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80% de Tunisiens ne lisent pas de livres
Publié dans Business News le 02 - 04 - 2015

La tenue de la Foire internationale du Livre de Tunis, du 27 mars au 5 avril 2015, constitue, comme à l'accoutumée, une opportunité pour faire la promotion du livre mais aussi le procès de la lecture des « livres » dans le pays. En effet, selon les statistiques, les Tunisiens sont trop peu nombreux à s'intéresser à la lecture des livres dans le sens classique du terme.

Les Tunisiens possèdent-ils des livres chez eux ? Achètent-ils des livres ? Si oui, combien par an ? Quels sont les pourcentages de ceux et celles qui lisent les livres, plus précisément au cours des 12 derniers mois ? Quels sont ces taux selon qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes ? Et selon les tranches d'âge ?
A toutes ces questions et à bien d'autres, le bureau d'études de marché et de sondage d'opinion, EMRHOD, implanté dans la région d'Afrique du Nord à travers ses trois bureaux basés à Tunis, Alger et Casablanca, a apporté les premiers éléments de réponse. En effet, une enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de la population tunisienne.
Pour les besoins de cette enquête, EMRHOD a interrogé 1.500 personnes, par téléphone, dans les 24 gouvernorats englobant les zones urbaines et rurales, et ce du 23 au 27 mars 2015, soit le jour même de l'ouverture de ladite Foire.

En regardant, de plus près, les détails de cette enquête, des résultats significatifs et révélateurs apparaissent pour donner une idée pas très haute du degré d'intérêt accordé par les Tunisiens au Livre. Par contre, au cours des dernières années, vent de liberté d'expression oblige, ils lisent assez les journaux et autres supports électroniques, plus particulièrement les blogs et les posts publiés à travers les réseaux sociaux sur la toile.

Pour revenir au Livre, il ressort que qu'ils sont, en moyenne, environ 80 % de Tunisiens, toutes catégories sociales, toutes tranches et tous sexes confondus, à ne pas lire et, encore moins, à acheter des livres !
Il s'avère, ainsi, que 79 % des Tunisiens ne possèdent pas des livres dans leurs foyers, hormis, bien entendu, les journaux, les revues, les magazines, les manuels scolaires et le Saint Coran.
Plus grave encore, ils sont 86 % à n'avoir pas acheté un seul livre au cours des derniers 12 mois !
Autre donnée, tout aussi inquiétante, le fait que 81 % des Tunisiens n'ont lu aucun livre lors de l'année écoulée ! Et dans le cas où ils ont lu des livres, (ils sont près de 12% à le faire), le nombre de livres lus oscille entre 4,4 pour les femmes et 2,8 pour les hommes.

C'est dire la désertification ou presque dans ce domaine, une donne qui fournit une idée sur le degré du niveau de culture générale des peuples.
A titre de comparaison, en France, les chiffres sont éloquents puisque pas moins de 70 % des Français lisent au moins 1 livre par an, alors qu'en moyenne, un Français lit 17 livres chaque année. Ce qui reviendrait à dire que la tendance est pratiquement inversée.
Par contre, dans les pays maghrébins auxquels on veut, désormais, se comparer, les tendances ne diffèrent pas trop des nôtres. En effet, aussi bien en Algérie qu'au Maroc, l'on se plaint de la quasi-absence d'intérêt pour le livre et la lecture.

Quant aux facteurs ayant conduit à cette catastrophe intellectuelle et culturelle, ils sont nombreux et diversifiés.
Il y a, bien évidemment, la prolifération des chaînes de télévision satellitaires, notamment celles diffusant en arabe, qui accaparent l'attention par la multiplication des feuilletons et autres séries, mexicains, égyptiens, turcs, selon les époques et les modes, sans oublier les variétés et les émissions de téléréalité qui exercent une sorte d'hypnose sur les téléspectateurs, toutes catégories confondues.

Mais l'obstacle majeur, principal accusé en la matière, est sans conteste, l'Internet où les réseaux sociaux ont relégué toutes les autres sources d'information au second plan. Les gens, jeunes et moins jeunes, passent, de nos jours, des heures entières, quotidiennement, scotchés à leur ordinateur en train de naviguer et surfer, notamment, à travers les réseaux sociaux.
A ce niveau, Facebook et, à un degré beaucoup moindre, Twitter, est devenu l'opium des peuples des temps modernes. Rares sont les Tunisiennes et Tunisiens qui ne disposent pas d'au moins un compte sur ce réseau social.
Pire encore, dès qu'on a un moment de libre, on se rue sur son PC pour se connecter, consulter ses messages et regarder les publications des autres. C'est devenu le moyen d'information privilégié pour rester au fait de l'actualité même si les posts publiés ne sont pas toujours fiables, voire carrément des intox.
Et progrès technologiques obligent, avec l'avènement des téléphones portables, version smartphone, la facilité de consultation à tout moment à l'Internet et à Facebook ne fait que rendre les gens plus accro à cet outil de communication.

Loin de faire le procès des nouvelles TIC, il est utile de mentionner que le phénomène est plus accentué dans les pays où les systèmes éducatifs sont encore appauvris et attardés à l'instar de ceux dans les pays arabes. Sinon, comment expliquer l'intérêt toujours vivace pour le livre et la lecture dans les pays avancés d'Europe.
Il ne faut pas oublier de mettre à l'index l'absence totale ou presque des bibliothèques publiques incitant les gens à s'y rendre pour lire. Et celles existantes, déjà rarissimes, n'attirent plus que ceux ayant des projets à préparer. Alors que les librairies offrant des livres culturels sont de moins en moins nombreuses.

Le paysage se présente, donc, comme très peu propice à l'encouragement à la lecture ou à l'achat des livres. Faut-il incriminer des parties bien déterminées ou s'agit-il de faire, juste, un constat amer ? Y a-t-il des remèdes à cette situation de désertification ? Quel rôle pour les autorités officielles et quel rôle pour la société civile ? Mais quel rôle, également et surtout, de l'école et de la famille ? Des questions à creuser si l'on espère sortir un jour de cette pauvreté intellectuelle.


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