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Il en est la solution!
Opinions - Le peuple n'est pas le problème de la révolution
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 05 - 2011


Par Boujemaâ Remili
Si nous nous rappelons bien, Farhat Rajhi n'a pas été le premier à accuser notre armée nationale de velléité de dictature. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'appétit du pouvoir et le fait qu'il semble si accessible poussent les uns et les autres à vouloir s'offrir de petits coups de pouce de popularité, même si c'est l'exigence d'honnêteté intellectuelle qui en fait généralement les frais.
Mais nous nous tromperions si nous mettions tout sur le compte de ce type de sorties non contrôlées et les dérapages qui vont avec. Si la moindre parole suffit pour déstabiliser un pays, le problème ne se situe plus au niveau de ladite parole mais plutôt à l'échelle dudit pays.
Nous avions personnellement, depuis les premières semaines de la révolution et par le biais de ce même support médiatique qui nous a été amicalement ouvert qu'est le journal La Presse, souligné l'importance du message central à produire par le gouvernement, pour répondre aux angoisses profondes du peuple et l'amener vers plus de sérénité.
Cependant, si ce message n'est pas difficile à deviner, il est loin d'être évident à mettre en œuvre. En effet, sa complexité réside essentiellement dans le fait qu'il doit nécessairement passer par les actes, pour devenir crédible. Sinon, cela se transforme en une série d'‘Incha' insipides et à la longue ennuyeuses.
Le cœur du message s'appelle rupture ferme avec l'ancien. Sa déclinaison la plus convaincante s'intitule engagement résolu dans le nouveau. Ses modalités passent par la production de signes visibles. Ceux-ci ne concernent pas tant les personnes à écarter des élections, alors qu'ils n'intéressent plus grand monde vu le nombre incalculable de casseroles qu'ils vont continuer à traîner, ni non plus les mesures exceptionnelles à mettre en place, à propos de l'impact desquels personne ne se fait d'illusion, quant à son immédiateté.
Plus que tout et au-delà de tout, c'est la nouvelle mécanique à promouvoir, celle qui n'a qu'un seul secret, celui du ‘respect du citoyen et une seule méthode : la transparence.
Prenons le cas des deux appareils d'Etat les plus redoutables en temps normal comme en tant de révolution, le sécuritaire et le judiciaire. A moins d'être un rêveur ou un naïf, il s'agit de deux systèmes phares dans le pourrissement du régime déchu et qui mettront beaucoup de temps à se transformer. D'où la grande question, pour ce qui est du mode, le meilleur sur la base duquel il s'agirait de faire fonctionner ces deux méta systèmes, pour initier la «rupture avec l'ancien sans possibilité de retour en arrière» et, provoquer l' «engagement résolu dans le nouveau, sans saut dans le vide».
Cela ne devrait pas se faire en gommant artificiellement les antagonismes et les contradictions, en faisant croire que tout marche bien, mais bien au contraire, en faisant apparaître clairement la difficulté de cette genèse, qui reste l'objet d'un combat, celui de la société dans son ensemble contre ses propres peurs et blocages. Faire taire ou dissimuler les dysfonctionnements inhérents à ce type de contexte, c'est rendre un mauvais service à la révolution.
Faiseur de miracles ou sage-femme accoucheuse de révolution
En effet, la révolution est un apprentissage qui passe par un effort pédagogique, avec la seule différence qu'il s'agit d'une situation où «tout le monde apprend à tout le monde et de tout le monde», personne n'étant préalablement certifié en matière de savoir-faire révolutionnaire.
Le gouvernement provisoire semble trop pencher pour endosser un rôle de faiseur de miracles, alors qu'il ne lui est demandé que d'être «une sage-femme-accoucheuse de révolution», avec le moins de douleur possible, en demandant à la société en travail de respirer à fond et de garder les yeux ouverts, pour rester en état d'acteur complet de cet incroyable et inespéré accouchement.
Prenons, de la même manière, le cas de l'ingouvernabilité régionale et locale, qui semble constituer l'un des obstacles majeurs à la mise en œuvre des actions d'urgence, censées précisément satisfaire les demandes des régions et des localités qui en ont grand besoin, mais dont l'exacerbation du sentiment d'insatisfaction vis-à-vis de leur situation profondément détériorée vient accroître davantage leurs difficultés de gouvernance, qui viennent à leur tour aggraver le blocage de la mise en œuvre des solutions préconisées !
Même par rapport à ce cas de figure, actuellement aussi fréquent que difficilement résorbable, il s'agirait de s'y prendre tout à fait autrement, au moyen du couple rupture-réengagement. Et cela, encore une fois, non pas au moyen de l'exclusion ou de l'exclusive, mais essentiellement par le biais de la mise en place de nouveaux mécanismes de fonctionnement, qui rompent totalement avec l'ancienne chaîne qui ne tournait qu'à sens unique, au profit d'un nouveau dispositif démocratique de concertation, de priorisation, de programmation, d'exécution et de suivi participatif des actions.
Ainsi, la question centrale de la révolution n'est pas celle de repérer et de figer deux sociétés diamétralement opposées : une société révolutionnaire et une société contre-révolutionnaire, mais de se dire que la Tunisie tourne une page de son Histoire et que, désormais, l'unique problème pour toutes les composantes de la société réside dans leur capacité à participer à l'écriture de la toute nouvelle page qui s'ouvre, avec un sens et une syntaxe appropriés.
La vision par rapport à l'ancien ne devrait pas être d'ordre moral, relevant du bien ou du mal, mais du simple constat que si l'ancien est devenu caduc, le nouveau reste entièrement à inventer.
Le maître-mot de la présente phase de la refondation moderniste de la Tunisie s'appelle crédibilité. Seuls des plans d'action concertés (des PAC) entre les différents acteurs sectoriels, régionaux et locaux, dont la priorisation ferait l'objet d'une négociation proactive et dont les modalités de mise en œuvre et les impacts seront clairement et préalablement mis en évidence, permettront d'aller vers un nouveau contrat social de coresponsabilité, initié par le gouvernement actuel et poursuivi par ceux qui viendront après. Car l'un des handicaps du gouvernement actuel est sa tendance à se décliner systématiquement en tant que gouvernement provisoire, ce qui n'est pas particulièrement rassurant, alors que ce qui devrait primer c'est la continuité de l'Etat, les changements de gouvernements étant dans l'ordre des choses.
De tels PAC permettront d'asseoir la stabilité tant recherchée, sur des bases crédibles et non pas à partir des seuls vagues sentiments d'adhésion aux valeurs et aux objectifs de la révolution. La mise en œuvre de tels processus, dans lesquels la société civile devrait jouer un rôle déterminant, montrera que, contrairement à ce qu'on pourrait être tenté de penser, le peuple n'est pas le problème de la révolution mais sa solution, à condition qu'il puisse clairement se rendre compte que l'on n'est pas en train de l'embobiner.


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