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Avec 8,8% aux sondages, Mohamed Abbou veut être calife à la place du calife
Publié dans Business News le 08 - 06 - 2014

Il a beau dire, jurer et crier sur tous les toits qu'il n'envisage pas de se présenter à la présidentielle, il n'y a rien à faire, Mohamed Abbou continue de monter dans les sondages.
Au dernier, publié par Sigma Conseil-Le Maghreb, le leader d'Attayar est crédité de 8,8% d'intentions de vote. Mieux encore, il occupe désormais la troisième place, une place raflée à son ancien patron et actuel président de la République, Moncef Marzouki.
Secrétaire général démissionnaire du CPR, ministre démissionnaire du gouvernement Jebali, Mohamed Abbou a des principes et il tient à les faire connaitre. Intransigeant quand il s'agit de « fassed » (corruption et malversation), Mohamed Abbou a toujours cherché à véhiculer cette image de probe et intègre. C'est donc de la manière la plus naturelle du monde qu'il claque la porte du gouvernement, puis du CPR, quand il découvre sur le tard que ces hautes qualités morales ne figurent pas chez ses anciens collègues et camarades.
A Attayar, qu'il crée de toutes pièces avec son épouse (dans les coulisses) et Hichem Ajbouni, commissaire aux comptes qui cherche à véhiculer la même image de probité que lui, cette valeur sera la colonne vertébrale de tout le parti.
Les 8,8% dont il est crédité sont finalement le résultat naturel de toute la stratégie de Mohamed Abbou de réunir autour de lui toutes les personnes imbibées sincèrement par ces valeurs morales, mais déçues par le CPR et par Moncef Marzouki.
Depuis sa démission du CPR, l'objectif de Mohamed Abbou était de devenir plus populaire que son ancien mentor Moncef Marzouki et de lui démontrer que lui avait raison et que le président avait tort de continuer à faire confiance aux Samir Ben Amor, Sihem Badi et Abdelwaheb Maâtar.
Un travail de longue haleine a été entrepris depuis la création d'Attayar, en mai 2013, avec en filigrane le message suivant : «Nous sommes probes, les autres ne le sont pas ! ».
Un an plus tard, le message semble avoir été entendu par les Tunisiens qui le créditent, enfin, d'un score supérieur à celui de Marzouki qui obtient 7,3% en dépit de ses multiples sorties médiatiques le mois dernier. Mission accomplie.
Mohamed Abbou peut-il obtenir davantage ? Sur le plan de la popularité uniquement, il lui sera difficile de faire beaucoup mieux et quasiment impossible d'atteindre les 15-20% dans les sondages. On peut tromper tout le monde un temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.
En dépit de tout, Mohamed Abbou garde les mêmes défauts que les CPR, que ce soient les nouveaux ou anciens. Il demeure imbibé par un extraordinaire sentiment de haine et un désir de revanche contre les différents cadres de l'ancien régime. Y compris les plus compétents et les plus probes. « T'as travaillé avec Ben Ali ? Tu dois donc être exclu ! ». Cette stratégie haineuse d'exclusion a fait que tout le discours de Mohamed Abbou soit inaudible auprès de la masse qui cherche l'unification des Tunisiens, plutôt que la division.
Ce n'est pas l'unique point commun que le président d'Attayar a avec les CPR. Il a également le double-langage et l'écart entre ce qu'il prétend être et ce qu'il est réellement.
Lui et ses pairs jurent leurs grands dieux qu'ils vomissent les barons de l'ancien régime ou les hommes d'affaires qui se sont enrichis grâce à Ben Ali, cela ne les empêche pas de faire du business avec eux. Et cela dans les degrés les plus élevés de la direction d'Attayar. Naturellement, ils jouent aux vierges effarouchées quand on leur fait remarquer ça.
Mohamed Abbou crie matin et soir à la justice, mais cela n'empêchera pas pour autant son épouse de s'en échapper et de se cacher derrière son immunité parlementaire. Et de jouer, aussi, aux vierges effarouchées en prétendant que ce n'est pas elle qui voulait de cette immunité.
Publiquement, Mohamed Abbou et son épouse jouent aux repus qui n'ont pas besoin d'argent. Pour preuve, Mme Abbou ne reçoit pas d'indemnité parlementaire depuis des mois ! Dans les coulisses, le couple d'avocats jalouse, d'une manière maladroitement discrète, un autre couple d'avocats (d'Ennahdha) qui n'a pas arrêté de faire des affaires depuis la révolution et spécialement depuis les élections du 23 octobre.
Avec le même populisme que ses pairs du CPR, Mohamed Abbou n'hésite pas à saborder les intérêts de l'Etat au profit de décisions qui pourraient lui apporter une quelconque sympathie. Sa décision de rendre samedi un jour de repos hebdomadaire supplémentaire en est la parfaite preuve. En période de crise, un véritable homme d'Etat incarne la valeur travail. M. Abbou fait le contraire et encourage au farniente. Last but not least, les militants et même les dirigeants dénigrent systématiquement les opposants et les médias qui les critiquent et critiquent Moncef Marzouki. Cela va jusqu'à l'insulte à la manière des journaux de caniveau puisque même les dirigeants RCDistes ne faisaient pas ça, du moins pas publiquement.
Résultat des courses, Mohamed Abbou peut être troisième, peut rafler la majorité de l'électorat du CPR (qui a eu 8,7% aux dernières élections), mais il lui sera difficile de faire mieux car il doit affronter plusieurs adversaires. Ses adversaires naturels qui ne manqueront pas de lui faire sortir des casseroles au moment opportun dès lors qu'ils s'aperçoivent qu'il a pris du poids et devient dangereux.
Mais aussi, ses « amis ». Ceux d'Ennahdha d'abord qui le connaissent un peu trop bien. La sortie accidentelle de Sahbi Atig il y a quelques semaines démontre, à merveille, le fond de pensée des Nahdhaouis purs et durs.
Et puis il y a les CPR. Les néo CPR qui l'ont déjà poussé à la porte de sortie du parti présidentiel.
Pas sûr que ces derniers vont le laisser tranquille et rester silencieux face à cet "Iznogoud". Ils lui mettront certainement des peaux de banane et n'hésiteront pas à publier des documents montrant que son entourage n'est pas aussi probe que ça.
Animés par un véritable sentiment de revanche, les Badi, Maâtar, Ben Hmidène, mais aussi les Daïmi, Mansar et Kahlaoui sauront faire de Mohamed Abbou leur meilleur ennemi. En coulisses, ils affinent déjà leurs couteaux. Un 8,8%, ça ne se passe pas sans impunité.


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