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Réactions à l'hospitalisation du Président Béji Caïd Essebsi : Indignité et indignation
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 06 - 2019

Le principe de dignité de la personne humaine est une valeur universelle et un principe inscrit dans toutes les législations et conventions internationales. La formulation de ce principe est insérée entre la reconnaissance de la primauté de la personne et le respect de l'être humain. Le fait d'être président de la République ne nous prive pas de ce droit fondamental.
Jeudi dernier, journée exceptionnelle en Tunisie, trois attaques terroristes dont deux simultanées à la capitale Tunis et des informations sur la dégradation de la santé du chef de l'Etat, Béji Caïd Essebsi, provoquant son hospitalisation d'urgence. Des évènements qui ont marqué tous les Tunisiens et comme à chaque fois, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux, certaines d'entre elles sont simplement indignes face à une situation sensible et même critique.
En effet, dans la foulée de l'attention médiatique accordée aux événements sécuritaires suite au double attentat à Tunis, c'est notamment l'état de santé du président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui préoccupait, jeudi dernier, tout le monde, lorsque la présidence de la République avait annoncé, pour la première fois, son hospitalisation suite à un sérieux malaise. Depuis, les réactions se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, certains ont même précipité sa mort et la rumeur s'est propagée massivement, au point que des médias étrangers l'ont rapportée et l'ont présentée comme fait réel. Si de nos jours l'usage des réseaux sociaux doit être accompagné d'une vigilance absolue et d'un sens de responsabilité développé, c'est parce que dans de telles circonstances où il est difficile de remonter aux origines et aux sources des informations, les dérives s'avèrent parfois dangereuses. On pourrait se montrer tolérant et compréhensible si ces dérives étaient commises par de simples internautes qui manquent parfois de réflexe de vérification de l'information et qui tombent dans le piège du sensationnalisme et du buzz médiatique, mais lorsqu'elles sont commises par des figures dites publiques, la situation devient préoccupante et même alarmante. On aurait peut-être mieux fait de s'abstenir !
Tweets indignes
Maintenant que les esprits se sont calmés, ce sont les réactions les plus indignes et les plus irrespectueuses qui ont été retenues et ne risquent pas d'être oubliées. C'est notamment le cas de Amira Yahyaoui, ancienne présidente de l'association Al Bawsala et activiste dans le domaine de la lutte contre la torture, qui a littéralement choqué la Toile. Cette dernière, dans une réaction inhumaine et irresponsable, s'est laissé porter par ces rumeurs et s'est montrée même hostile à la personne du président de la République dans ces circonstances confuses. « Aujourd'hui, j'ai une pensée pour toutes les personnes torturées alors que BCE était ministre et le savait. Je me souviens de sa complaisance avec les deux dictatures Bourguiba et Ben Ali. Tout a une fin et il ne manquera pas », a-t-elle posté sur le réseau Twitter, déclenchant une vague d'indignation compte tenu de ces propos indignes et même choquants.
Un autre tweet a provoqué l'indignation des internautes, celui d'Intissar Kheriji, fille du président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi. Cette dernière a également précipité la mort du président de la République, et s'est même penchée sur une question constitutionnelle et légale de l'ère post-Caïd Essebsi. « Le président de l'Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Ennaceur, succédera ainsi au chef de l'Etat jusqu'à la tenue des prochaines élections. Reste à savoir s'il va signer la semaine prochaine les amendements de la loi électorale », a-t-elle écrit sur tweeter avant de supprimer le tweet, peu de temps après.
Si ces deux réactions ont marqué le plus les esprits des Tunisiens, elles ne sont pas les seules à avoir précipité la mort du président de la République. D'autres personnages publics ont contribué à l'alimentation de ces rumeurs à travers la publication de posts et de tweets «mystérieux» et peu clairs faisant allusion également que le président de la République serait décédé. La publication sur Facebook de l'homme politique Mahmoud Baroudi en est un autre exemple de ces commentaires irresponsables. Celui-là a publié un post annonçant le décès du chef de l'Etat et critiquant l'absence de communication sur l'état de santé de Béji Caïd Essebsi.
Le président Caïd Essebsi a été victime jeudi dernier d'un grave malaise et a été transporté en urgence à l'Hôpital militaire de Tunis pour recevoir les soins nécessaires, selon un communiqué de la présidence de la République. Maintenant, les dernières informations, jusqu'à la rédaction de ces lignes, vont dans le sens d'une stabilisation de son état de santé, voire d'une amélioration. Et ce sont Firas Guefrech et Saïda Garrache, conseillers à la présidence de la République, qui ont démenti, rappelons-le, l'information selon laquelle le chef de l'Etat est décédé, affirmant que son état était stable.
Les fake news, cancer des réseaux sociaux
Nous les utilisons tous, les réseaux sociaux sont devenus des outils si banalisés dans notre vie quotidienne qu'ils commencent à en faire partie. Mais dans certaines circonstances, comme nous l'avons constaté jeudi dernier, ils se transforment en de véritables machines à fabrication de rumeurs et de fake news. En effet, avec l'avènement d'Internet et surtout des réseaux sociaux, les fake news et les rumeurs ont trouvé leur plateforme de prédilection. Elles se transmettent désormais en un clin d'œil, aussi vite que l'information réelle, laissant l'internaute, et même les médias, souvent pantois, dans ce qu'on appelle l'ère du sensationnalisme et de l'après-réalité, lorsque l'émotion prime les faits.
Faits erronés, rumeurs, parodie d'information, manipulation, news mensongères, accusations à tort, voire théories du complot… Face à l'essor de la désinformation et de la manipulation politique des esprits, portée par les réseaux sociaux, la pratique de la vérification des informations devient compliquée, notamment dans un contexte national de construction démocratique. Ainsi, le rôle des médias s'avère primordial pour contrecarrer cette tendance à désinformer le public et les citoyens, à ceci s'ajoute également un appel à la vigilance de la part des internautes. Et c'est dans ce sens que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait appelé à se retenir et à ne pas diffuser de fausses informations susceptibles de causer la confusion chez les Tunisiens.
Idem pour Noureddine Taboubi, secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt), qui a largement critiqué ces rumeurs, et les parties qui en sont la cause. «Ceux qui se sont montrés heureux après la rumeur de la mort du président de la République sont foncièrement immoraux», a-t-il dénoncé dans des déclarations médiatiques.


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