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Le temps des changements
Tourisme
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 10 - 2011

Toutes les études stratégiques recommandent de consacrer 4 à 5% des recettes touristiques pour la promotion du secteur.
La crise offre au secteur l'occasion de se purger de lui-même.
La matinée, à la corniche de Hammamet, une brise d'air rafraichissante, un beau soleil réchauffant et une mer calme inspirante, tous les préalables sont réunis pour se détendre et faire le vide, loin de toutes sources de préoccupation ou de stress. Avec de simples activités comme une marche, un café, ou même une discussion on pourra défouler des accumulations de stress et de fatigue mais aussi se ressourcer en air pur et profiter de la clémence du climat.
En marchant sur la plage au sable blanc, on se rend compte que les opérateurs du secteur touristique avaient raison de miser sur le produit balnéaire pour attirer les touristes. Déjà, les réalisations d'antan témoignent de la compétitivité de cette offre. On se rappelle, avec beaucoup de nostalgie, que la saison touristique s'étalait sur six mois et séduisait les touristes les plus fortunés de l'ancien continent. Toutefois, ces dernières années elle n'était que d'une vingtaine de jours. Pour cette année on a passé par une saison blanche, même si certains, moins alarmistes, ne cessent d'insister sur la relance, quoique timide, de l'arrière-saison. De toute façon, en ce matin d'octobre, les cafés désertés, les restaurants fermés, les touristes se font rares. Pis, le voyage dans le temps qu'offre le souk avec ses ruelles et ses artisans ne séduit plus personne. Au passage, à la Médina, on remarque que les articles contrefaits, d'origine asiatique, ont pris la place des produits artisanaux aux mille et une histoires et dont les techniques de production se transmettaient de père en fils. Foued, artisan explique : «Même les touristes demandent ces produits à prix très abordables ». Et de préciser: « La vente de ces produits importés assure la pérennité de mon commerce et plus généralement de tout le souk ». En effet, quels que soient les produits exposés, l'activité de ces commerçants est en veilleuse. En plus des ruelles de moins en moins fréquentées, la place jouxtant le fort de la médina, où stationnent les bus et les taxis touristiques qui transportent les clients potentiels du marché, est quasiment vide. Derrière sa table de travail, Mohamed qui fabrique des assiettes en cuivre, depuis 18 ans, affirme : « C'est du jamais vu, c'est la pire saison touristique. Aucune filière n'a été épargnée par la crise». En effet, il a bien résumé la situation.
Les hôteliers en souffrance
A l'instar des artisans, l'ensemble du secteur touristique a subi, de plein fouet, les effets collatéraux de la révolution tunisienne. C'est, probablement, la pire saison touristique de l'histoire. Le bilan est très sombre : les recettes touristiques, le nombre de nuitées, les taux d'occupation ainsi que tous les indicateurs, sans exception, ont affiché de graves écarts par rapport à l'année 2010, déjà considérée comme une année de crise. Cependant, il convient de préciser que c'est depuis une décennie que le secteur souffre des chocs consécutifs, des dysfonctionnements structurels et des politiques de relance et de communication inappropriées. «Les difficultés ont commencé en 2001. Elles se sont poursuivies en 2002, suite à l'attentat de Djerba, on a perdu la moitié du marché allemand. Ensuite il y a eu la guerre du Golfe... jusqu'à cette fameuse saison de 2011 », rappelle M Mohamed Belajouza, président de la Fédération tunisienne de l'hôtellerie (FTH). Donc, au fil des années, le secteur n'a pas pu se redresser et les professionnels ont reproduit les mêmes erreurs ce qui a dégradé leurs offres commerciales et aggravé leur situation financière d'année en année. Du coup, ils se sont retrouvés avec de vieilles unités hôtelières, fortement endettées dans un contexte concurrentiel sans merci. Une aubaine pour les TO qui cherchent à maximiser leurs profits au détriment des opérateurs nationaux. Bref, sous le marteau des tour opérateurs (T.O) et l'enclume de l'endettement, sans parler des effets collatéraux de la révolution et ceux des crises récurrentes, se dessine la réalité effrayante du tourisme tunisien.
En ces temps, il est indispensable d'adopter une approche corporative pour la promotion de tout le secteur. « Toutes les études recommandent de consacrer 4 à 5% des recettes touristiques pour promouvoir le secteur. Chose qui n'a pas été réalisée malgré les demandes récurrentes de bon nombre d'hôteliers», note-t-il. Aussi, le président de la FTH n'a cessé de répéter qu'il faut commencer, au plus tôt, la mise en application des études stratégiques élaborés pour hisser le secteur aux normes internationales.
Du même avis, M Mehdi Allani, vice-président de l'hôtel Sultan, précise: «Maintenant les dialogues sont plus libres et plus constructifs. Par conséquent il est plus facile d'aborder la stratégie pour le développement du secteur ». Dans la foulée, il a mis l'accent sur la richesse de l'histoire tunisienne et des régions de l'intérieur du pays. « Il y a de quoi faire des produits touristiques compétitifs », ajoute le jeune hôtelier. D'après le nombre des résidents à bord de la piscine, l'hôtel se comporte plutôt bien face à la crise. Il explique : «On investit massivement dans la qualité de nos services et on exige annuellement une hausse des tarifs ». Il va sans dire que l'amélioration de la qualité nécessite un nombre plus important de personnel, surtout des qualifiés. C'est une piste pour la création d'emplois et de richesses.
Certes les retombées de la crise sont néfastes, mais elles offrent au secteur l'occasion de se purger de lui-même. Il s'ensuit que les pratiques de bradage des prix seront de plus en plus limitées, ce qui ouvre la voie à une nouvelle relance.


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