique à travers la participation de la population à la gestion du système de santé ce qui implique une redéfinition et une mise en place effective de la décentralisation de la gestion et la participation de la population dans la définition des besoins et l'évaluation des programmes.
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