Pourparlers Washington–Téhéran : la réunion de vendredi annulée après un désaccord sur le format    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Licenciement pour faute grave : un séminaire de formation les 12 et 13 février à Sousse    Institut français de Tunisie : journée de collecte de sang    La Tunisie appelée à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans !    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Important pour tous les Tunisiens : la loi sur la location-accession bientôt adoptée    Un enfant tunisien retenu depuis deux mois à Kuala Lumpur    Météo Tunisie : Temps nuageux, vents forts, pluies orageuses et baisse des températures mercredi    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    La Banque centrale de Tunisie intègre le rial omanais dans la cotation des devises étrangères    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Le paiement en espèces est-il désormais libre de toute contrainte ?    Le ministère de la Santé ouvre des concours externes pour le recrutement de compétences médicales spécialisées    Le PSG officialise l'achat de Khalil Ayari    Tunisie : l'huile d'olive domine le marché russe    Croissant lunaire invisible : voici la date la plus probable du Ramadan    CSS : Cinq joueurs prêtés pour renforcer les clubs tunisiens    Lancement de GreenGate: le répertoire des acteurs de l'écosystème entrepreneurial vert tunisien    Picasso: l'éternel réinventeur de l'Art    Tunisie-Koweït : vers des relations bilatérales renforcées    Arbitrage en crise : les arbitres passent à l'action ?    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Tout sur le nouveau SUV Mahindra 3XO : la voiture pensée pour la vie quotidienne des Tunisiens, économique et fonctionnelle (Vidéo)    Amendes autocollantes vs changuel : quelle alternative pour le recouvrement et la sécurité ?    Paiement de la taxe de circulation 2026 : dates limites selon le type de véhicule    Egypte : la chanteuse tunisienne Sihem Grira décédée    Choc en Omra : suspension de 1800 agences pour protéger les droits des pèlerins    Mounir Zili - Agriculture Durable vs Agriculture «Rentable»: Le choc des modèles au cœur de l'olivier tunisien    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    Quand débutera le Ramadan 2026 en France ?    Festival Mon premier film Documentaire MyfirstDoc 2026 : appel à films documentaire d'écoles de cinéma de Tunisie    Sfax rassemble ses livres    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Yadh Ben Achour : Le déclin de l'universalité des droits de l'homme (texte intégral)    Décès de l'actrice de'' Home Alone''    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    D'où vient un trésor historique découvert à Houaria ?    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Chronique, Le mot pour le dire : La machine a fabriquer des AZLAM
Publié dans Tunivisions le 02 - 04 - 2014

« Dès qu'un sentiment s'exagère, la faculté de raisonner disparaît ». Gustave le Bon, Hier et demain, p. 10
Il existe trois sortes de azlam : ceux que des forces occultes fabriquent avec ou sans leur consentement, ceux qui se fabriquent et se monnayent eux-mêmes et ceux qui se font fourbir à leur insu. Les premiers sont vils, lâches et serviles. Les seconds sont dangereux et nocifs. Les derniers sont tout simplement pitoyables et, pour certains d'entre eux, malhonnêtes malgré eux. Ceux-là, échappant à la fatalité de la fonction qui crée l'organe, démissionnent dès qu'ils se rendent compte de la supercherie dont ils sont les victimes. Les deux premiers ont en commun de raffoler des honneurs, du luxe et du prestige. Leur ambition la plus chère est d'être hissés sur un piédestal. Peu importe lequel. C'est pour cette raison qu'il est dans la nature d'un zalam d'être cupide. On lui concèderait un doigt, il s'approprierait la main entière. C'est dans le sang !
Mais avant d'aller plus loin, il conviendrait de s'entendre sur l'acception du terme zalam que l'on doit à la verve et à la truculence révolutionnaires tunisiennes. Il est bon de savoir que le fait d'être traité de zalam ne doit pas être nécessairement interprété comme une ignominie, surtout dans le cas des azlam recyclés, de loin les plus nombreux. Le zalam authentique ne se perçoit jamais comme tel et trouverait toujours suffisamment de raisons pour faire passer son zèle zalamique pour du militantisme, de l'intellectualisme engagé ou pour de l'héroïsme.
C'est pour cette raison que l'inclination zalamique n'est pas le propre d'une idéologie ou d'un régime bien déterminés, mais l'émanation d'un caractère ou plus précisément d'une personnalité, voire même d'une véritable vocation. Le zalam dans l'âme, dit encore de service, réussit toujours à se zalamiser, c'est-à-dire à se faire engager par ceux qui ne pourraient pas se passer de ses prestations, indépendamment de la nature des régimes en place. C'est cela qui explique que bon nombre des caciques de l'ancien régime, les azlam notoires de Ben Ali, ont très vite été récupérés par la troïka.
Le zalam croyant, dit également par conviction, est l'homme d'un régime, d'un héros. Lui, contrairement au premier, ne change jamais d'idole. C'est là en effet le cas des bourguibistes convaincus qui ont refusé de servir l'usurpateur de leur maître et qui, aujourd'hui encore, évitent de se compromettre avec les usurpateurs de la révolution du 14 janvier 2011. C'est que le zalam dans l'âme, l'incarnation magistrale du fayotage, est un sans-gêne né, une sorte de sangsue qui se complaît dans son rôle de pique-assiette, et mange effectivement à tous les râteliers. Pour cet organe passe-partout, la zalamie est une véritable raison d'être.
Il ressort de ce qui précède que le zalam est, par essence, un parasite, une sorte d'esclave ou de serf, indispensable pour la survie de ses suzerains. Il se rencontre toujours dans des régimes où la courtisanerie, la flagornerie et l'hypocrisie sont érigées en système. Il est donc normal que le zalam de service, qui est l'incarnation de la zalamie pure et dure, ne sert pas une idéologie ou un idéal, mais se dévoue pour un seigneur, qu'il assimile souvent à une divinité. Certains des azlam de service, actuellement en exercice, se targuent de servir des institutions et non des personnes. Ils se disent donc les soldats fidèles de Carthage, de la Casbah ou du Bardo.
Il existerait donc une machine politique qui génère fatalement des azlam. C'est elle qui a gouverné la Tunisie d'avant le 14 janvier 2011, et c'est encore elle qui continue de gérer les affaires de la Tunisie postrévolutionnaire. La révolution n'a pas aboli la zalamite (le virus qui donne la zalamie), elle s'est contenté tout simplement de la recycler. L'ingrédient dont se servait l'ancien régime, et dont le nouveau continue d'user allègrement, est l'esprit d'exclusion, érigé, lui aussi, en dogme. C'est dans ce sens que nous soutenons que les partis constitutifs de la troïka, qui se disent être l'émanation de la révolution, se sont ercidisés, s'appropriant de fait le patrimoine rcdiste, celui-là même qu'ils dénoncent comme étant d'essence tyrannique.
Sur ce plan, Bourguiba et Ben Ali ne diffèrent pas du tout de leurs héritiers. Ayant accédé au pouvoir à la faveur d'une conjoncture politique donnée, les « élus » d'un jour ne tardent pas de devenir les élus de toujours. C'est ainsi que Bourguiba, l'instigateur de la république, s'est laissé séduire par les charmes de la monarchie qu'il a abolie et s'est proclamé roisident à vie. Ben Ali, qui s'est plu dans sa peau de sauveur providentiel, a fini par transgresser lui-même les termes du pacte qu'il a élaborée pour se démarquer de son prédécesseur et plaire à ses gouvernés. Lui aussi aurait cédé à la tentation monarchique, mais c'est la corruption éhontée de sa « cour » et de ses « courtisans » qui a fini par avoir raison de son règne.
Les maîtres du moment vivent aux crochets d'une révolution dont ils sont les fossoyeurs. Leur survie est tributaire de cette grossière supercherie. C'est pour cette raison qu'ils n'ont pas tardé de réaliser que leur véritable allié n'est pas la « révolution », qui les a intronisés, mais la dictature déchue. Ils se sont donc empressés de piller littéralement le patrimoine despotique pour accréditer la fiction saugrenue qu'ils ont confectionnée et qu'ils ont baptisée « transition démocratique ». Là encore, ils n'ont fait que calquer grossièrement le modèle bénalinien.
Les despotes du moment, piégés par la conjoncture révolutionnaire, qu'ils n'ont pas su domestiquer, ont été obligés d'aller bien plus loin que leurs prédécesseurs. Leur besoin des azlam est tel qu'ils ne s'offusquent pas de prendre publiquement la défense de la racaille belliqueuse. C'est ainsi que, dans l'esprit de certains politicards, le cas Dgheïj est comparable à celui des 529 frères musulmans condamnés à mort par la justice égyptienne ! L'auteur de ce rapprochement grotesque se dit être un fervent partisan de la république !
Voilà, entre autres aberrations, le triste bilan de la « révolution ». Une « révolution » qui se zalamise et se clochardise à vue d'œil. Une révolution, dont la survie dépend d'un Dgheïj, est-elle toujours une « révolution » ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.