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Tunisie : "Nous voulons développer le mind (cerveau) d'œuvre pour drainer des IDE", affirme Mongia Khemiri de la FIPA
Publié dans WMC actualités le 19 - 05 - 2010

Webmanagercenter : Quels sont les facteurs déterminants pour un investisseur dans le choix d'un site ?
Mongia Khemiri : Il existe plusieurs facteurs mais l'importance de l'un ou de l'autre dépend du secteur d'activité choisi par l'investisseur en lui-même, de la taille de l'entreprise et du montant de l'investissement. Ceci étant, le premier facteur pris en considération est celui de la stabilité politique et sociale, aucun capital n'ira dans un pays où il existe un risque sécuritaire et où les droits sont bafoués. Dans toutes les notations internationales, la Tunisie bénéficie à ce niveau là d'une appréciation très élevée.
Le deuxième facteur est la compétitivité d'un pays ou d'une région, l'émergence économique d'un pays, le fait qu'un pays réalise une croissance ou pas, c'est le fait de s'assurer que l'environnement d'affaires permet à l'entreprise de réaliser des bénéfices et des gains. Une économie en berne ou dont la croissance est négative n'offre pas un climat approprié à l'investisseur. Là également la Tunisie a tiré son épingle du jeu en enregistrant un taux de croissance moyen de 5% sur plus de 20 ans et en période de crise de 3,1%. C'est notoire par rapport aux capacités économiques du pays et à ce qui se passe autour de nous.
Parmi les facteurs de compétitivité, il y a également les indicateurs macroéconomiques, l'inflation, la dette publique et la compétitivité du secteur privé… La Tunisie est classée au 25ème rang mondial en matière de microéconomie, ce qui représente une position honorable.
A coté de tous ces éléments, il y a d'autres facteurs importants, telles la disponibilité, les compétences et les qualifications des ressources humaines, un facteur de plus en plus déterminant pour ce qui est des activités de services qui exigent des compétences pointues et hautement qualifiées, et c'est à ce niveau là que se positionne la Tunisie. Nous nous positionnons sur tout ce qui est technologique avec une montée en gamme de l'économie et nous faisons valoir les qualités de nos ressources humaines.
La Tunisie est également connue par son investissement massif dans l'éducation qui représente 7% du PIB avec 1,5% consacré à la recherche et développement, c'est l'un des facteurs cruciaux que les entreprises considèrent. Nous sommes bien classés en ce qui concerne la qualité de notre enseignement supérieur qui est en train d'être réformé pour être plus proche des besoins de l'entreprise. Nous avons bien sûr besoin d'un enseignement qui anticipe les besoins de l'entrepreneuriat privé.
Qu'en est-il de la formation professionnelle, pour les projets lancés en Tunisie, on en a besoin également ?
Au niveau de la formation professionnelle, nous étions à 60.000 postes dans les années 80, aujourd'hui nous sommes à 400.000 postes. Nous avons développé des partenariats avec le privé, il y a beaucoup d'entreprises qui ont mis en place leurs propres centres de formation, d'anciennes entreprises mais également de nouvelles, le plus récent est celui d'Aérolia, il y a un à Menzel Jmil sur l'électronique, un autre toujours sur l'électronique avec Tunera, un autre sur le textile. Il y a également une coopération très poussée entre les universités étrangères et tunisiennes (Université de Munich et celle de Tunis, par exemple).
Qu'en est-il des réformes mises en place pour l'amélioration du climat d'affaires en Tunisie, certains économistes prétendent qu'à force de promulguer des lois et des réformes, on se perd dans les méandres des procédures administratives et réglementaires, ça ne simplifierait pas forcément la vie des investisseurs…?
C'était relativement vrai, il y a quelque temps, ça ne l'est plus aujourd'hui. A titre d'exemple, le code unique depuis 1993 qui représente un grand pas pour nous. C'est un code qui régit toutes les activités industrielles, de services ou de commerce en matière principalement d'incitations fiscales ou financières et de procédures d'agrément. Depuis, il y a eu plusieurs réformes et c'est normal, l'économie est dynamique, elle évolue, les lois doivent suivre. Ceci étant, toutes les réformes ont été réalisées pour alléger et améliorer la situation du climat des investissements et des affaires, il n'y a jamais eu de recul. Tant qu'il n'y a pas de remise en cause des avantages accordés ou des facilités offertes aux promoteurs, le problème ne se pose même pas.
En 2007, une loi sur l'initiative économique a été promulguée et elle a consacré la liberté d'investir dans tous les secteurs avec une liste négative. On a reproché à cette loi le fait d'exclure un certain nombre d'activités, ce qui n'est pas un frein à d'autres opportunités car il s'agit d'exceptions et non pas de règles. Mieux que cela, la dernière décision présidentielle de créer un vis-à-vis unique au sein des départements ministériels et d'un recours au niveau du Premier ministère a pour rôle de simplifier et d'accélérer toute création d'entreprise. Cette initiative vise à accompagner tout promoteur dans de nouveaux métiers qui ne sont pas encore régis par les textes de loi. Depuis 2007, la liberté est la règle, l'autorisation est l'exception.
Quels sont les secteurs les plus porteurs d'IDE ?
Aujourd'hui, c'est indiscutablement l'électronique, les industries mécaniques et électriques qui prennent le dessus sur les autres activités en termes d'investissements et en termes d'exportations. Nous avons des locomotives nationales en la matière qui s'internationalisent et drainent des partenariats étrangers très intéressants.
Il y a d'autres activités émergentes tels l'aéronautique, les TIC et le développement de logiciels (c'est le secteur le mieux positionné pour le développement de partenariats réussis avec les Tunisiens). Nous assistons aujourd'hui à l'émergence d'une classe de jeunes promoteurs très compétents et en mesure de soutenir des partenariats de très hauts niveaux technique et technologique. D'autre part, ce ne sont pas des investissements très capitalistiques, donc les jeunes porteurs de projets ne sont pas inhibés par la faiblesse des financements.
D'autres nouveaux créneaux qui prennent de l'ampleur, à savoir l'agroalimentaire, l'agriculture biologique à laquelle on a réservé des terrains dont la taille a été multipliée par cinq par rapport à celle qu'elle occupait.
Pour ce qui des secteurs classiques, ce sont les textiles et l'industrie du cuir et chaussures qui continuent à se développer avec une montée en gamme notoire particulièrement pour ce qui est du textile. Nous cherchons à développer des métiers nouveaux tels les tissus techniques qui se développement de plus en plus.
Au niveau des marchés extérieurs, y aurait-il des marchés qui reculeraient plutôt que d'autres, d'autres qui avancent ? Est-ce que vous ciblez par vos actions des marchés plutôt que d'autres ? Quels sont vos critères de choix ?
Nos partenaires classiques continuent sur leur lancée et ce sont, bien entendu, les pays européens. C'est normal, l'investissement suit les échanges commerciaux. La France continue à être notre premier partenaire, il y a une reprise notoire au niveau de l'Allemagne parce qu'à un certain moment, les investissements allemands ont été réorientés vers l'Allemagne de l'Est suite à la réunification des deux Allemagnes.
Aujourd'hui, l'Allemagne lorgne de nouveau du côté de la Tunisie, nous venons d'inaugurer une entreprise allemande, le Continental à Bizerte. La Tunisie est aujourd'hui considérée par les Allemands comme étant un site stratégique pour les implantations futures.
L'Italie va à un rythme conséquent, dans ce pays, il y a beaucoup de PME qui supportent mieux la crise que les grandes entreprises et possèdent une certaine souplesse qui leur permet de se redéployer plus facilement. Au Fortronic organisé récemment à Tunis, 50 entreprises italiennes ont participé ; pour l'année prochaine, nous réorganisons ce salon avec les Italiens et les Français.
Est-ce que vous vous orientez vers la diversification des marchés ?
Evidemment. Nous avons une centaine d'entreprises suisses qui travaillent sur la Tunisie et 96 américaines hors énergie, à l'entendre, cela surprend plus d'un. 211 entreprises en provenance de pays arabes sont implantées dans notre pays. Les pays arabes sont les deuxièmes au niveau des flux des capitaux, près de 40%, à destination de la Tunisie après l'Union européenne. Nous sommes en train de percevoir un intérêt palpable de la part des pays asiatiques. Le Japon et la Corée du Sud offrent un fort potentiel, nous travaillons d'ailleurs avec le Japon, d'ailleurs nous venons de recevoir une équipe de journalistes du Japon et un documentaire sera diffusée sur la télévision japonaise sur la Tunisie. Nous avons d'ores et déjà deux grands leaders japonais implantés en Tunisie, Yazaki et Sumitomo.
Comment est-ce que vous procédez à la promotion du site Tunisie sur les nouveaux marchés ?
Nous participons aux manifestations économiques sectorielles et aux grandes messes, telles l'Exposition universelle de Shanghai au cours de laquelle nous allons organiser une journée économique consacrée à la Tunisie, nous participons également au Grand Forum de l'Investissement qui se tient en Chine chaque année, nous organisons des opérations avec nos ambassades, l'année dernière, nous avons participé à la Foire de Seoul qui a très bien réussi. Notre site a drainé plusieurs milliers de visiteurs auxquels nous avons présenté des documents et des brochures.
Nous profitons également des déplacements des hauts responsables de l'Etat pour engager des pourparlers avec les grands groupes. Lors de mes déplacements avec le ministre en Chine, en Corée et au Japon, j'en ai profité pour contacter LG, Hyundai et d'autres firmes.
Nous étudions la possibilité d'ouvrir des représentations dans ces nouveaux marchés. Nous travaillons sur l'Europe du Nord, la Hollande, le Danemark.
Et l'Europe de l'Est ?
Ils ne sont pas encore émetteurs d'IDE, pour l'instant nous assistons à un certain mouvement de relocalisation au profit de la Méditerranée Sud et particulièrement notre pays.
Parmi les raisons déterminantes pour s'implanter, certains investisseurs et particulièrement les Américains exigent un environnement d'affaires transparent où la bonne gouvernance, les bonnes pratiques et l'absence de corruption sont de rigueur. Estimez-vous que notre pays répond à ces critères ?
Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les instances internationales qui le confirment, Doing Business, Davos, Transparency International, CNUCED, les rapports de la Banque mondiale. La Tunisie est la mieux notée sur toute la région MENA et l'Afrique, et ce sur tous les aspects que vous avez mentionnés. Nous sommes très bien classés par rapport aux pays compétiteurs, à ceux qui sont au même niveau que nous.
Personnellement, j'estime que ce sont là des critères qu'on avance pour faire de la politique politicienne, car à voir le volume des investissements occidentaux réalisés dans certains pays qui n'ont rien à voir avec ces critères, on est en droit de se poser des questions. Les hommes d'affaires vont là où leurs intérêts sont préservés, toutes les autres raisons ne comptent pas pour eux. Dans notre pays les droits sont respectés contrairement à beaucoup d'autres.
La reprise des IDE, peut-on en parler aujourd'hui ?
La reprise ne peut pas se mesurer juste par rapport aux résultats que nous enregistrons nous-mêmes. La reprise à l'international a été analysée par les institutions internationales et elle est plutôt molle. Les rapports spécialisés parlent d'une concentration sur les corps business des entreprises elles-mêmes, la consolidation de l'existant. Parmi 240 multinationales interrogées l'année dernière sur leurs perspectives de nouveaux investissements, 45% ont déclaré ne pas en prévoir, le dernier rapport parle de 85%.
Nous pensons que les fusions acquisitions vont être quelque peu freinées, qu'il n'y aura pas pour cette année des investissements majeurs car il y a une surcapacité de production qui dépasse les besoins mondiaux. Par contre, ce sont les PME qui investiront, elles sont sur des niches, nous sommes un petit pays qui intéresse les PME sans oublier les filières qui n'ont pas été touchées par la crise tels l'aéronautique, les Tics ou l'offshoring, le service financier, l'expertise. Nous comptons axer nos actions sur ces activités dans l'avenir en consolidant les acquis.
L'industrie génère des emplois et nous en avons besoin, les services ce sont des activités à forte valeur ajoutée et le reliquat qui reste dans le pays est beaucoup plus important que celui des activités industrielles en matière de savoir-faire. «Pas la main-d'œuvre mais le mind (cerveau) d'œuvre».
Travaillez-vous avec les autres institutions pour promouvoir le site Tunisie ?
Nous avons d'ores et déjà 6 représentations à l'étranger, l'essentiel du travail est assuré dans ce cas par nos bureaux. Nous sommes soutenus par les ambassades là où nous ne sommes pas représentés, les missions économiques nous aident et soutiennent nos actions lorsque nous les sollicitons.


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