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Parc du Belvédère : Le poumon de Tunis étouffe !
Publié dans Business News le 31 - 03 - 2016

Le parc du Belvédère, le plus grand de la ville de Tunis, bulle d'air frais qui rafraichit chaque année nos étés caniculaires et qui s'étend sur un terrain de 110 hectares, est aujourd'hui en train de se détériorer sous nos yeux. Bouteilles d'alcool vides, mégots de cigarettes, restes de feu de camp, morceaux de matelas et de nattes, sachets et bouteilles en plastique jonchent les sols et les bassins du parc, abandonnés par les "visiteurs du crépuscule". Ces « bars à ciel ouvert », constituent un véritable danger pour les promeneurs ainsi que pour la faune et la flore du parc. Et comme si cela n'était pas suffisant, maintenant, un vieux projet de route passant au beau milieu du parc est en train de refaire surface. Un cauchemar pour certaines associations. Pourtant ce vestige historique et culturel est protégé par plusieurs articles de la constitution.

Nous sommes en 1892, le conseil municipal de la ville de Tunis décide de créer, sur une vaste colline d'oliveraies, tenue pour un Habous, le parc du Belvédère. Pour l'aménagement du parc, l´on a fait appel à Joseph de Lafocarde, architecte-paysagiste et jardinier en chef de la ville de Paris. Les travaux d´aménagement et de plantation ont été achevés en 1897, mais le parc n´ouvrira ses portes aux promeneurs qu´en 1910, date officielle de son inauguration. Pour ajouter à son agrément, on y transfère une midha du souk El Attarine ainsi qu'un pavillon à coupole d'un palais de La Manouba.

En septembre 1901, un casino de style néo-mauresque est ouvert à l'entrée du parc et inauguré officiellement en 1910. Plus tard, l'ancien casino a été réaménagé en club pour les officiers militaires. Y ont chanté les plus grandes célébrités comme Edith Piaf ou Dalida. Entre 1963 et 1969 est aménagé un zoo dessiné par des architectes paysagistes de la ville de Cologne.

Aujourd'hui, cet espace vert, resté depuis le plus important de la capitale, compte plus de 230.000 arbres, répartis sur 80 espèces, qui proviennent de tous les continents. Ce parc à l'anglaise est parcouru de routes carrossables, d'allées cavalières et de sentiers piétonniers. Le Belvédère possède en outre deux magnifiques portes en fer forgé. Celle qui est en face de l'avenue des Etats-Unis porte le nom de « première porte ». La « Deuxième porte » donne sur la place Pasteur, elle était, lors de la création du parc, la seule voie d'accès.

Ce lieu aux multiples dimensions, fait indéniablement partie de notre héritage culturel et en tant que tel, devrait être « préservé » par la loi. L'application pure et simple, par les autorités locales, des principes fondamentaux contenus dans les articles 42 et 139 de la constitution est indispensable. Quelques associations sont mobilisées aujourd'hui pour des actions au quotidien, telles que « Les amis du Belvédère » ou bien encore les collectifs « on a été embêté pour vous » et « Tunisie propre ». La capacité des citoyens à s'organiser autour d'une cause commune est grande et constitue le premier rempart contre tout abus. Toutefois ces associations agissent via des actions ponctuelles et se trouvent très souvent dépassées par l'ampleur du phénomène.

Aicha Ibrahim, écrivain tunisienne, a déploré récemment la dégradation du parc, dans son ouvrage « Jardins secrets du Belvédère » où elle cite dans un passage Boubaker, ce fidèle amoureux des jardins secrets du parc : « Pour bien comprendre, nous dit-il, fermez les yeux, un instant et imaginez la ville de Tunis sans le parc du Belvédère ; du béton et de l'asphalte qui couvrent la colline, des routes à la place de l'actuel manteau vert de sites privés interdits au public. Un vrai cauchemar, me direz-vous, chers riverains, passagers visiteurs, sportifs, militants écologistes, amoureux de la nature…et pourtant les menaces sont bien réelles : délabrement du patrimoine bâti (la Kobba notamment), dégradation des sols, vieillissement du couvert végétal, animaux stressés, pollution sonore et visuelle, ressources humaines et financières insuffisantes, décideurs locaux dépassés malgré leurs efforts…Et que dire encore ».

Suite à l'indignation des internautes face à des images postées sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, montrant les bassins du zoo dans un piteux état, nous nous sommes déplacés sur les lieux. Durant l'entrevue avec le médecin vétérinaire, Amor Enaifer, directeur des lieux, ce dernier a déploré le manque de moyens mis à sa disposition mais aussi l'afflux massif de visiteurs pas toujours respectueux des règles d'hygiène et de civisme. « Notre rôle comme scientifiques est d'assurer la continuité et la reproduction des espèces présentes dans le parc et ce dans des conditions optimales, mais aussi à assurer leur sécurité face à des visiteurs qui ne sont pas toujours conscients du mal qu'ils peuvent provoquer à ses animaux » a-t-il déclaré.

Ces dernières années, ce temple nature a fait l'objet d'appétits financiers. Le 15 janvier 2011, Ben Ali vient de prendre la fuite. Au lendemain de cette date, le conseil municipal de la ville de Tunis devait se réunir afin d'approuver le projet de cession du parc au bénéfice de la famille Ben Ali. La Cathédrale-nature était destiné à être divisé en trois lots pour accueillir des projets immobiliers. La révolution a donc sauvé les arbres centenaires du parc.

Très récemment, l'association des amis du Belvédère a lancé une pétition sur Internet conte le projet de réalisation d'une route express traversant le parc, tel que le montre le Plan d'aménagement Urbain (PAU) de la commune de Tunis, affiché dans les arrondissements municipaux.

Face aux différentes menaces, ce parc, un des rares générateurs d'air frais de la ville de Tunis mériterait sa place au patrimoine national, devenant ainsi de facto une destination touristique à lui seul ce qui pourrait éviter sa déliquescence programmée. Et pour ce qui est des citoyens pollueurs, il suffirait d'appliquer les règles et lois déjà existantes. Le parc du Belvédére est une richesse qui devrait être valorisée aussi bien par les autorités que par le citoyen tunisien. En attendant, la situation se détériore de jour en jour et la mobilisation citoyenne ne suffira pas à le remettre en état.


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