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Les avantages d'une privatisation
VISITE TECHNIQUE
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 03 - 2016

Le plus mauvais cauchemar du conducteur tunisien, celui qui l'empêche de dormir pendant des semaines, celui qui lui fait détester la voiture dont il est habituellement si fier, c'est la corvée annuelle de la visite dite technique de son véhicule.
Vous pourrez échapper aux taxes locatives, retarder le paiement de vos impôts, séduire votre banquier pour qu'il montre de la patience sur votre découvert, espérer un délai pour vos factures d'électricité et d'eau, vous ne pourrez jamais échapper au couperet de la visite technique.
Il n'y a que deux centres d'inspections à Tunis, tous deux encombrés par de longues files d'attente. L'ambiance est tendue, l'impatience, visible et l'agacement, palpable. Parfois, des protestations éclatent lorsqu'après avoir attendu plusieurs heures, on annonce la fermeture du centre. Les fonctionnaires qui y travaillent sont nonchalants, agressifs et hautains. Les techniciens qui inspectent ont des gestes mécanisés, sans conviction, presque dégoûtés, leur face exprime le sentiment qu'ils se demandent ce qu'ils font là. Bref un endroit malfamé pour tout le monde.
Pourquoi une visite annuelle ? Des pays plus développés que nous ne l'imposent que tous les deux ans.
Pourquoi des centres nationaux de visite technique? Beaucoup de pays ont privatisé depuis longtemps cette inspection, le Brésil, l'Angleterre, l'Italie, la Norvège pour n'en citer que quelques-uns. La visite technique sera faite par des garagistes agrémentés, donnant ainsi à chacun la possibilité de passer la visite dans son quartier et aux garagistes la possibilité éventuelle de faire les réparations nécessaires. Cela fera une rentrée d'argent supplémentaire aux garagistes et créera plus d'emplois.
Avec les garagistes, pourraient se créer des centres d'inspection privés comme dans beaucoup de pays (Irlande, Grèce). Ces centres inspectent jusqu'à 150 points sur les voitures, chose que ne pourra jamais faire la visite technique nationale, en outre, l'Etat n'a pas la vocation d'être mécanicien. Vocation qu'il exerce, d'ailleurs, de façon sélective puisqu'on n'a jamais vu un bus de la SNT passer la visite technique et Dieu sait qu'ils sont en mauvais état et qu'ils polluent abondamment.
Il est temps de remettre en question un certain nombre de pratiques en Tunisie, des pratiques qui empoisonnent la vie du citoyen, empêchent le développement du business et témoignent d'un Etat omniprésent qui veut tout faire, tout accaparer.


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