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Tunisie - Enquête pour établir la "liste noire" des médecins tortionnaires
Publié dans Business News le 05 - 10 - 2011

Après les magistrats, les avocats et les journalistes, menacés par une chasse aux sorcières, en rapport avec leurs éventuelles implications avec le régime déchu, c'est maintenant au tour des médecins d'être visés et ce sont précisément ceux exerçant dans les prisons qui sont dans la ligne de mire.
La question de torture se poserait toujours, même après le 14 janvier. Certaines associations et organisations non gouvernementales de droits de l'Homme, ont déjà adressé des accusations claires à l'encontre de certains médecins des services pénitentiaires, pour participation active ou passive à des actes de torture. De son côté, l'Ordre des médecins «s'engage à ouvrir une instruction et prendre toutes les mesures disciplinaires, si les faits reprochés se confirment ». Il s'agit d'un sujet tabou, dont très peu de médias ont parlé, mais des éclaircissements s'imposent afin que la vérité soit dite et les responsabilités, s'il y a lieu, soient établies.
On a beaucoup entendu parler de sévices commis par les sbires de Ben Ali, contre des opposants politiques. On se rappelle bien, par exemple, des souffrances infligées aux détenus de la fameuse affaire de «Barraket Essahel» en 1991, qui est remontée à la surface à l'aube de la révolution avec les témoignages accablants de certaines victimes.
Rappelons également que l'Association de Lutte contre la Torture en Tunisie (ALTT) avait publié en 2008 un rapport alarmant sur les conditions de détention carcérale, d'interpellation ou de garde à vue. Le rapport décrit clairement, témoignages à l'appui, les violations des droits de l'homme avec, notamment, des atrocités sans limites des tortionnaires et une grande «créativité» en matière de « modes de torture ». Le même rapport a, entre autres, mis en évidence la complicité des médecins de la santé pénitentiaire, aux actes de torture.
Il y aurait même un médecin qui exerçait au sein des services pénitenciers sans être inscrit à l'Ordre des médecins afin de garantir l'anonymat et ne pas être démasqué !
Cette information a été révélée par un rapport de l'ONU publié en novembre 1998 intitulé « ONU : Comité contre la torture - Tunisie : des violations caractérisées graves et systématiques».
De l'avis de tout le monde, ce n'était pas une surprise que d'imaginer les tortionnaires de l'ancien régime s'acharner sur des détenus afin d'extorquer des aveux de complots contre la sûreté de l'Etat. Les injustices commises à l'époque sont certes à dénoncer, mais étaient prévisibles et correspondaient à la «logique» de répression en vigueur. Cependant, parler de torture après la révolution devient inconcevable, et d'autant plus choquant, quand les accusés ne sont autres que des médecins.
L'association Liberté et Equité a récemment organisé une conférence de presse afin de dénoncer la maltraitance, voire la torture de certains détenus à l'hôpital Charles Nicolle. Information à prendre avec des pincettes vu le peu de crédit dont bénéficie cette association d'autant plus que cette grave accusation, a été catégoriquement démentie par le ministère de la Justice.
Interrogé par Business News, Kadhem Zinelabidine, porte-parole du ministère de la Justice, a affirmé que toute agression éventuelle ou mauvais traitement sur des personnes arrêtées ou condamnées doit être prouvée. Une plainte doit donc être déposée et le ministère se chargera de poursuivre alors toute personne responsable, quel que soit son poste ou son grade. « Il n'y a plus d'impunité et toute torture sera punie à condition qu'il y ait preuve et plainte auprès du procureur de la République », a insisté le représentant du ministère de la Justice.
De son côté, l'Ordre des médecins a diffusé, ces derniers jours, un communiqué assez confidentiel que Business News a réussi à obtenir. Selon ce communiqué, l'Ordre des médecins s'engage à ouvrir une instruction afin de répondre aux accusations publiques des organisations non gouvernementales de droit de l'homme. Il relève «la poursuite de la torture après le 14 janvier 2011 au cours des interrogatoires musclés et dans certaines prisons en insistant sur la complicité des médecins de prison, qui auraient aidé les tortionnaires, selon ces accusations, par leur évaluation de la résistance des prisonniers à la torture et par leur maitrise des sites et endroits du corps qui ne gardent pas de traces de violence.»
L'Ordre des médecins a donc pris ces accusations au sérieux et compte bien suivre l'affaire.
D'un autre côté, l'Ordre a rappelé l'intérêt particulier qu'il accorde aux spécificités des soins en milieu carcéral. Une table ronde intitulée «Accès aux soins des personnes privées de liberté» a eu lieu lors de la réunion de coordination de l'Ordre qui s'est tenue les 16 et 17 juillet 2011 aux îles Kerkennah. Au cours de cette table ronde, trois exposés ont traité de l'aspect juridique, l'aspect éthique et l'état des lieux de la médecine pénitentiaire.
Il a également été convenu que l'ordre des médecins s'implique activement dans tous projets d'organisation du secteur médical carcéral, en élaborant avec le ministère de la Santé «un cahier de charges ou statuts spécifiques des centres de soins des établissements pénitentiaires (où il sera précisé les normes en locaux, normes en personnels, mission de chaque intervenant, indépendance du médecin, etc.)». Ces précisions limiteront les dépassements et protègeront à la fois les médecins et les détenus contre tout abus.
«Enfin, pour libérer les médecins de la pression de l'administration pénitentiaire, il a été proposé aussi de transférer la tutelle de la direction médicale des prisons du ministère de la justice au ministère de la Santé à l'instar de plusieurs pays européens».
Ceci étant, la discrétion dans ce genre de communiqué et le choix plutôt dissuasif de la pleine saison estivale pour organiser cette table ronde, nous porte à penser que l'initiative reste timide et limitée et la question reste encore gênante. L'image du médecin censée apaiser et soulager les maux ne peut être associée à celle qui inflige les souffrances. On a donc du mal à reconnaitre les dépassements de certains.
Les responsabilités doivent tout de même être clarifiées, pour que chacun, quel que soit son appartenance ou tâche, assume et paye pour ces erreurs. Dorra Megdiche Meziou


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