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Le citoyen se fait-il arnaquer... par lui-même ?
Publié dans Business News le 26 - 09 - 2008

Les vacances sont finies. Le Tunisien est confronté à la deuxième importante phase du cercle des dépenses. Après l'hémorragie budgétaire en rapport avec la période estivale, il s'est plié aux exigences du mois de Ramadan et de la rentrée scolaire et universitaire. Il y a quatre semaines, il a affronté Ramadan avec des poches assez fatiguées. Il s'apprête maintenant à faire face aux fastes de l'Aïd que nous attendons dans quelques jours.
Au cours de ce mois caractérisé par la frénésie des achats, une mauvaise humeur pendant la journée et de la fatigue dans la soirée, le ménage se trouve avec encore plus de crédits et s'évertue à chercher le responsable de son malheur financier. A quoi est due cette mauvaise gestion ? Pourquoi consommons-nous tant et au dessus de nos moyens ? Faut-il blâmer l'Etat ? Les acteurs de la société civile y sont-ils mêlés ? Doit-on incriminer les commerçants et les accuser d'une voracité plus prononcée que d'habitude ? Vers qui doit-on pointer un doigt accusateur ?
Le premier lieu d'investigation se trouve être le marché. Tout semble être calme et comme d'habitude au marchés. On s'attendait à des réactions hostiles ou des gens souffrant d'une mauvaise humeur, mais il semble que chaque personne était ailleurs, en train de penser ou juste en train de vivre le quotidien. Première constatation : Les prix n'ont presque pas changé. Le kilo de pommes à 1.380 d, la Degla à 3.980 d… Mais certains prix ont connu une légère hausse, le kilo d'oignons a passé de 300 à 420 millimes, les tomates de 250 à 480 millimes, le concombre est affiché à 800 millimes au lieu de 650 et le poivrons à 850 au lieu de 600 millimes. Quant aux viandes, elles sont proposées aux alentours de 12.000 dinars le kilo. Le poulet se vend à 3890 le kilo. Les fruits de mer varient, comme d'habitude, selon la qualité et le type de poissons etc.
Le soir, c'est au tour des cafés de retenir l'attention. Il est temps pour visiter les cafeterias et les salons de thé après la rupture du jeûne bien entendu. Après la maison, c'est dans ces lieux que les Tunisiens préfèrent regarder leurs séries télévisées et rencontrer les amis. Les cafés sont quasi pleins. Il n'ya pas de place pour s'asseoir. Il faut parler à haute voix pour communiquer… comme dans une boite de nuit. Un petit coup d'œil sur le menu suffit pour voir la grande image. Quelques patrons ont trouvé de nouvelles façons de gagner plus d'argent pendant cette période. La vente conditionnée étant démodée, la hausse des prix est maintenant à la mode. Dans un café du centre ville par exemple, un thé à la menthe coûtait 700 millimes et un thé aux pignons coûtait 1.500. Cependant, on a découvert que si le thé à la menthe demeure à 700 millimes, le thé au pignon, lui, passe à 2.300. Il ne suffit pas à ces patrons et gérants de voir leurs salons de thé gagner, entre 22H et 3H, plus que toute une journée en temps normal.
Il est important de noter que ce n'est ni les prix, ni les tarifs qui sont les premiers et seuls responsables du l'épuisement des poches. Pendant ce mois, les exigences du Tunisien se doublent et se triplent même. Dans la plupart des familles, la table est bien garnie, plus que le vrai besoin. Nombreux sont ceux qui se laissent guider par leurs désirs : acheter un kilo de plus, acheter un élément de plus, acheter pour manger plus tard…
Les grandes surfaces, Magasin Général, Monoprix et Géant entre autres, ne facilitent pas la tâche de la ménagère. Elles rivalisent en offres pour pousser à la consommation qui a substantiellement augmenté durant les trois semaines précédentes. D'ailleurs nombreux sont ceux qui préfèrent appliquer une stratégie de vente (comme la baisse des prix de certains articles, chariots gratuits, offres de produits à gogo, etc.) afin d'attirer encore plus la clientèle et la convaincre d'acheter davantage.
Pour résumer la situation donc, on trouve, à une certaine heure de la journée, les marchés remplis de consommateurs. Les vendeurs, à leur tour, font tout pour appâter les clients à jeun. C'est ce qu'affirme K.L qui était en train de faire ses courses au Marché central : « Ramadan est sans doute le mois des désirs, de l'appétit. Bien qu'il représente un certain fardeau pour les familles, on ne peut que céder à la tentation. Rien qu'à voir cette multitude de pains à l'odeur exquise, nos désirs se trouvent décuplés. Et puis, après tout, ce n'est qu'un mois. »
Moins fataliste, M.G explique que malgré tous les efforts qu'il fournit pour économiser pendant ce mois, il ne parvient pas. Il est comme entraîné par le tourbillon général, par la frénésie des achats : « Le besoin de la famille en tout ce qui est sucrerie et nourriture spécifique à ce mois fait en sorte que la facture est de plus en plus élevée », se lamente-t-il.
F.D insiste quant à elle sur le fait que ses dépenses sont tout a fait normales et que rien ne sort de l'ordinaire, surtout que cela fait des années que ces habitudes et ces coutumes sont partagées par l'ensemble des Tunisiens : « Ce mois a son cachet, ses caractéristiques. Si on se comporte comme dans les autres mois, il perdra sûrement de son charme ».
Ainsi, le mois du Ramadan, connu en principe, pour être le mois de l'abstinence, de la retenue, de l'effort et de la volonté, se traduit, dans la pratique de la majorité des Tunisiens, par la tentation, le désir, la luxure, les dépenses folles et la consommation à outrance. Ce comportement laisse à penser que le citoyen se fait arnaquer par lui-même, avec les lourdes conséquences que son inconscience entraîne. Reste à savoir quels rôles jouent les marchands et les autres acteurs dans la spirale de la consommation et dans les habitudes du ménage tunisien. Quelles sont leurs opinions sur le sujet ? Comment peuvent-ils agir en vue d'aider la ménagère à équilibrer ses dépenses et le Tunisien à mettre un frein à ses appétits ?


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