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Agences de notation : un mal nécessaire ?!
Opinions


Par Rejeb Haji*
• Les systèmes économiques qui négligent les facteurs moraux et sentimentaux sont comme des statues de cire : ils ont l'air d'être vivants et pourtant il leur manque la vie de l'être en chair et en os.
(Gandhi)
De la tempête économique qui faisait rage dans le monde, les «novembristes» nous anesthésiaient de belles paroles, d'assurances et de promesses fumeuses pour soutenir que l'économie de notre pays n'était pas concernée. De la tempête financière qui fait également rage aujourd'hui, notre pays semble-t-il est épargné et que les répercussions sont minimes. Sans franchise, sans sécurité, cela ne servira à rien, ni démocratie, ni liberté ne peuvent être assurées... Commençons par arrêter les gadgets farfelus de cette haute commission où les chamailleries règnent et qui ne peut sauver en aucun cas notre pays. Les dégâts causés par cette mosaïque d'illustres inconnus, au pouvoir impotent, s'érigeant en parlementaires et parlant en notre nom à tous, sont considérables. Citons à titre indicatif le choix d'un mode de scrutin des plus compliqués qui a fait naître un foisonnement de partis et, aux dires de certains, l'écoulement à flot d'un argent clandestin incontrôlable ! Ajouté à cela, l'échec patent de cette commission électorale où seulement un électeur sur deux s'est déplacé. Cette dernière, au lieu de pavoiser, de crier victoire et de revenir en douceur aux listes du ministère de l'Intérieur, il aurait fallu qu'elle reconnaisse que sa méthode n'était pas la bonne et que du temps et de l'argent ont été gaspillés pour rien ! Nous aurions souhaité qu'elle nous détaille les dépenses et leurs destinations, comme elle avait promis de le faire. Il y va de sa crédibilité et de sa transparence devant l'opinion publique ! Les politiques, eux également, se préoccupent plus de leurs prochaines élections que d'économie. Aucun d'eux n'a, à ce jour, un programme ou une prévision quantifiée de croissance. On vérifie, à nos dépens, le vieil adage bien connu : «L'ensemble de toutes les démocraties sont corrompues par des groupes d'intérêts». Acheter des votes par des programmes sociaux plutôt que penser à améliorer l'économie: telle est la devise adoptée par certains!
Mais abandonnons cette triste réalité et continuons à appeler au devoir qui nous anime tous‑: «Sauver notre pays tant qu'il est encore temps.» Nous réclamons toujours la constitution de commissions nationales formées d'experts, indépendants des partis, dont la mission serait double: faire un diagnostic réel et quantifié de tous les secteurs de l'économie et proposer des remèdes adéquats. Ce serait un travail utile pour les nouveaux responsables qui auront la charge de conduire le pays. Ils y puiseront, si nécessaire, des solutions à leur politique.
La situation dans laquelle se trouve notre pays a nui à sa crédibilité voire à sa solvabilité comme nous allons l'indiquer. Si la performance de notre économie en matière de gouvernance a été considérée, depuis longtemps, par les institutions internationales, Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale (BM), comme déterminante en matière de développement et d'efficacité économique, plusieurs questions se posent à ce sujet : comment a-t-on pu nous berner et nous mener vers une croissance négative programmée ? Quelles solutions crédibles nous ont été proposées ? Comment a-t-on pu mesurer cette gouvernance «efficace»? Signalons de prime abord qu'aucun consensus n'existe parmi les experts de ces deux institutions ni sur la manière, ni sur l'approche pour appréhender ces questions de gouvernance efficace. Au fait des indicateurs, nés en 1997, pour mériter l'aide à la croissance, ont été appuyés par une publicité considérable. Notre pays suivait auparavant, comme l'affirmaient les experts de la «Tunisie de demain» et les agences de notation, une «saine politique‑!»  Après la révolution de janvier, l'envers du décor : le modèle si célébré serait un leurre que les Tunisiens ont découvert à leurs dépens. Comme conséquence immédiate, notre pays est dans le collimateur de ces mêmes agences. Plusieurs questions se posent à leurs sujets‑: qui sont-elles et quel est leur poids sur le marché financier mondial ?
Beaucoup a été dit et écrit à ce propos. Pour rendre ces agences encore plus accessibles aux lecteurs, nous allons survoler leur histoire, leurs méthodologies de notation, rappeler les critiques auxquelles elles sont soumises et enfin leur attitude à l'égard de notre pays.
La création des agences remonte aux années 1970, aux Etats-Unis, sous l'impulsion de l'autorité des marchés financiers (la SEC : Security and Exchange Commission). En France, dans les années 1980, lorsque le Premier ministre de l'époque voulait émettre des emprunts et placer sa dette à l'étranger a fait appel à leurs services.
Ces agences sont des sociétés privées, indépendantes, «chargées d'évaluer les risques de solvabilité des emprunteurs, qu'ils soient privés (entreprises) ou publics (Etat, régions, communes)». Les plus connues sont anglo-saxonnes : Standard & Poor's, Moody's et Fitch Rating. Les autres : la chinoise Dagong , et l'européenne publique est en gestation à Bruxelles.
La Standard & Poor's a été créée, il y a plus de 150 ans. C'est une filiale de l'entreprise américaine McGraw-Hill. En 2008, elle revendique plus d'un million de notations. On lui doit l'indice S&P 500, qui suit la performance boursière d'entreprises américaines.
L'agence Moody's est également d'origine américaine. Fondée en 1909 pour vendre des études statistiques sur l'activité des compagnies ferroviaires. Elle détient 40% du marché.
Dans la foulée, l'agence Fitch Ratings, basée aux Etats-Unis, fut créée en 1913. Détenue en majorité (60%) par le groupe français Fimalac (Marc Ladreit de Lacharrière), elle est présente dans cinquante pays.
Plus tard Dagong, une agence chinoise vit le jour en 1994. Elle s'est lancée dans le marché des évaluations en 2010.
Enfin, la création d'une agence européenne publique est en cours de réflexion à Bruxelles.
Avant d'emprunter sur les marchés boursiers, l'émetteur (pays ou entreprise) fait l'objet d'une notation par l'une de ces agences. Ces agences émettent, périodiquement (tous les trois ou six mois), des avis sur la qualité des crédits, c'est à dire sur la capacité à honorer les obligations financières. Pour les non-initiés, rappelons que l'obligation est «le contrat qui définit des modalités de remboursement (taux d'intérêts et échéance) d'un emprunt» et que la dette souveraine d'un pays est «l'ensemble des emprunts réalisés par l'Etat (les crédits bancaires, les emprunts à d'autres Etats et les titres émis par le Trésor public)». La note financière émise est considérée comme un indicateur de risque. Elle traduit l'opinion sur la capacité à rembourser la dette. Elle est devenue une référence essentielle pour les investisseurs. En effet, les emprunts s'échangeant sur le marché des obligations, leur valeur est soumise à la loi de l'offre et de la demande. Or les taux d'intérêt varient avec la note attribuée. Lorsque la note est moins bonne, les taux augmentent. Comme les gouvernants ont besoin de liquidités pour relancer la croissance économique, pour financer les mesures sociales, pour réduire le déficit et rembourser la dette, ils font appel aux marchés financiers pour emprunter, ce qui requiert obligatoirement les services de l'une de ces agences pour les noter.
Concrètement, en quoi consiste cette note et comment est-elle attribuée pour une dette souveraine d'un pays par exemple ? Une équipe d'analystes, travaillant en binôme, scrutent pendant cinq à six jours — il faut faire vite pour coûter moins cher — les fondamentaux du pays: son produit intérieur brut (PIB), son endettement et ses recettes fiscales. Pour prendre le pouls, ils prennent également contact avec des acteurs économiques : gouvernement, entreprises...et ambassades de grandes puissances, si cela est nécessaire ! Ils rédigent ensuite un rapport qu'ils présentent à un comité de cinq à sept autres analystes de l'agence. Ce comité arrête la note à communiquer au gouvernement avant de la rendre publique. Cette note, liée au défaut de paiement, varie du meilleur score AAA au pire D, comporte des échelons intermédiaires, selon les agences, pouvant prendre la forme de + et de - ou de 1 et de 2. Le tableau suivant donne un exemple de notation des trois agences‑:
Jusqu'en 1960, ces agences fournissaient leurs services gratuitement. Leurs revenus sont générés par la vente des publications et des données. Pour évaluer la solvabilité, c'est-à-dire le risque de non-remboursement des dettes, les investisseurs privilégient plutôt les analystes et les conseillers traditionnels.
À partir de 1970, Moody's et Fitch suivis par S&P, quelques années plus tard, facturent leurs services à l'emprunteur. À elles seules, ces trois agences accaparent 90 % du marché mondial de la notation.
Après la décote de la Grèce et surtout celle des Etats-Unis par S&P dégradant la note de AAA à AA+ (Moody's a baissé la note du Japon d'un cran Aa3), une pluie de critiques s'est abattue sur les agences de notation, mettant leur fiabilité en question. Après l'ancien directeur du FMI, déclarant qu'il ne fallait pas «trop croire ce qu'elles disent» et l'enquête ouverte par le département de la Justice à l'encontre de S&P, c'est au tour du Prix Nobel, d'économie 2001 J. Stiglitz, qui, dans un article publié au journal Le Monde (17/8/2011), écrit : «Les marchés ont souvent tort, mais le bilan des agences de notation n'inspire pas confiance.Il ne justifie en tout cas certainement pas que l'on substitue à l'avis convergent de millions de personnes le jugement d'une poignée de «techniciens» travaillant pour une firme dont la gouvernance et les motivations sont problématiques. Les dirigeants européens ont eu raison de demander récemment que l'on se fie désormais moins aux notes de ces agences.»
Considérées comme un mal nécessaire, même si elles n'avaient pas détecté la nocivité des subprimes (les crédits hypothécaires américains «toxiques»), une série de raisons ont été avancées pour expliquer leurs échecs: leur système de rémunération opaque, la nature lucrative de leurs activités, le peu de transparence du système de notation, l'absence d'encadrement puisqu'aucune autorité gouvernementale ne supervise leurs activités...
Qu'en est-il de la notation de ces agences pour notre pays ? Notre Banque centrale, faut-il le signaler, verse plusieurs dizaines de milliers de dollars annuels pour qu'une agence apprécie la situation du pays. Secret de Polichinelle, coup sur coup Fitch et Standard & Poor's ont dégradé la note de la dette souveraine de notre pays suivi peu de temps après par Moody's, plaçant notre pays sous «surveillance négative», le plus faible niveau possible dans la catégorie des émetteurs fiables. Cette dégradation de Moody's de Baa2 à Baa3, qualifiée de cynique de partout dans le monde est la résultante de la turbulence que traverse notre pays.
Ouvrons les yeux, notre pays est au bord du gouffre. À cause de cette course effrénée pour le pouvoir par cette multitude de partis et à cause du fonctionnement de ces commissions qui n'inspirent ni respect, ni confiance, un nouveau danger guette notre pays : la revue de la note à la baisse. Notre crainte que les moults bonnes paroles ne suffisent plus et qu'il nous faut compter sur nous-mêmes en se serrant davantage la ceinture, en diminuant le train de vie de l'Etat et de ses dirigeants. Travailler plus, tout en étant conscient de ses devoirs et de ses droits, pour relancer la croissance, seule piste garante de création d'emploi. L'essentiel demeure une solidarité à toute épreuve pour sauver notre pays et le mener à bon port.


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