Nouveau discours de Donald Trump: le bout du tunnel reste encore lointain    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    La Nazionale mise sur la continuité : Gattuso soutenu par la Fédération    Le médicament de la thyroïde en rupture ? Nabil Said révèle la solution    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    Vendeurs ambulants : attention aux balances truquées, les Tunisiens se font arnaquer !    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Pourquoi le poulet se fait rare dans les marchés tunisiens    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Fermeture imminente du théâtre municipal : préparez-vous !    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    Compteur intelligent vs compteur classique : quelle différence pour les Tunisiens ?    Réserves de devises : ce que les chiffres révèlent vraiment    Espérance de Tunis face à Sundowns : les arbitres officiels révélés    Musées tunisiens et sites historiques : nouveaux tarifs d'entrée à partir du 01 avril 2026    Kia PV5 Cargo remporte la catégorie historique ' VU ' des Trophées de L'argus 2026    FIFA : décision finale sur l'Iran pour 2026    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    Festival du Cinéma Palestinien en Tunisie : 1ère édition du 2 au 12 avril 2026 à l'espace Le Rio à Tunis    Les Emirats interdisent l'entrée aux Iraniens    L'activité de la marque SEAT transférée temporairement vers le showroom CUPRA Ain Zaghouane    Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen Orient, POESAM , lancée dans sa 16e édition    Météo en Tunisie : temps froid, neige et pluies orageuses dans plusieurs régions    Sadok Belaïd: Dans son sillage...    Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    Livre "Kairouan, la ville et ses saints. Lectures hagiographiques" par Nelly Amri, paru aux éditions Contraste    L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Météo en Tunisie : pluies éparses, températures en baisse    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'éthique et la révolution
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 09 - 2011


Par Khemaïs FRINI
«Les mouvements politiques ne reposent pas sur des attitudes rationnelles mais sur des représentations, des images, des mots, des archétypes…» (Milan Kundera)
La réalité post-révolutionnaire que nous vivons depuis près de 8 mois le prouve. Tout est question de représentation, de communication et parfois même de fantasmes révolutionnaires.
Il nous a été très réconfortant de voir se réaliser, grâce aux sacrifices consentis par nos martyrs, le printemps démocratique et révolutionnaire dont on a rêvé depuis 23 ans. La révolution tunisienne n'est ni bolchévique, ni islamiste, elle est démocratique, moderniste faite spontanément et sans leadership par des jeunes gens instruits, la plupart d'entre eux en panne d'emploi.
Ethique sociale
Dès lors tous ces jeunes diplômés, ces déshérités, les chômeurs et tous ceux qui ont contribué au succès de la révolution aspirent légitimement à un mieux-être pour mieux faire dans la dignité et le respect des institutions. Comment y parviendront-ils ?
Force est de reconnaître que le gouvernement de transition a bien réfléchi sur des mesures appropriées pour répondre aux attentes des jeunes et des régions; des mesures à court et moyen terme. Mais une course effrénée des revendications sociales et corporatistes empêchent d'aboutir à des résultats à la hauteur des attentes.
L'individualisme de certains prend le pas sur l'entraide et la solidarité.
Certes l'éthique révolutionnaire c'est-à-dire la dignité et la recherche d'une meilleure relation sociale doit être respectée au niveau du management des entreprises. C'est la responsabilité sociale de celles-ci d'instaurer un nouveau modèle de management qui ne soit pas autoritaire, méprisant et dominateur et en contradiction avec les règles élémentaires de l'éthique. Cela s'acquiert cependant par les moyens démocratiques et le dialogue.
Mais au niveau des corporations et certains ordres il est difficile d'admettre les tentatives de court-circuiter les instances législatives futures qui seront mises en place démocratiquement dans le but de s'octroyer des avantages et des passe-droits profitant d'un rapport de force virtuellement favorable. Cela est contraire à l'éthique citoyenne.
Par ailleurs, l'économie secouée par tant de perturbations et de casses ne peut supporter longtemps une surenchère sociale et syndicale qui gagnerait à être reportée pour plus tard. Même quand on a la fibre sociale, il est des situations que l'on se doit de désavouer voire dénoncer.
On pouvait craindre deux situations provenant de forces opposées : d'abord une rémanence de l'ancien régime qui devient, Dieu merci, de moins en moins probable même si elle était exacerbée par des tentatives d'exclusion, politiquement et stratégiquement maladroites. L'autre crainte est que la révolution ne dévie de ses objectifs initiaux, à savoir la justice sociale et la démocratie. On appréhende en effet qu'elle ne soit déviée par l'intransigeance, le jusqu'auboutisme, l'extrémisme, l'intolérance religieuse, la surenchère syndicale et l'esprit corporatiste au détriment de l'intérêt général. On avait peur également et à juste titre pour notre économie qui, fragilisée, ne pourra procurer les moyens de lutte contre le chômage et les inégalités. Dès lors le cercle vertueux risque de se refermer sur nous et il sera bien trop tard de s'en sortir à si bon compte. Quand l'économie est en récession pendant plus des deux tiers de l'année on ne voit vraiment pas comment s'en sortir sans prendre certaines dispositions courageuses comme un moratoire de deux ans avec les syndicats. Après les améliorations consenties par les autorités au niveau des salaires, ce moratoire est sûrement possible et ne se contredit pas avec les intérêts des travailleurs. C'est aussi une bonne occasion pour prouver, s'il en était besoin, la référence patriotique des syndicats. Cette référence une fois bien établie favorisera une meilleure représentativité nationale et internationale de ces structures.
Franchement ce n'est rien demander eu égard aux sacrifices que d'autres Tunisiens sont en train de consentir pour sauver l'intégrité de notre territoire Et puis, somme toute, la centrale syndicale avait bien accordé à l'ancien régime un moratoire de 23 ans période pendant laquelle nous n'avons enregistré aucune journée de grève ou presque. Quant aux sit-in ils sont tout simplement anticonstitutionnels. Il faut avoir le courage de le rappeler.
Ethique, religion et politique
L'Etat démocratique ne peut l'être que s'il respecte toutes les religions et autorise leurs membres à assurer leur culte dans l'ordre et la liberté. La «querelle» sur la laïcité est stérile et doit être abandonnée car elle est due à une incompréhension des choses. La laïcité n'étant pas l'athéisme, elle s'applique à un système d'organisation politique, alors que celui-ci concerne les individus. L'Islam, dans la mesure où il autorise la pratique des autres croyances, répond en fait et implicitement aux exigences de la laïcité. Le Prophète lui-même avait composé avec les juifs de Yathreb et une délégation de ses compagnons était reçue par l'empereur chrétien d'Ethiopie.
Les valeurs de L'Islam n'excluent pas les valeurs universelles des droits de l'homme et la foi y est strictement personnelle. L'Islam est une œuvre divine, la République une œuvre humaine. Vouloir politiser l'Islam est réducteur pour cette belle religion.
Au niveau politique c'est carrément le flou artistique. Les déséquilibres entre les forces vives de la nation, l'absence de dialogue entre elles et le peuple, le manque de clarté quant aux conditions du déroulement de la transition démocratique sont de plus en plus inquiétants. Les partis politiques doivent appeler à l'entente nationale, à la concorde, au travail. Il est certain que la vigilance est requise tant que l'on ne s'est pas débarrassé des séquelles de l'ancien régime. Néanmoins le temps est un facteur essentiel pour mener à bon port cette œuvre salutaire. Celle-ci comprendra en premier lieu l'indépendance de la justice chère à tous les Tunisiens. Mais sans nous faire d'illusions, ce travail ne peut se faire à coups de manifs ou de sit-in mais doit être relayé par les prochains parlement et gouvernement élus . Il exigera des années et devra être réfléchi et sans précipitation .
Ce qui est requis en attendant, c'est déjà l'indépendance du juge. Pour cela on peut être optimiste car les hommes d'honneur existent bel et bien dans le corps de la magistrature qui représente un des piliers fondamentaux de la République.
D'autres priorités s'imposent telles que la consolidation de la liberté d'expression et d'opinion. Toutes les prises de position quelles qu'elles soient doivent être permises mais dans le cadre éthique et dans le respect de la mémoire de nos leaders et nos martyrs morts les uns pour l'indépendance, les autres pour la liberté.
L'éthique politique et managériale requiert dans ces moments difficiles que traverse le pays une élévation de l'esprit et du cœur. Elle impose à nos politiciens de rappeler que la liberté n'est pas licence et qu'elle ne peut être limitée que par la liberté ( d'autrui) et non point par quelque sacralité que ce soit
Par ailleurs, on ne peut parler d'éthique sans évoquer la question du financement des partis politiques. Cette délicate question doit être portée à la connaissance du grand public. Un recours à divers instruments juridiques relatifs à la surveillance des finances, la publication des donateurs et l'obligation pour les partis de publier leurs comptes financiers est nécessaire.
Enfin les partis politiques sont tenus de respecter leurs électeurs en leur proposant un discours clair et sans équivoque. Le double langage, le discours qui change au gré des interviews et des circonstances irrite les électeurs qui sont plus que jamais vigilants. Il ne faut surtout pas sous-estimer la capacité du peuple de détecter l'absence de sincérité.
«La sincérité a ses accents propres qui ne trompent pas. Le mensonge aussi. Le cœur de l'homme a l'intuition du vrai et du faux» disait Bourguiba à Metlaoui en 1956.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.