Trois startups tunisiennes sélectionnées pour participer à GITEX Africa Morocco 2026    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Le Conseil européen de la fatwa annonce la date de début de l'Aïd el-Fitr    Suspension temporaire des activités du consulat honoraire de Norvège    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Météo : vents forts et températures en hausse en Tunisie    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Pourparlers Washington–Téhéran : la réunion de vendredi annulée après un désaccord sur le format    Licenciement pour faute grave : un séminaire de formation les 12 et 13 février à Sousse    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Réseaux sociaux et enfants : l'OIPEM alerte sur les risques psychologiques et sociaux d'un usage précoce    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Un enfant tunisien retenu depuis deux mois à Kuala Lumpur    Important pour tous les Tunisiens : la loi sur la location-accession bientôt adoptée    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Météo Tunisie : Temps nuageux, vents forts, pluies orageuses et baisse des températures mercredi    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    La Banque centrale de Tunisie intègre le rial omanais dans la cotation des devises étrangères    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Le paiement en espèces est-il désormais libre de toute contrainte ?    Le PSG officialise l'achat de Khalil Ayari    Tunisie : l'huile d'olive domine le marché russe    CSS : Cinq joueurs prêtés pour renforcer les clubs tunisiens    Picasso: l'éternel réinventeur de l'Art    Tunisie-Koweït : vers des relations bilatérales renforcées    Arbitrage en crise : les arbitres passent à l'action ?    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Tout sur le nouveau SUV Mahindra 3XO : la voiture pensée pour la vie quotidienne des Tunisiens, économique et fonctionnelle (Vidéo)    Amendes autocollantes vs changuel : quelle alternative pour le recouvrement et la sécurité ?    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Paiement de la taxe de circulation 2026 : dates limites selon le type de véhicule    Egypte : la chanteuse tunisienne Sihem Grira décédée    Mounir Zili - Agriculture Durable vs Agriculture «Rentable»: Le choc des modèles au cœur de l'olivier tunisien    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    Festival Mon premier film Documentaire MyfirstDoc 2026 : appel à films documentaire d'écoles de cinéma de Tunisie    Sfax rassemble ses livres    Yadh Ben Achour : Le déclin de l'universalité des droits de l'homme (texte intégral)    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Décès de l'actrice de'' Home Alone''    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Beauté et dissidence
Ouverture des journées chorégraphiques de Carthage
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 06 - 2018

Il y avait de la force et de la poésie à travers des mouvements de marche en groupe et des sauts aux équilibres précaires. Il y avait de la colère marquée sur les visages parfois encore de la tristesse et la peur.
La danse a ses Journées. C'est officiel ! L'ouverture des Journées chorégraphiques de Carthage a eu lieu mardi à la Cité de la Culture. La naissance de «Carthage Dance» est fortement attendue par les danseurs et les chorégraphes tunisiens qui ont toujours déploré l'indifférence des autorités à l'endroit d'un art majeur, la danse. C'est fait.
A la salle de l'opéra de la Cité de la culture, Meriem Gellouz a fortement salué l'événement annonçant la primeur donnée aux rencontres Sud-Sud, en faisant la part belle aux chorégraphes tunisiens. La présidente des Journées a fait valoir l'engagement du festival à prôner les valeurs fondamentales, s'ériger contre les exclusions et pour la reconnaissance du corps en tant qu'expression de liberté.
Le festival qui s'inscrit sous le slogan «Il n'y a pas de corps dansant sans dignité corporelle» comprend pas moins de 40 spectacles, des ateliers, des conférences et des projections de films. C'est dire que cette manifestation inaugurale qui se tient du 26 juin au 1er juillet s'est voulue à la hauteur des attentes de la profession, d'abord, et du public, ensuite.
La danse des ghettos
En présence du ministre de la Culture et de quelques officiels, le spectacle d'ouverture est présenté par la compagnie sud-africaine «Via Katlehong». Huit danseurs interprètes ont présenté durant près d'une heure et demie la pièce «Via Kanana» signée par le chorégraphe Gregory Maqoma. Né à Johannesburg, reconnu à l'échelle internationale, Maqoma est lauréat de plusieurs prix internationaux. Il a chorégraphié entre autres le concert d'ouverture de la Coupe du monde de foot en 2010, dans son pays, en Afrique du Sud.
La troupe a présenté devant un public tunisien curieux des tableaux de danse et musique rythmée qui développent une thématique annoncée d'entrée de jeu sur le double écran géant du fond : la corruption.
Sur l'avant-scène carrément vide, épuré, si l'on veut, se déploient les danseurs pour danser le «pantsula». Une danse lancée par les ghettos de Johannesburg se caractérisant par les mouvements de groupe, les contorsions énergiques, les frappes des pieds, le claquement des mains et les tournoiements des hanches. Les vidéos et les images projetées ont fait office d'écrin. Les silhouettes des danseurs s'y projettent, s'y incrustent et se dupliquent pourvoyant de profondeur la scène et d'une trame dramaturgique au spectacle.
Théâtre dansé
A travers une belle communication entre eux, les danseurs accomplissaient des mouvements acrobatiques en tapant des pieds rappelant à la fois la danse des claquettes ainsi que les danses populaires pratiquées pour se divertir et surtout dénoncer. La dénonciation de la corruption comme annoncé au début se fait claire mais la pauvreté et l'exclusion également.
L'espace scénique s'est voulu, d'abord et avant tout, un lieu de dissidence politique. Dommage, quelques tableaux ont été parfois longs et répétitifs. La barrière de la langue a été un handicap majeur pour une œuvre qui se revendique, d'abord, du théâtre dansé. Les danseurs interprétaient des personnages qui parlaient et chantaient en racontant un récit. Ne comprenant pas la langue de la pièce qui aurait gagné à être sous-titrée, le public s'est concentré sur les mouvements des corps.
Il y avait de la force et de la poésie à travers des mouvements de marche toujours en groupe et des sauts aux équilibres précaires. Il y avait de la colère marquée sur les visages, parfois encore de la tristesse et la peur. Il y avait de la beauté, de la théâtralité et une performance physique, sportive même, des corps dansants qui se sont unis, séparés, enchevêtrés pour porter des messages, défendre des idées, dénoncer des travers et des conditions de vie difficiles. Le train bondé projeté sur écran présente une scène de la vie quotidienne et désormais contestée. Du début jusqu'à la fin, des émotions fortes sont scénarisées à travers des prouesses physiques époustouflantes et par des danseurs qui ne se sont accordé aucun répit. Le public tunisien a fortement apprécié et l'a fait savoir.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.