Proposition de fusion des caisses sociales....comment?    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Que reste-t-il du droit international ? Un colloque international à la Faculté des Sciences juridiques de Tunis, les 13 et 14 avril 2026    Stade olympique d'El Menzah : les travaux reprennent enfin fin 2026 !    Accès gratuit aux musées et sites historiques de Tunisie à l'occasion de la fête des martyrs    Réouverture du détroit d'Ormuz : quel impact sur les prix des billets d'avion ?    L'ambassade de Tunisie ferme ses portes le 9 avril : tous les détails    Startups tunisiennes : une percée stratégique à GITEX Africa 2026 pour séduire investisseurs et marchés internationaux    Réouverture du détroit d'Ormuz : quel impact sur les prix des billets d'avion ?    Championnat mondial de calcul mental 2026 : un élève tunisien âgé 8 ans remporte le 1er prix    Entreprises tuniso-françaises : Une année 2025 record, mais des nuages à l'horizon 2026    Téléviseurs QNED evo 2026 : LG repousse les limites du grand écran avec l'IA    L'Institut supérieur de biotechnologie de Sfax organise une journée portes ouvertes avec plus de 30 entreprises industrielles    Dorra Zarrouk se confie sur ses fausses couches : ''Je rêve toujours de devenir mère''    Opportunité pour la communauté tunisienne aux USA et au Mexique    Le Pr Slim Laghmani, candidat de la Tunisie au poste de juge au tribunal international du droit de la mer    Forme-toi, développe tes compétences et pars : ce projet t'accompagne pour une migration professionnelle organisée vers la France    Météo en Tunisie : ciel partiellement nuageux, températures en légère hausse    FTF : Qui sera le prochain directeur technique pour guider le football tunisien ?    Salsabil Klibi - Sadok Belaid, le savant et l'esthète    Le derby de la capitale...quand?    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Comprendre le système de la "Bette" et ses règles en Tunisie    Réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale : Alors que tout change...    La NASA intègre le couscous au menu des astronautes de la mission Artemis II    Météo en Tunisie : températures en légère hausse    Soliman plage: Préserver la station balnéaire de la progradation de la côte    Prix des cinq continents de la Francophonie 2026-2027 : lancement de l'appel à candidatures    Metline 2040 et le rapport d'or: Vers une ville durable à vocation biomédicale et de bien-être    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Journées du Film Francophone 2026 à Tunis, Sousse et Sfax : 15 films de 13 pays à découvrir du 9 au 25 avril    Galaxy A57 5G et le Galaxy A37 5G avec des fonctionnalités de niveau professionnel dévoilés par Samsung    6 avril 2000 : disparition du fondateur de la République tunisienne Habib Bourguiba    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Compétences au frigo
Publié dans Business News le 10 - 03 - 2008

C'est la terreur de tous les employés. Elle est pire que le chômage et atteint l'individu dans ce qu'il a de plus cher : sa dignité. Etre mis au frigo, comme on dit chez nous (au placard sous d'autres cieux), c'est avoir un salaire, parfois un bon salaire, pour ne rien faire. On retrouve ces cas dans plus d'une administration et dans plus d'une banque ou d'une grosse compagnie. Le salarié n'est pas licencié, mais il n'a plus de fonction réelle. Cela revient, parait-il, moins cher que de le mettre à la porte. On peut avoir été pilote, cadre bancaire, chef d'agence, rédacteur en chef d'un journal, animateur d'une grande ou intéressante émission, directeur d'un important organisme, nul n'y échappe quand on est dans une grande entreprise. Il n'est pas nécessaire d'avoir commis une grande gaffe pour être invité à rejoindre le frigo, il suffit que la hiérarchie vous prenne en grippe.
De là à nous interroger sur ces centaines de compétences, leur avenir et la valeur ajoutée qu'ils auraient pu insuffler au pays s'ils remplissaient leur fonction normalement. Un manque à gagner difficile, voire impossible à chiffrer, mais qu'on peut estimer à des centaines de milliers de dinars. Le phénomène n'est pas spécifique à la Tunisie, on le retrouve partout, y compris dans les pays les plus développés. Seulement voilà, dans les pays développés, les compétences se comptent par centaines de milliers, voire par millions. Mais chez nous ? Les compétences se font rares et se feront de plus en plus rares au vu du niveau moyen général de nos maîtrisards et diplômés de l'enseignement supérieur, de la concurrence et la mondialisation. Cette rareté touche tous les domaines et là où on a un bon nombre de vraies compétences (pilotes, ingénieurs, journalistes), on essaie de nous les débaucher que ce soit en Occident ou en Orient. Les meilleurs ne sont pas partis, certes (ou peut-être), mais ceux qui restent ne sont pas tous « exploités » comme il se doit.
Combien y a-t-il aujourd'hui d'animateur ou de journaliste de haut niveau à l'ERTT ou dans je ne sais quel autre ministère ou banque, qui n'en peuvent plus de ne rien faire ? Entre ceux titulaires invités à rester chez eux ou à ne pas franchir la porte de leur minuscule bureau ou encore les « chômeurs » (l'utilisation même de ce terme pour désigner une compétence est choquante) dont le contrat n'est pas renouvelé, on ne compte plus.
Où est untel ? Il est au frigo ! Où est untel ? Son émission n'a pas été reconduite cette année. Où est untel ? On lui a retiré la direction de l'agence, parce qu'il a refusé un prêt à un gros client. Où est untel ? On ne veut plus entendre parler de lui, il s'est permis de critiquer la stratégie de son chef devant le PDG.
Une seule alternative demeure devant tous ces « frigorifiés » : soit de rester tranquillement dans le bureau ou chez eux pendant quelques années le temps que celui qui les a placardés aille ailleurs (et il ira !), soit d'aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs et elle n'est pas plus verte ailleurs ! Dans un cas comme dans l'autre, nul ne sort gagnant dans l'affaire.
Pour eux, la situation est insoutenable. L'individu se sent humilié, touché dans sa dignité. Il a un boulot, un métier ou savoir-faire, mais il ne peut rien exercer à cause d'un supérieur qui n'est pas forcément plus compétent que lui. Cet individu s'appauvrit (intellectuellement et financièrement) de jour en jour. Sa vitalité, son dynamisme disparaissent et son savoir-faire s'estompe. Il sombre peu à peu dans la déprime et risque de ne plus jamais retrouver sa fougue d'antan.
Ces compétences ont coûté cher au pays en éducation et en formation. Quand la communauté s'apprêtait à récolter les fruits de son investissement, voilà qu'un petit chef en décide autrement ! Un petit chef qui pense, peut-être, que le frigo du boulot doit toujours être rempli, comme celui qu'il a chez lui !
Et pourtant ! Ces compétences ont encore beaucoup à nous donner. Beaucoup ! C'est triste. Très triste !
Chronique en hommage à un certain Khemaïs qui se reconnaitra et bien d'autres compétences.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.