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Chronique, Le mot pour le dire : Celui par qui le suspense arrive !
Publié dans Tunivisions le 06 - 05 - 2014

« La voie du gourou ne mène qu'à la porte du gourou » ! Rabindranath Tagore, A quatre voix
Que serait la scène politique tunisienne sans l'imprévisible – que d'aucuns taxeraient de versatile – Rached Gannouchi ? Nombreux ceux qui diraient que le leader islamiste, l'homme le plus controversé des temps modernes, est l'ingrédient qui donne tout son piquant à une scène politique qui s'enlise de plus en plus dans la morosité. Le gourou de la secte Ennahdha serait donc, aux yeux d'une frange non négligeable du public tunisien, celui par qui le suspense – qui est une variante, un peu moins scabreuse, du scandale – arrive. Chez cet homme, qui a pris goût aux lumières, la chéferie (ou cheftise), pour parler comme San-Antonio, est désormais une puissante narcotique à laquelle il lui est impossible de renoncer.
Voilà pourquoi il ne se passe pas de jour sans que le leader d'une boutique, qui brigue d'être le leader de tout le souk, n'éprouve le besoin d'y aller d'une déclaration rondelette, d'un speech abscons, d'un pronostic musclé (où il incombe toujours à sa secte d'occuper le devant de la scène) où d'une irrépressible recommandation en rapport avec les prochaines élections législatives et présidentielles. Pour le leader-sheikh (ou le sheikh-leader peut-être puisqu'il semble tenir au premier titre plus qu'au second), l'essentiel est qu'il ait toujours quelque chose à dire qui attire les lumières sur sa petite personne. Le contenu de son dire lui importe peu. Il est donc normal qu'il soit insensible aux irréductibles contradictions qui émaillent ses perles inestimables.
C'est ainsi que, en l'espace d'une année à peine, R. Gannouchi a réussi l'exploit de faire de ses « rejetons » (les promoteurs d'une nouvelle culture, d'allure nettement révolutionnaire), ceux en qui il se plait, non sans nostalgie, d'admirer sa « jeunesse révolue », les « enfants imbéciles » de la Tunisie ! Cette volte-face, que le sheikh-leader n'éprouve même pas le besoin de justifier, lui permet de se blanchir lui-même, de blanchir les « imbéciles » encombrants qu'il feint d'accabler, et cela en faisant assumer la responsabilité des innovations culturelles « terroristes » de ses ex-morveux, à la seule victime, promue, à la place du gourou d'Ennahdha, la mère (ou peut-être le père, ou les deux à la fois) de cette turbulente progéniture !
La Tunisie est coupable d'avoir enfanté, élevé et raté l'éducation de ces « imbéciles » qui désolent aujourd'hui ses villes, ses bourgs, ses plaines et ses montagnes. En mère, bonne et conséquente – car il semble qu'il ne soit pas séant que les femelles se parent des mérites de la cheftise au foyer, cet honneur revenant aux seuls mâles comme l'atteste la dernière sortie du dénommé Ibrahim Qassas, « employé » à l'ANC – la Tunisie devrait assumer les conséquences de son incompétence. Il s'agit là en fait d'un véritable tour de force en vertu duquel le prestidigitateur R. Gannouchi tire, avec une désinvolture qui lui tient de seconde nature, son épingle, et celui de sa secte, du jeu. Un jeu qui, semble-t-il, ne sert plus ses intérêts du moment.
Il faudrait convenir que, compte tenu des dernières joutes du sheikh-leader, l'heure du grand ménage a sonné. Un ménagé aux allures d'un règlement de comptes qui permettrait à la secte de se refaire une virginité avant l'imminente échéance électorale, prévue pour novembre prochain. R. Gannouchi a commencé par trancher la corde ombilicale qui lie sa confrérie à l'indésirable centrale islamiste, tombée en disgrâce auprès des éventuels bailleurs de fonds de sa filiale, installée en Tunisie. En osant ce grand coup, le gourou donne l'impression de privilégier la patrie au détriment de la nation. C'est de cette manière qu'il entend courtiser ou, ce qui revient strictement au même, abuser une opinion publique qui n'est plus disposée à être payée en monnaie de singe.
Pour faire oublier les fanfaronnades, les compromissions et les incartades de ses « militants » zélés lors de la chute du régime islamiste d'Egypte, R. Gannouchi s'est décidé enfin à se défaire d'une alliance désormais encombrante. Le fameux signe Rabi'a, naguère en vogue chez les nahdhaouis, est aboli à jamais. Nous le présumons tout au moins. Ce pseudo-sacrifice ne coûte rien du tout au sheikh-leader, puisqu'il ne fait que classer une affaire déjà scellée, mais lui rapporte gros en terme de « popularité », denrée dont il est, ainsi que tous les siens, excessivement friands. Mais cet exploit n'aurait pas eu l'effet escompté s'il n'avait pas été suivi d'un autre coup de bistouri par lequel la secte de R. Gannouchi se démarque définitivement – en fait pas si « définitivement » qu'elle voudrait nous le faire croire – avec les factions compromettantes, qui ne sont autres que les ex-rejetons de sa sainteté gourouesque !
Car R. Gannouchi est un homme qui ne lâche pas facilement ses atouts. Or, les « extrémistes » desquels il devrait, pour des considérations purement politiciennes, se démarquer momentanément constituent l'un des atouts majeurs de la prochaine « croisade » électorale qui aura lieu sur un terrain que les « croisés » du sheikh-leader, solidement incrustés à l'ANC, ont en grande partie balisé. Voilà pourquoi le patron nahdhaoui, tout en brandissant le gros bâton face aux « imbéciles », autrement dit les éléments irrécupérables d'Ansar shari'a, continue d'agiter sa carotte pour séduire les brebis galeuses de cette redoutable faction, actuellement sous les écrous. La secte nahdhaouie, à en croire son gourou, ne désespère pas de pouvoir, par les vertus du dialogue dont elle monopolise les secrets, reconvertir un jour ces âmes égarées !
Ces concessions – ô combien douloureuses ! – auraient-elles servi qui et résolu quoi ? Des voix de thuriféraires enthousiastes s'élèvent ici et là pour crier sur les toits, dans l'espoir d'être entendues par Montplaisir, que R. Gannouchi aurait évité à la Tunisie, par son bon sens et sa sagesse, les affres d'une guerre civile plus que certaine. Les fans du sheikh-leader saluent, entres autres exploits de leur idole, celui d'avoir fait capoter la fameuse loi de l'exclusion des caciques de l'ancien régime. Le gourou n'a-t-il pas déclaré dernièrement que les « destouriens » sont les bienvenus ? Pour le reste, qui se soucie aujourd'hui du sort de ces « imbéciles » (et ils le sont parce qu'ils ont cru aux promesses fallacieuses du patron nahdhaoui !) qui ont osé transgresser le diktat du maître du pays ?!
Ces concessions, prétendument douloureuses, n'ont rien coûté à Ennahdha et à son président. Bien au contraire, elles auraient servi à les remettre en selle, en les présentant pour les sauveurs providentiels de la patrie. Dans cette affaire, les perdants sont la Tunisie et son peuple, lesquels ont été bernés, encore une fois, par la duplicité du caméléon islamiste. L'appât, en dépit de son goût amer, a été happé par les incorrigibles crédules de toujours. Une aubaine pour un sheikh-leader dont l'unique mérite est de ne point s'offusquer de ses propres contradictions et extravagances !
Sous d'autres cieux, le gourou et certains de ses principaux sbires, pour des propos moins compromettants que ceux qu'ils ont proférés publiquement ou dans le secret, auraient été interpellés par la justice pour complicité objective avec les terroristes. Sous le ciel du pays initiateur du « printemps arabe », les révolutionnaires autoproclamés, héritiers accidentels d'un cataclysme auxquels ils n'ont pas pris part, se permettent, au nom d'une « légitimité » qui ressort de l'usurpation pure et simple, de rouler le pays dans la farine en promettant à son peuple des châteaux à l'éden !


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